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Le tollé d'un projet de loi
Entretien avec Le S.G. de l'Union des médecins spécialistes libéraux
Publié dans La Presse de Tunisie le 10 - 12 - 2013

« Toute décision ne peut être prise que dans le cadre d'une consultation nationale », souligne le Dr Faouzi Charfi
La loi du travail obligatoire a soulevé un tollé au sein du corps médical et suscité une violente polémique, en divisant l'opinion publique sur le sujet. Soutenue par les uns qui voient d'un bon œil l'affectation de médecins spécialistes dans les régions, elle est rejetée par les médecins eux-mêmes qui refusent de travailler dans des hôpitaux où les conditions de travail sont inacceptables.
Le docteur Faouzi Charfi, secrétaire général de l'Union des médecins spécialistes libéraux, nous livre son point de vue sur la question.
Que pensez-vous de la nouvelle loi sur les trois ans de travail obligatoire qui cible les jeunes médecins spécialistes ?
Cette loi est loin d'être la meilleure solution à un problème qui a toujours existé et qui est le manque de médecins spécialistes dans les structures sanitaires publiques des régions. Il faut rappeler que cet état de fait est le fruit de la politique sanitaire qui a été mise en place il y a trente ans et qui a privilégié le développement dans les régions côtières au détriment des régions intérieures. Encore une fois, je le redis : imposer aux jeunes médecins spécialistes nouvellement diplômés de travailler dans les régions intérieures avant de s'installer à leur propre compte n'est pas une solution. Tout d'abord, le fait d'imposer un travail à quelqu'un est contraire à la convention internationale de Genève, ratifiée par notre pays et qui interdit le travail forcé. Prenez le cas d'un médecin qui a fait sept ans de médecine générale et ensuite cinq ans de formation dans une spécialité donnée. Vous exigez ensuite de lui qu'il effectue trois ans supplémentaires dans une structure sanitaire publique. Cela va être vécu comme une punition.
Il faut penser plutôt à encourager les jeunes médecins à travailler dans les régions intérieures par le biais d'incitations, en augmentant de façon substantielle leurs salaires, en les exonérant d'impôts et surtout en améliorant les conditions de travail dans les structures sanitaires publiques à l'intérieur des régions. Sur un autre plan, il y a lieu de souligner que cette loi présente certaines incohérences. Elle est supposée concerner toutes les spécialités. Or, certaines spécialités sont inexistantes dans certains hôpitaux régionaux. On n'y trouve même pas le plateau technique y afférent. Prenons le cas de la chirurgie cardiovasculaire. Il n'y a pas de service de chirurgie cardiovasculaire dans des hôpitaux régionaux à l'intérieur du pays. Il en est de même pour la chirurgie pédiatrique.
Affecter un chirurgien pédiatre dans un hôpital régional de Siliana, à titre d'exemple, alors qu'il n'existe pas d'anesthésistes pédiatriques et d'unités de réanimation néonatale relève de l'absurde. Je vous donne un autre exemple.
Cela ne sert à rien d'envoyer des médecins orthopédistes dans des hôpitaux régionaux qui ne sont pas dotés de scanners. La décision d'affecter de jeunes médecins spécialistes dans les régions est une décision populiste qui, non seulement, donne de faux espoirs aux gens, mais risque, par ailleurs, de dégoûter les jeunes de la médecine.
Une décision de cette importance ne doit pas être prise à la légère mais réfléchie dans le cadre d'une politique de développement régional global.
Le ministre de la Santé parle de créer des pôles médicaux. Cela pourra-t-il contribuer, selon vous, à résoudre le problème de la santé dans les régions ?
Aucun gouvernement dans le monde ne décide du jour au lendemain de doubler le nombre de ses facultés de médecine. Dans notre pays, il n'y a eu aucune concertation à ce sujet avec les professionnels de la santé. Pourtant, au lendemain de la révolution, nous avons demandé à lancer un dialogue national afin d'établir l'état des lieux, de dresser un bilan de l'actuel système de santé, d'en relever les faiblesses et de proposer des solutions après avoir organisé une large consultation nationale. Il y a bien eu l'ébauche d'un dialogue national mais cela n'a abouti à aucun résultat. La décision de créer de nouvelles facultés de médecine est une décision stratégique. Or, elle a été prise de manière unilatérale sans consulter les gens de la profession. Je pense qu'il n'est pas du ressort d'un gouvernement provisoire de prendre des décisions de cette importance. Nous comptons une population de 20.000 médecins ce qui est déjà beaucoup. Un grand nombre de médecins sont soit en sous-activité, soit ne travaillent pas du tout. Il s'agit d'une décision hâtive et irréaliste.
Existe-t-il , selon vous, d'autres alternatives ?
Plutôt que d'en créer de nouvelles, il faut déjà s'intéresser à ce qui existe comme structures sanitaires publiques dans les régions, en développant l'infrastructure des hôpitaux régionaux et en faisant des pôles universitaires médicaux, rattachés aux facultés de médecine existantes. Il s'agit d'une idée qui a été suggérée dans le passé par les doyens des facultés de médecine et qui est aujourd'hui d'actualité. Il faut relancer le dialogue national sur l'actuel système de santé. Je le répète : toute décision stratégique ne peut être prise en dehors d'une consultation nationale.


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