Arbitrage tunisien : 16 arbitres sanctionnés par la Fédération    Secousse sismique enregistrée à Béja : magnitude 3,4    Voici la météo de dimanche en Tunisie    Meta annonce la fin d'une fonctionnalité clé sur Instagram    Alerte météo en Tunisie : pluies abondantes, vents forts et baisse des températures    "Monsieur Day", In memoriam    Al Ahly – EST : Quand et comment regarder le match ?    Faiez Gargouri : un Tunisien parmi les 5 meilleurs mondiaux en data warehousing    Changement brutal du temps : pluie et vents forts prévus aujourd'hui en Tunisie    La Tunisie informe sa communauté au Koweït : nouvelles instructions pour voyager via l'Arabie Saoudite    Bayer réaffirme son engagement aux côtés des agriculteurs tunisiens pour une agriculture durable et performante    Ramadan 2026 : les génériques des feuilletons tunisiens Hayat et Bab LeBnet signés Karim Thlibi séduisent les téléspectateurs    Entrepreneuriat et intelligence artificielle: pourquoi il faut repenser les méthodes d'accompagnement    Zakat el Fitr 2026 : le montant fixé par le mufti de la république tunisienne    L'ATB et Visa lancent un grand jeu-concours : En route pour la Coupe du Monde de la FIFA 2026TM    Météo en Tunisie : pluies éparses sur la plupart des régions    Abdelkader Mâalej: L'angliciste des services de l'information    Après des années de service, un joueur quitte l'équipe nationale    Pokémon Pokopia : le jeu-vidéo qui cartonne et fait monter les actions de Nintendo en flèche    Zaghouan : Le centre Amal pour le traitement des addictions à Jebel Oust rouvre ses portes après rénovation    Le Galaxy S26 Ultra reçoit le prix 'Best in Show' lors des Global Mobile Awards au MWC 2026    Le poulpe: Un plat raffiné et une ressource sous pression    Iran: scénarios possibles et analyse stratégique    Mohamed Soudani: Le gouverneur et le consul général    Abdelaziz Kacem, en préface du livre d'Omar S'habou: Gabriem ou la tentation de l'Absolu    Livre 'Si Le Kef m'était Conté' de Najet Ghariani : un livre de contes pour redécouvrir Le Kef et son imaginaire    Citoyens tunisiens aux Emirats : voici comment obtenir un visa de transit d'urgence    Le film À voix basse de la réalisatrice tunisienne Leyla Bouzid sélectionné au PCMMO 2026, après la Berlinale    Le général Abdel Rahman Suwar al-Dahab: une exception    Croissant lunaire visible : vendredi 20 mars pour la majorité des pays    Le président Kaïs Saïed présente ses condoléances à la famille du doyen Sadok Belaïd    Obsèques du doyen Sadok Belaïd: Dans l'émotion et le recueillement (Album photos)    62 cellules terroristes démantelées et des milliers d'éléments arrêtés en 2025 !    Suspension de tous les vols d'Emirates vers et depuis Dubaï    Salah Bourjini, un diplomate tout terrain    Tahar Bekri: Liban ma rose noire    Kaïs Saïed sonne l'alarme: réformes structurelles imminentes pour les caisses sociales    Secousse tellurique en Tunisie, au gouvernorat de Gabès ressentie par les habitants    L'avocat Ahmed Souab libre, après plusieurs mois de détention provisoire    De Tunis aux plus hautes sphères : le parcours exceptionnel de Rachid Azizi dans son livre « Un sur un million »    Ahmed Jaouadi et Ahmed Hafnaoui brillent aux Championnats SEC : la natation tunisienne au sommet aux USA    Festival Gabès Cinéma : Afef Ben Mahmoud à la direction    La sélection tunisienne de judo senior remporte 11 médailles au tournoi international Tunis African Open    Le tennisman tunisien Moez Echargui se qualifie pour les quarts de finale du Challenger de Pau    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    L'Université de Tunis El Manar et l'Université japonaise d'Hiroshima signent un accord de coopération    Mondher Msakni: L'orfèvre    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



La chute brutale de Yukio Hatoyama
Chronique du temps qui passe
Publié dans La Presse de Tunisie le 10 - 06 - 2010


Par Hmida BEN ROMDHANE
Le 16 septembre 2009, Yukio Hatoyama prenait ses fonctions de Premier ministre du Japon. Il sera forcé de démissionner le 3 juin 2010 avec un taux de popularité qui a dégringolé de plus de 70% à moins de 17%. Il n'est pas le seul à avoir passé aussi peu de temps au pouvoir. Déjà Shinzo Abe avait servi juste un an avant de démissionner en septembre 2007. Ses deux successeurs Yasuo Fukuda et Taro Aso avaient servi eux aussi à peu près un an chacun avant d'être forcés de démissionner. Yukio Hatoyama a cédé donc mercredi dernier la place à son ministre des Finances, Naoto Kan, choisi par les instances du Parti démocratique du Japon (PDJ).
La popularité de M. Hatoyama a commencé à prendre la pente descendante peu de temps après sa prise de fonctions. Sa mère, une riche héritière, lui a donné «beaucoup d'argent» pour mener sa campagne électorale, argent apparemment non déclaré au fisc. C'était la première déception des électeurs vis-à-vis de leur nouvel élu.
Les déceptions se sont succédé ensuite au rythme des promesses électorales non tenues. M. Hatoyama avait fait de nombreuses promesses avant son élection : gel jusqu'en 2013 de toute hausse de la taxe sur la consommation; diminution de 18 à 11% de l'impôt sur les petites et moyennes entreprises; suppression des péages d'autoroutes et réduction des taxes sur l'essence; gel de la réforme de la Poste (très impopulaire); augmentation du salaire minimum et création d'une retraite minimale garantie; création d'une allocation de 100.000 yens par mois (1.400 dinars) pour les sans-emploi ayant épuisé leurs droits au chômage et suivant une formation; interdiction de l'intérim, et donc de la précarité du travail, dans les usines et beaucoup d'autres promesses qui visent à rétablir la solidarité perdue et éliminer les tares engendrées par «les vents du fondamentalisme du marché», pour reprendre l'expression utilisée par M. Hatoyama au cours de sa campagne électorale. Sans oublier la promesse fondamentale de son programme de politique étrangère : la révision totale de la nature de la relation qui lie Washington et Tokyo depuis 1945.
En 8 mois, rares sont les promesses qui ont reçu ne serait-ce qu'un début d'exécution. Pas même celle relative à la suppression des péages d'autoroutes que des millions d'automobilistes attendaient. Il est vrai que 8 mois sont très insuffisants pour répondre à un si grand nombre de promesses électorales. Mais la question qui se pose ici, du moins pour ce qui est des quatre derniers Premiers ministres qui ont passé moins d'un an au pouvoir, est la suivante : les électeurs japonais sont-ils si inconstants ou les dirigeants qu'ils élisent si incompétents ?
Il faut dire que le cas du dernier Premier ministre démissionnaire, Yukio Hatoyama, est un peu particulier. Les larmes qu'il n'avait pu retenir alors qu'il annonçait sa démission sont révélatrices du degré de frustration et d'amertume que M. Hatoyama emportait avec lui dans sa retraite un peu trop prématurée.
Dès son arrivée au pouvoir, M. Hatoyama s'est trouvé confronté à trois dossiers brûlants : un taux de croissance anémique qu'il faudrait conforter, une dette publique géante (deux fois le PNB) qu'il faudrait réduire, et le problème lancinant de la base américaine d'Okinawa qu'il faudrait résoudre. C'est ce dernier dossier qui a consommé à lui seul le gros des énergies déployées durant les huit mois du gouvernement Hatoyama.
La chute spectaculaire de popularité de Yukio Hatoyama est dû au fait que non seulement il a tourné le dos à ses promesses économiques et politiques, mais qu'il n'a même pas pu résoudre la question épineuse de la base US de Futenma conformément à ses promesses et aux attentes des Japonais, et en particulier des habitants d'Okinawa.
La bonne volonté de Hatoyama de résoudre cette question n'est pas en doute. Mais il n'a pas tardé à se rendre compte qu'il était coincé entre le désir ardent des Japonais de voir les troupes US quitter Okinawa et l'«intransigeance» de l'administration Obama qui s'accroche au statu quo, en dépit des manifestations massives anti-américaines organisées régulièrement dans l'île en question. A tel point que beaucoup de commentateurs occidentaux n'ont pas hésité à établir un lien de cause à effet entre l'intransigeance américaine et la chute du gouvernement Hatoyama.
Lien ou pas, une chose est certaine : l'administration Obama est loin d'être mécontente du départ de Hatoyama. Elle n'a pas oublié ses promesses électorales consistant à réviser la relation avec les Etats-Unis dans le sens d'une plus grande indépendance du Japon, d'une part, et celle avec la Chine dans le sens d'une plus grande coopération et ouverture, d'autre part.
Là aussi, la promesse de Hatoyama est restée un vœu pieux. La crise intercoréenne et les dangers qu'elle laisse planer sur la région n'ont sûrement pas aidé Hatoyama à opérer un changement spectaculaire dans la politique étrangère japonaise. Mais c'est surtout le sentiment de «profonde méfiance» des Japonais vis-à-vis d'une Chine de plus en plus puissante et ambitieuse qui explique l'échec de Hatoyama à introduire le moindre changement dans la politique étrangère de Tokyo.
La plus grande frustration du Premier ministre démissionnaire est d'avoir échoué à faire du Japon un pays qui prend pleinement en charge sa propre sécurité. «Ceci, a expliqué M. Hatoyama les larmes aux yeux, s'est révélé impossible aujourd'hui. Mais un jour viendra où la paix du Japon devra être assurée par les Japonais eux-mêmes».
La leçon a très vite été tirée par le nouveau Premier ministre Naoto Kan. Aussitôt après sa nomination, il assuré que l'étroitesse de la relation avec les Etats-Unis est «la pierre angulaire» de la politique étrangère japonaise, exhortant d'avance son prochain gouvernement à rendre cette relation encore plus étroite. «Yes we Kan», ont répondu les partisans du nouveau Premier ministre, dans un clin d'œil à Barack Obama.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.