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La situation au pays du nil
Afrique
Publié dans La Presse de Tunisie le 01 - 08 - 2013

«Le processus du changement ne peut plus s'arrêter» Un entretien avec M. Aymen Jameleddine Moucharrafa, ambassadeur d'Egypte en Tunisie
«Le processus de changement est en marche et rien ne peut l'arrêter. Le peuple égyptien a dit son dernier mot». C'est ce que nous a assuré M. Aymen Jameleddine Moucharrafa, ambassadeur d'Egypte à Tunis, lors d'un entretien qu'il nous as accordé hier au siège de sa mission.
Même si, aujourd'hui, l'on a l'impression que la situation est bloquée, à cause de l'obstination des partisans du président Morsi déposé le 3 juillet dernier, à vouloir restaurer son pouvoir, la solution existe toujours.
«Ne dit-on pas que la politique est l'art de résoudre les problèmes ?», explique notre interlocuteur dans un français impeccable.
Et de préciser qu'une partie des Frères musulmans, mouvement dont est issu le président déchu, commence à réaliser que son attitude est contre l'intérêt de leur confrérie et de son avenir. Car, fait-il remarquer, ils sont (les Frères musulmans) en train de perdre le peu de sympathie qui leur reste auprès de l'opinion internationale et auprès de leurs concitoyens.
Toujours en français, le diplomate estime que les manifestations et les sit-in des partisans de Morsi commencent à exaspérer les riverains du côté des places de «Nahdha» et de «Rabaâ Al Adawiya» au Caire. C'est ainsi, nous apprend-il, que le procureur de la République a reçu ces derniers jours quelque 30.000 plaintes dans ce sens. Lesdits riverains se plaignent de ne plus pouvoir vivre convenablement ni se déplacer librement à cause de ces sit-in.
Les Frères musulmans, ajoute-t-il, menacent par ailleurs de bloquer les autoroutes et l'aéroport. Ce qui est une menace directe contre les intérêts du pays, surtout qu'il existe plusieurs installations à caractère militaire. Ces sit-in prendront fin dans le respect des normes internationales, précise notre interlocuteur.
Entre-temps, le processus transitionnel avance bien. Un comité est en train de réviser la Constitution. Une fois amendé, le texte sera soumis à un référendum et des élections législatives puis présidentielle seront organisées avec les garanties de liberté, de transparence et d'indépendance les plus rigoureuses. Le tout dans un délai ne dépassant pas les neuf mois.
«Le président par intérim a déjà invité tous ceux qui parmi les gouvernements, les organismes humanitaires et politiques, les observateurs indépendants et autres désirant participer à la supervision des élections à venir sur place».
Possédant une feuille de route claire et précise, le gouvernement de transition, composé de technocrates, jouit de la confiance du peuple, rappelle l'ambassadeur. Malgré cela, le gouvernement à invité les Frères musulmans à rejoindre l'équipe. Invitation qui a été rejetée par les intéressés qui continuent de s'accrocher à leur position, poursuit-il.
Remontant le fil des événements, notre interlocuteur explique que le président Morsi a été destitué par une majorité écrasante de ses concitoyens, soit plus de 30 millions de manifestants, suite aux multiples erreurs qu'il a commises, dont certaines sont très graves et instaurent une dictature à visage découvert. Comme le fait de s'adjuger le droit de promulguer des arrêts constitutionnels ou comme celui de l'atteinte à l'organigramme de la Haute cour constitutionnelle.
«Le président Morsi n'a pas pris en considération les remarques de l'opposition, ni celles de l'armée chargée de veiller sur la sécurité du pays, qui lui ont, à maintes reprises, conseillé de ne plus faire cavalier seul».
Malgré toutes ces mises en garde, explique M. Moucharrafa, le président déchu a continué à ne voir la réalité qu'à travers le prisme de ses partisans, alors que le pays était sur le point de tomber dans le chaos.
Et notre interlocuteur de dresser dans les détails les griefs contre Morsi et les étapes ayant abouti à sa destitution.
«Le retour à la normale boostera l'économie»
L'instabilité dont est aujourd'hui victime l'Egypte ne peut qu'affecter négativement son économie, déjà plombée depuis le déclenchement de la révolution du 25 janvier 2011. Situation qui pourrait entraver les efforts du nouveau gouvernement et peut-être celui qui lui succédera quant à la réalisation des objectifs de la révolution.
Admettant que la situation est difficile, et rappelant par exemple que le tourisme, qui réalisait près de 40% des recettes en devises, est aujourd'hui frappé de plein fouet par la crise, notre interlocuteur reste cependant optimiste. Il évoque d'abord l'aide internationale. En premier lieu celle octroyée par l'Arabie Saoudite, le Koweït et les Emirats arabes unis, soit 12 milliards de dollars. Il évoque ensuite la promesse de plusieurs pays amis d'octroyer à l'Egypte des dons sans condition.
Cela sans oublier le retour à la normale qui ne manquera pas de relancer l'économie. Surtout que le pays n'est plus sujet à des pénuries de carburant et de produits de première nécessité.
«A-t-on idée de nommer un gouverneur à Luxor impliqué dans l'attentat terroriste de 1995 qui avait coûté la vie à 56 touristes», fait remarquer notre interlocuteur en évoquant une décision de l'ex-président déchu qui avait gravement nui au tourisme dans cette région à fort pouvoir attractif.
Avec l'assurance que ces erreurs ne se répéteront plus, le tourisme reprendra rapidement son niveau habituel, affirme l'ambassadeur. Et de rappeler que son pays renferme à lui seul le tiers du patrimoine archéologique mondial et que l'argument culturel est apparenté à une force douce. Surtout que la culture jouit d'un excellent rayonnement au sein du monde arabe.
Concernant la montée du terrorisme surtout au Sinaï, M. Moucharrafa nous explique que le phénomène est directement lié à des erreurs commises par le président déchu. Ce dernier a remis en liberté plusieurs terroristes redoutables qui ont ces derniers temps profité de la situation par laquelle passe le pays pour agir impunément. Mais, précise-t-il,+ le gouvernement actuel est décidé à y mettre fin.
Propos recueillis par Foued ALLANI


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