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Ennahdha et des miliciens accusés
Violents affrontements Place Mohamed-Ali
Publié dans La Presse de Tunisie le 05 - 12 - 2012

Des syndicalistes blessés, le corps syndical indigné.
«Farhat Hached est assassiné pour la seconde fois», selon M. Hassine Abbassi, secrétaire général de l'Ugtt
Les membres de la Ligue de protection de la révolution ont choisi de se rassembler, hier après-midi — la veille de la commémoration du 60e anniversaire de l'assassinat du leader syndicaliste et nationaliste feu Farhat Hached — au seuil du siège de l'Union générale tunisienne du travail (Ugtt) à Tunis pour réclamer l'assainissement de l'Organisation des symboles de l'ancien régime. Cette requête a été signifiée, outre par les slogans fustigeant l'Ugtt, par de graves agressions sur les syndicalistes. Ces derniers ont indiqué que les agressions étaient préméditées; un constat qui se justifie par l'usage, par les agresseurs, de bombes à gaz, de couteaux, de bâtons et de grosses pierres. On déplore plus d'une dizaine de blessés, dont l'état de santé de certains s'avère inquiétant. Les syndicalistes ont accusé, outre les membres de la Ligue de protection de la révolution, le mouvement Ennahdha comme étant à l'origine de ce rassemblement violent qui tend à ébranler le syndicat. M. Hassine Abbassi, secrétaire général de l'Ugtt, a tenu, dans l'urgence, un point de presse au cours duquel il a pointé du doigt les pratiques violentes et obscurantistes qui préparent le terrain à la renaissance de la dictature.
L'Ugtt ne cèdera jamais à l'oppression !
Le regard vif d'une colère et d'une déception amères, M. Hassine Abbassi décide enfin de présenter aux médias la position de l'Ugtt quant à la situation. Il a indiqué que l'Ugtt vient, en cette même matinée, de signer avec le gouvernement provisoire les conventions sur les augmentations salariales et relatives aux secteurs public et privé. «J'ai profité de cet entretien avec le gouvernement pour discuter de la situation dans laquelle se trouve le pays. Une demi-heure après cet entretien, nous nous apprêtions, nous syndicalistes, à commémorer le 60e anniversaire de l'assassinat de Farhat Hached, en organisant une marche pacifique en direction de La Kasbah et en comptant sur la participation distinguée d'historiens et d'intellectuels. Nous étions persuadés que cette commémoration serait l'occasion pour le peuple, indépendamment de ses penchants politiques et idéologiques, de participer à cet événement. Cependant, les parties obscurantistes ont saisi l'occasion pour assassiner Farhat Hached pour la seconde fois. Ni le régime bourguibiste ni celui rcdiste n'ont osé porter une telle atteinte à l'Ugtt», indique M. Abbassi.
Le secrétaire général de l'Ugtt a jugé que l'atteinte portée par les membres de la Ligue de protection de la révolution tant à l'Ugtt qu'à la mémoire de Farhat Hached et à la Tunisie représente la goutte qui fait déborder le vase. M. Abbassi a indiqué également que les nouvelles manœuvres des «miliciens organisés » dévoilent clairement leurs véritables intentions; des intentions dictatoriales, fondées sur le non-dialogue. Il a rappelé, non sans émotion, que l'Ugtt sera toujours aux côtés du peuple et ne reviendra sur ses principes sous aucune forme de pression. M. Abbassi n'a pas manqué de souligner le laxisme des institutions de santé publique, notamment l'hôpital Charles-Nicolle et l'hôpital la Rabta, mais aussi le ministère de l'Intérieur qui ne se sont point bousculés pour répondre à l'appel de secours de l'Ugtt.
Dans la même salle où s'est tenu le point de presse, M. Samir Cheffi, membre du bureau exécutif de l'Ugtt, a pris place dans un fauteuil. Des expressions de souffrance à la fois physique et morale en disent long sur son désarroi. Il a, en effet, été agressé à son bureau par les membres de la Ligue de protection de la révolution. «J'ai reçu un coup prémédité au niveau de l'oreille gauche et un autre sous la ceinture, suite à quoi je me suis évanoui», indique-t-il. Et d'ajouter que ces pratiques de violence ne feront que renforcer la volonté des syndicalistes et leur conviction en l'impératif de faire face aux parties obscurantistes. M. Hfaïedh Hfaied, secrétaire général adjoint chargé de la fonction publique au sein de l'Ugtt, a également été agressé. «L'Ugtt sera toujours vigilante et efficace comme elle l'a toujours été. C'est l'Ugtt et non le gouvernement qui a décrispé la situation à Siliana, je tiens à le rappeler», précise-t-il, ému. M. Hfaiedh salue, par ailleurs, les syndicalistes qui ont afflué en masse pour faire face aux agresseurs et les contraindre à rebrousser chemin.
De son côté, M. Chedly Baâzaoui, secrétaire général de la fédération des finances à l'Ugtt, a accusé le mouvement Ennahdha et la Ligue de protection de la révolution pour avoir programmé ces actes de violence.
Une salle d'urgence improvisée au siège de l'Ugtt
Dans la salle de réunion, des blessés se plaignent de douleur dans l'attente des soins qui tardent à venir. L'un des blessés est allongé sur une table. A moitié évanoui, il suffoque encore, asphyxié par l'effet des bombes à gaz. M. Aâhdi Maâlaoui, a le doigt incisé à coups de couteau. «L'agresseur voulait me défigurer à coups de couteau. C'est en tentant de me protéger le visage que mon doigt a été incisé», précise-t-il. Sur une chaise voisine, M. Abdel Sattar Guesmi, membre de l'Ugtt attend d'être soigné, le visage et les vêtements ensanglantés. Le coup qu'il a reçu sur la tête épuise ses forces. «Comme vous voyez, indique Mme Najoua Makhlouf, médecin, membre de l'Ugtt et présidente de la commission des femmes travailleuses, nous avons des cas de blessures à coups de couteau, à coups de pierres et à coups de bâton. Il y a aussi des cas d'asphyxie suite à l'instalation de gaz toxique. Il y a aussi des fractures de différents degrés. Il faut également noter que nous avons trois cas de blessures gravissimes qui nécessitent d'être diagnostiqués par scanner».
Dans la rue, un grand tumulte règne sur les lieux. A la place Mohamed-Ali Hammi, en face du siège de l'Ugtt, les syndicalistes se sont regroupés en grand nombre pour crier leur colère contre les pratiques à l'encontre du corps syndical. Des slogans appelant le gouvernement à démissionner sont scandés çà et là, résonnant dans la place et donnant ainsi preuve de la résistance de l'Ugtt contre les tentatives d'oppression. Parmi ces syndicalistes figure Mme Kalthoum Yahia, enseignante et membre de l'Ugtt. Munie des couleurs nationales qu'elle serre dans ses bras, elle indique qu'elle a pris l'habitude, depuis 1978, de commémorer l'anniversaire de l'assassinat de Farhat Hached sur cette même place. «Ce qui s'est passé, aujourd'hui, est sans précédent. Tout a commencé vers 13h15 où des personnes scandant des slogans hostiles tant aux mouvements de gauche qu'aux médias et à l'Ugtt se sont rassemblées devant le siège de la centrale syndicale. Elles étaient munies de bâtons, de grosses pierres, et de bombes à gaz. Ces gens cherchent à tout accaparer, y compris les syndicats. Je tiens à responsabiliser la direction centrale de l'Ugtt qui n'a pas su nous protéger contre ces agresseurs. D'ailleurs, je tiens à adresser une question au ministre de l'Intérieur: les membres de la Ligue de protection de la révolution étaient munis de bombes à gaz. Par quel moyen ils ont réussi à les obtenir?».
Parmi les syndicalistes présents sur la place figure M. Mostapha Mtaouaâ, secrétaire général de l'Ugtt à Sousse. Selon lui, les agressions touchant le syndicat émanent d'une politique rétrograde et obscurantiste à combattre impérativement afin de sauver le pays.
Un peu plus loin, M. Adnène Amri, membre de l'Ugtt à Kasserine, tient le coup malgré la blessure qui lui a été infligée au crâne. Le front ensanglanté, la chemise tachée de sang, il accuse le mouvement Ennahdha comme étant à l'origine de ces agressions. «Ennahdha a toujours eu recours à de pareilles pratiques, et ce, depuis les années 80 et 90. C'est ce même mouvement politique qui s'affiche sous son air pacifique et qui prétend être pour le dialogue qui a concocté cette atteinte à l'Ugtt. Mais le syndicat continuera son combat contre tout gouvernement dictatorial», souligne-t-il.
Présent également sur les lieux, M. Nouredine Hached, fils du leader Farhat Hached, a condamné ces agressions, les qualifiant d'inadmissibles. Par ailleurs, certains représentants de partis politiques, notamment M. Issam Chebbi, du Parti républicain, MM. Ridha Belhaj et Abdelmajid Sahraoui, de Nida Tounès, M. Mohamed Bennour, du parti Ettakatol, ont rejoint les syndicalistes, dénonçant ainsi l'humiliation subie par l'Ugtt et scandant des slogans hostiles au chef du gouvernement.
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