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Les perles rhétoriques de la haute sphère politique
2013 a vécu
Publié dans La Presse de Tunisie le 31 - 12 - 2013

Elles révèlent généralement un manque de formation et d'aptitude à communiquer
Ils ont parlé, peut-être sans réfléchir, mais ils auraient mieux fait de se taire. Des hommes et des femmes haut placés ont marqué l'année par de petites phrases. Des présidents, des ministres et des élus du peuple se sont laissé aller au mépris des codes élémentaires du discours politique, voire de la communication tout court. Voici en cette fin d'année 2013 un florilège de propos déplacés, de menaces directes et d'attaques en règle.
Il faut dire aussi que le climat général du pays se prête aux dérapages de toute sorte. Cela a commencé par les insultes sur les plateaux et à l'Assemblée pour finir par le crachat sur un constituant, en passant par les railleries publiques sur les tares de la vieillisse.
Ainsi en est-il après chaque révolution, avec la perte des repères, l'affaiblissement de l'Etat, et la rotation des élites. Ce sont justement les perles rhétoriques de cette nouvelle « élite » qui s'invitent sur ces colonnes.
Moncef Marzouki : droit-de-l'hommiste, écrivain parfaitement bilingue, accessoirement président de la République. Il a commencé, dans son discours d'investiture, par désigner les femmes tunisiennes non voilées, par un vocable à connotation très négative « safirat ». Il récidive en menaçant «les laïcs extrémistes de potences dressées par un peuple déchaîné». Menaces proférées hors du pays dans une chaîne étrangère. Le président a finalement déclaré ne pas gracier Jabeur Mejri, premier prisonnier d'opinion après la révolution, «pour sa sécurité». C'est pour l'ensemble de son œuvre que le président de la République caracole en tête de ce palmarès.
Tarek Dhiab : le ministre de la Jeunesse et des Sports qui, probablement, a rarement lu un journal, s'en prend à la presse. Il est intervenu sur une chaîne privée, il y a quelques jours, pour qualifier les journalistes qui osent critiquer son rendement à la tête du ministère d'«orphelins de Ben Ali, hostiles aux intérêts du pays». Il en veut à ces «inutiles» de ne pas reconnaître son apport national. En guise de châtiment, il a proposé de réunir ces ingrats «dans un village, on verra par la suite quoi en faire», a-t-il lancé. Le «village» associé aux termes de la déclaration renvoie ni plus ni moins à un camp de concentration. Dans une démocratie qui se respecte, M. Dhiab aurait été poussé à la porte pour un tel dérapage. Pouce baissé à Monsieur le ministre !
Sahbi Atig : le président du groupe parlementaire du parti Ennahdha déclare, en criant dans le micro, le 13 juillet 2013 à l'avenue Habib-Bourguiba, que ceux qui « s'opposent à la légitimité et la volonté du peuple seront écrasés sous les pieds, violés, tués et traînés dans les rues de Tunisie ». Le haut dirigeant islamiste a puisé pour haranguer une foule pro-Morsi, dans le champ lexical de la division, de la haine et de la violence meurtrière. Le dépositaire de l'autorité publique n'a pas été inquiété pour de tels propos. Mention spéciale à Monsieur l'élu du peuple.
Sonia Ben Toumia : constituante nahdaouie, chargée théoriquement de participer à l'élaboration de la Constitution. Elle est la risée du Web, de ses collègues, voire des Tunisiens en général. C'est une célébrité nationale. Chacune de ses interventions constitue un événement. La performance de Mme Ben Toumia en s'adressant au ministre de l'Intérieur français dans sa langue a été visionnée plus de 20 mille fois. En plénière, la constituante, doublée de poétesse, s'épanche au sujet de ses souffrances existentielles. «Je souffre et ne parle pas et je parle et ne souffre pas», confie-t-elle, dans des vers libres. Elle a proposé d'édifier une «Maison des martyrs » où ces derniers, revenus sans doute d'outre-tombe, «peuvent se rencontrer». Il vaut mieux en rire. Mention spécial humour à Madame la députée !
Cette liste est loin d'être exhaustive, bien d'autres petites phrases sont devenues cultes. Jebali, l'ex-chef du gouvernement, annonce l'avènement d'un « sixième califat » dans un meeting enflammé à Sousse. Laâreydh, chef du gouvernement démissionnaire, surpris par le mouvement des émeutiers de l'ambassade américaine, «attendus par devant, venus par derrière». Il est rare que les déclarations de Sihem Badi, ministre de la Femme, ne fassent pas le buzz. L'élu bouillonnant Brahim Gassas avec ses célèbres coups de colère en plénière alimentent, sans relâche, les discussions et les réseaux.
Quelle serait l'origine de ces lapsus et erreurs de langage et de communication ? Nul ne peut donner une réponse précise. Mais quelles qu'en soient les raisons, elles révèlent généralement un manque de formation et d'aptitude à communiquer. Toutefois, nous n'irons pas jusqu'à dire, comme le pensent beaucoup, que Marzouki président, Tarak Dhiab ministre et Sonia Ben Toumia constituante, sont des effets collatéraux de la révolution.


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