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Les enjeux de la gouvernance de l'eau
Publié dans La Presse de Tunisie le 27 - 12 - 2013

Mauvaise qualité de l'eau potable, des eaux usées recyclées, disparités régionales, perspective de dessalement de l'eau de mer. Le tableau apparaît noir. Des solutions existent. Il suffit d'y mettre de la bonne volonté.
L'eau, c'est la vie ! Un slogan bien ancré dans notre mémoire. Mais lorsqu'elle devient rare, selon des études scientifiques, l'eau devient une question de survie. Conscient des problèmes que peut provoquer une mauvaise gestion des ressources hydriques, le Centre des Recherches et Technologies des Eaux, Pôle technologique Borj Cédria (Certe) a organisé, mardi dernier à Tunis, dans le cadre du projet «L'utilisation durable de l'eau dans le bassin méditerranéen», financé par le programme ENPI–CBCMED, le second volet d'un atelier consacré à la gouvernance de l'eau. Ce volet institutionnel s'est intéressé essentiellement aux principaux acteurs du secteur de l'eau, à savoir la Sonede, l'Onas, le Certe, ainsi que des experts et des représentants de la société civile. Le premier volet, tenu au mois de juillet dernier, a mis l'accent sur «La gestion locale des eaux et la bonne gouvernance».
Le stress hydrique
L'eau est rare en Tunisie en raison particulièrement du climat aride à semi-aride. Au nord du pays, la pluviométrie est de 1.500 mm par an. Elle est décroissante au sud. Il y a donc une répartition inégale de la pluie, principale source d'eau. Cette eau est de 33 milliards de m3 par an en moyenne et de 11 milliards en période sèche. Seulement 4,7 milliards de m3 par an peuvent être mobilisés au niveau des barrages et des nappes souterraines. Il existe donc un déterminisme naturel en raison du climat méditerranéen à saharien engendrant une disparité climatique. Cette variabilité temporelle est difficile à maîtriser.
Il s'agit de développer une stratégie pour la mobilisation de l'eau. Mais avant cela, il est important de savoir où va l'eau ? Tout d'abord, dans les grands secteurs comme l'agriculture qui est un choix de développement. En fait, l'eau potable que nous consommons ne représente que 12 à 13%, dont 5% pour le secteur urbain et le tourisme, 2% pour l'industrie. D'après les normes établies par les Nations unies, une personne a besoin de 1.000 m3 d'eau par an. A 750 m3 par an, c'est la ligne rouge. En deçà, c'est la pauvreté. Or, actuellement, le Tunisien ne dispose que de 450 m3 d'eau par an. Les experts tablent sur 315 m3 d'eau par an et par habitant en 2030. «Ce qui nous amène à chercher d'autres ressources en eau pour l'avenir», avertit le Pr Ahmed Ghrabi, chercheur en génie sanitaire et gestion locale de l'eau au Certe, ajoutant que «le recours au dessalement de l'eau de mer est envisageable, mais cela reste la dernière solution». La consommation de l'eau doit atteindre 120 litres en moyenne par jour. Or, le Tunisien ne consomme, en réalité, que 50 litres par jour.
De nos jours, les eaux usées, celles des WC et des cuisines, sont des ressources en eau adaptée de plus en plus préconisées par les chercheurs. Dr Latifa Bousselmi, chercheure au laboratoire de traitement et de recyclage des eaux usées au Certe, estime que «le recyclage de l'eau est une exigence», précisant qu' «au Japon et en Europe, le recyclage de l'eau est un concept plus qu'un besoin». En Tunisie, la stratégie pour les eaux usées est de 30% alors qu'elle devrait atteindre 50%. Des projets pilotes réalisés à l'initiative du Certe ont démontré que l'eau dite «grise» issue des douches, une fois traitée, peut être réutilisée pour les toilettes par exemple, tandis que l'eau dite «noire» des toilettes, traitée également, riche en phosphore et autre azote, peut servir à l'arrosage des jardins potagers ou autres. Cela peut provoquer un certain rejet de la part des gens, mais les chercheurs rassurent quant à la fiabilité de cette eau et sa qualité.
Absence de synergie
En termes de gestion de recherche, donc, la stratégie est reconnue aux plans national et international; toutefois, les faiblesses se situent au niveau des mécanismes. «Les résultats de recherche ne sont pas pris à leur juste valeur», note Boubaker Houman, de l'Association des amis du Belvédère et représentant de la société civile. La dynamique existe mais ce qui manque au juste, c'est la synergie entre tous les partenaires concernés par la question de l'eau : les usagers, le syndicat des oasis, les Groupements de développement agricole (GDA), les Groupements d'intérêt collectif (GIC), les ONG, etc. Selon Boubaker Houman, «l'accès à l'information, sa fiabilité et la multiplicité des intervenants et des sources doivent être mis en marche pour plus d'efficacité au niveau de la gouvernance de l'eau». Responsabilité et redevabilité, deux mots-clés jetés en pâture aux institutionnels pour une meilleure gestion des ressources en eau.
Parmi les institutions monopolisant l'eau en Tunisie, notamment l'eau potable, il y a la Sonede, créée en 1968; elle compte 2 millions et demi d'abonnés et fait travailler 7.000 agents. Elle gère 95% d'eau conventionnelle, 17% sont utilisées en eau potable, dont 11% pour les ménages. La qualité de l'eau n'est pas bonne en raison du degré de salinité relativement élevé : 52% des eaux ont une salinité inférieure à 1,5 gamme par litre. Cela est dû à la roche-mère. 86% des ressources en eau de bonne qualité sont localisées dans le nord du pays, 80% sont réparties au nord du pays et 9% au centre et au sud. Il en résulte une grande disparité régionale et de répartition des ressources en eau.
Pour une meilleure gouvernance locale de l'eau, Mosbah Hellali, représentant de la Sonede, suggère une mobilisation des ressources en eau pour atteindre 95% à l'horizon 2020, une gestion de la demande, une maîtrise de l'énergie en élaborant des programmes d'économie d'eau et des moyens de mise en œuvre, une nouvelle tarification car l'intervenant estime que l'eau en Tunisie «n'est pas chère, elle est même bradée». 40% des abonnés de la Sonede consomment moins de 20 m3 d'eau et paient une facture de moins de 10 dinars par trimestre, soit 3,3 dinars par mois, alors que 92% des abonnés ont une consommation de moins 70 m3 par trimestre et une facture de 52 dinars par trimestre, soit 17,3 dinars par mois. «Le taux actuel de couverture des coûts est de 80%. La persistance de cette situation de déficit structurel affectera probablement la bonne gouvernance et mettra en péril la continuité du service de l'eau et la viabilité de l'entreprise», précise Mosbah Hellali.
Davantage de partenariat
public/privé
La révision du monopole d'Etat est une nécessité que la Sonede envisage sérieusement en lançant un appel à concurrence visant la participation du secteur privé. Le niveau et l'ampleur du partenariat public/privé pourraient faire l'objet d'examens approfondis et éventuellement de projets pilotes. Il y a lieu donc d'approfondir l'examen du degré d'implication du secteur privé dans la mise en œuvre et la gestion des infrastructures d'eau potable. Impliquer davantage les usagers à travers la société civile, établir un cadre législatif, améliorer les capacités de gestion, évaluer les stratégies antérieures pour apporter les correctifs nécessaires et enfin engager une étude stratégique « Eau 2050 » afin de dessiner les contours futurs du secteur de l'eau.
L'Onas joue, lui aussi, un rôle important dans la gestion de l'eau. Créée en 1974, cette entreprise assure l'assainissement des zones urbaines et rurales en faisant appliquer aux industriels particulièrement le régime du pollueur/ payeur. Mais sa prestation reste en deçà des attentes et l'organisme est appelé à réviser sa stratégie et à œuvrer de manière intelligente à l'amélioration de son intervention au niveau de sa gestion dans le secteur en question qui est régi par le Code des eaux en cours de révision. Promulgué en 1975, ce code donne la priorité à l'eau potable et à la valorisation maximale des ressources en eau. Awatef Messai, experte juridique, assure que «les nappes souterraines ont été utilisées de manière excessive au cours de ces 30 dernières années, subissant des dégradations chimiques poussées». Ce qui suppose que la garantie de la sécurité hydrique et la préservation des ressources ne peuvent se faire que dans le cadre d'une refonte du Code des eaux pour que chaque citoyen ait droit à l'eau potable, un des droits humains fondamentaux. Le volet législatif fera l'objet d'un atelier dont la date n'est pas encore fixée. Les interventions présentées au cours de ces trois ateliers seront publiées dans « un livre blanc».


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