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Le budget militaire US : pourquoi tant d'argent ?
Chronique du temps qui passe
Publié dans La Presse de Tunisie le 09 - 02 - 2010


Le budget pour l'année fiscale 2011 présenté par l'administration Obama est faramineux : 3.800 milliards de dollars, soit 10,5 milliards de dollars par jour. Sur ce total, le contribuable américain ne pourra payer que les deux tiers. Le tiers restant, 1.300 milliards de dollars, soit 8,3% du produit national brut des Etats-Unis, sera financé par les bons de trésor que Washington vendra aux Chinois, aux Japonais, aux pays pétroliers et à quiconque possédant un bon matelas de dollars qu'il veut fructifier, à condition d'accepter de se faire rembourser après sa mort, c'est-à-dire à travers ses enfants ou ses petits-enfants. Des déficits de cette ampleur, les Etats-Unis en ont eu, mais seulement par temps de grandes crises, comme la guerre de Sécession ou la Première et la Seconde guerres mondiales. Environ 20% de ce budget, soit 708,3 milliards de dollars, vont dans les caisses du ministère de la Défense. Ce budget a une double particularité : il est plus élevé que les budgets combinés de tous les autres ministères de l'Etat fédéral américain, et il est plus élevé que les budgets combinés réservés par le reste des pays du monde à la défense. Au plus fort de la guerre froide, quand une réelle menace existentielle pesait sur eux par les milliers d'armes nucléaires stratégiques que pointait sur le territoire américain leur ennemi irréductible, l'Union Soviétique, les Etats-Unis n'avaient pas réservé autant d'argent à leur défense que ne le propose aujourd'hui l'administration Obama. La vraie menace qui pèse aujourd'hui sur l'Amérique est celle du terrorisme. Or, comme tout le monde sait, le terrorisme par définition ne peut pas être combattu par les moyens militaires. Ceux-ci, comme le démontrent amplement les exemples irakien et afghan, par les bombardements indiscriminés et par le nombre élevé des victimes civiles qu'ils produisent, donnent aux organisations terroristes les motifs, les raisons et les atouts qu'elles cherchent désespérément pour attirer de nouvelles recrues, gonfler leurs rangs et élargir leur champ d'action. Il faut rappeler ici que ni l'Irak ni l'Afghanistan n'ont jamais été une menace pour les Etats-Unis. Si, après les attentats du 11 septembre, les gouvernants américains s'étaient contentés de poursuivre ceux qui ont attaqué leur pays, sans se laisser distraire ou obséder par l'Irak, il est fort probable que le phénomène terroriste n'aurait jamais atteint les proportions inquiétantes qu'il a aujourd'hui. Mais le fait est là, rien ne peut visiblement faire changer d'avis les stratèges américains qui continuent d'utiliser les gros moyens militaires contre un ennemi dont le principal atout est de se dissoudre au sein des populations civiles. Et bien que l'attention mondiale soit focalisée sur les guerres d'Irak, d'Afghanistan et, de plus en plus, sur la guerre des drones au Pakistan, le budget réservé à tous ces engagements militaires américains est de 159 milliards de dollars. Où va donc le gros du budget, c'est-à-dire les 549 milliards de dollars qui restent ? Certes il y a les frais de fonctionnement de l'immense machine du Pentagone, les salaires du personnel civil et militaire, etc. Mais ce n'est rien en comparaison de la part du gâteau qui revient au complexe militaro-industriel dont le président clairvoyant, Dwight Eisenhower, avait déjà mis en garde il y a plus d'un demi-siècle. Le complexe militaro-industriel était très inquiet de l'élection d'Obama .Un an après, ses représentants se frottent les mains et ne cachent pas leur satisfaction. Le Lexington Institute est l'une des nombreuses institutions américaines qui défendent les intérêts du complexe militaro-industriel. Ecoutons ce que son patron, Loren Thompson, a dit mardi dernier au New York Times : «L'industrie d'armement est satisfaite et stupéfaite… Pendant des années, on ne cessait de se répéter que quand les démocrates arrivent au pouvoir, ce sera un mauvais jour pour les programmes d'armements. Mais il n'en est rien. Les dépenses continuent». Les responsables du complexe militaro-industriel américain ont d'autant plus de raisons d'être «satisfaits et stupéfaits» que le Président Obama est allé jusqu'à presser discrètement le Congrès pour réserver 7 milliards de dollars sur cinq ans pour la production de…nouvelles armes nucléaires. Quand on se rappelle les discours électoraux du candidat Obama et les premières promesses du Président Obama d'œuvrer pour «un monde dénucléarisé», on ne peut que partager la stupéfaction du complexe militaro-industriel, même si on ne partage pas sa satisfaction. Il y en a même qui partagent la stupéfaction du complexe militaro-industriel, mais à la place de la satisfaction, ils doivent ressentir un profond embarras : le Comité d'Oslo qui a octroyé en décembre dernier le prix Nobel de la paix au président américain. Celui-ci n'a rien fait alors pour mériter le prix, mais il a fait beaucoup depuis pour ne pas le mériter. Après tout, les gens du Comité d'Oslo sont des hommes, et l'une des principales caractéristiques des hommes est de commettre des erreurs, mais aussi, au moins pour certains d'entre eux, de tirer les leçons des erreurs commises. Gageons que pour les années à venir, le Comité d'Oslo pensera à sept reprises avant de décerner le Nobel de la paix à un homme politique sur la base de ce qu'on suppose qu'il fera dans l'avenir. Demandez à n'importe quel responsable américain pourquoi son pays réserve-t-il tant d'argent au département de la défense et il vous répondra : «C'est simple, c'est pour assurer notre sécurité». Précisément, l'exemple des Etats-Unis et leur réputation dans le monde montrent sans l'ombre d'un doute que la sécurité d'un pays dépend beaucoup moins de la taille de son armée et de la qualité de ses armements que d'une politique étrangère intelligente qui allie les intérêts du pays et le respect des principes de justice et d'intégrité. La Suisse, la Suède, la Norvège, le Danemark et d'autres encore n'ont-ils pas des budgets de défense dont le volume est inversement proportionnel au niveau de sécurité dont ils jouissent ?

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