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Silence, on pollue !
Quartiers ENVAHIS par les détritus
Publié dans La Presse de Tunisie le 14 - 07 - 2014

Malgré les efforts consentis par le gouvernement et certaines délégations spéciales ainsi que les campagnes de sensibilisation tous azimuts, l'accumulation des ordures dans nos quartiers et nos rues ne connaît pas de répit. Peut-on parler de l'échec d'une stratégie de propreté ?
Le Ramadan de cette année restera sans aucun doute dans les annales de l'histoire. Outre la chaleur étouffante, le phénomène de l'accumulation des déchets dans les coins de rues et surtout au niveau des quartiers s'aggrave d'un jour à l'autre. En Tunisie, il suffit qu'il y ait un terrain vague ou une parcelle non délimitée par borne pour qu'ils se transforment en décharge publique où échouent toutes sortes d'objets étranges: écorchures du monde, ferrailles et vieilles carcasses.
Entre piqûres de moustiques le soir et une odeur nauséabonde tout au long de la matinée, le mois de la piété 1435 de l'Hégire a pris une toute autre dimension. Exit l'odeur des jasmins qui faisaient rêver les touristes de tout bord et les cités propres. Maintenant place aux tas de détritus et de déchets non collectés par des éboueurs périodiquement en grève.
« Selfie Poubella »
Devant un tel constat, plusieurs cyber-activistes semblent trouver la solution à travers le lancement de campagnes chocs pour alerter les décideurs de la nouvelle Tunisie et sensibiliser les citoyens au désastre écologique qui caractérise désormais une Tunisies aux abîmes.
C'est le cas avec la campagne « Selfie Poubella » lancée à travers une page Facebook et un hashtag « #SelfiePoubella » qui fait aussi fureur sur Twitter.
A travers ces deux réseaux sociaux, les internautes ont été invités à poster leur autoportrait sur fond de paysages apocalyptiques où on aperçoit des déchets à profusion jetés un peu partout et des sacs en plastique déchiquetés par des chats de gouttières à la recherche de restes de mets, accompagné des hashtags «#SelfiePoubella + #NomQuartier».
Sur la page Facebook, on pouvait lire : « Mettons la pression sur les municipalités! Mais n'oublions pas qu'elles ne pourront en aucun cas réussir seules ce pari. Un progrès durable passe par la participation active et civique de toutes et de tous. A vos selfies!! Hashtags: #SelfiePoubella + #NomQuartier » ou bien «Nous attendons vos photos selfies qui montreront la gravité de la situation dans nos rues et partout dans le pays. Ils cherchent à cacher la triste réalité de nos quartiers avec les cartes postales des beaux paysages de la Tunisie et oublient qu'il y a un peuple «3ayech fi ezzebla» (qui vit dans la poubelle)...».
Le message du journaliste Chaker Besbes, administrateur et créateur de cet espace virtuel va droit au but et ne se trompe pas de cible : « Montrons aux responsables de ce pays le vrai visage de nos rues et l'environnement de nos quartiers. A vos selfies ! », fait-il savoir.
Et ça marche vu que plus de 15 mille internautes ont suivi cette campagne sur le réseau des réseaux et sur Twitter, 385 tweets ont été postés sur « @SelfiePoubella » sans oublier des échos sur les journaux électroniques de médias étrangers (Le Nouvel Observateur, Bakchich.info, Al Huffington Post Maghreb, etc.) et les médias nationaux (Mosaïque FM, Web Manager Center, etc.).
« Notre quartier n'est pas
une décharge »
Toujours sur le réseau de Mark Zuckerberg, une autre page a vu aussi le jour, il s'agit de la page « Notre quartier n'est pas une décharge » où l'administrateur a voulu pointer du doigt la situation catastrophique des quartiers chics ou populaires en Tunisie.
Sur le terrain, la réalité est aussi choquante que dans le monde virtuel. Nous prenons l'exemple de l'île de Djerba, où la délégation spéciale de Houmet Souk était contrainte de jeter l'éponge, le mardi 8 juillet 2014, soit deux ans et demi après la fermeture de la décharge de Guellala.
En effet, impuissants face au tsunami des ordures et des déchets solides qui ont englouti leur ville, les responsables municipaux de cette zone de l'île des rêves, n'ont pas trouvé d'autres choix que de démissionner. Voilà un signal fort de l'agonie que connaissent les 40 municipalités touristiques durant cette période estivale.
A Nabeul, malgré les efforts consentis par la délégation spéciale locale dans l'embellissement et la collecte des déchets de la ville, certains quartiers souffrent atrocement d'un autre type de pollution. Il s'agit du drame écologique causé par les ateliers de poterie.
En effet, selon M. Anis Somai, devant la nonchalance des différents gouverneurs qui se sont succédé à la tête du gouvernorat de Nabeul, artisans-potiers ont été autorisés à s'installer dans les quartiers d'habitation alors que normalement ils devaient être logés dans la zone industrielle.
Une bombe à retardement
C'est le cas dans le quartier de Sidi Achour où quatre ateliers de fabrication de poterie installés en plein quartier habité dérangent les riverains. Il faut dire que, selon M. Somai, ces quatre petites usines se trouvent à proximité de deux écoles primaires (l'école 2 mars 1934 et l'école de Sidi Achour), un centre pour des handicapés mentaux et un club pour enfants).
« Non seulement nous vivons la peur au ventre vu que les fours de cuisson fonctionnent avec du gaz et que les normes de sécurité laissent à désirer dans ces ateliers, mais aussi nous vivons l'enfer depuis des années à cause de la pollution engendrée par ces potiers. », souligne M. Somai.
Il ajoute : « A cause des déchets solides (tessons, ferrailles, etc.) que déversent ces usines sur le terrain à côté de ma maison, nous vivons désormais au rez-de-chaussée en compagnie des rats et des souris. Certes la municipalité après avoir été sollicitée par tous les habitants du quartier est venue récemment nous débarrasser d'une grande quantité de tessons, nous pensons que cette solution n'est que temporaire tant que ces ateliers ne seront pas délocalisés dans la zone industrielle. ».
Un autre riverain voit la solution à travers l'instauration d'amendes pour pénaliser les fauteurs et les pollueurs.
« Tant que le gouvernement et les municipalités ne pénalisent pas les fauteurs et les pollueurs comme c'est le cas à Dubaï ou bien en Malaisie, rien ne va changer en Tunisie. Je suis pour l'application de fortes amendes de 100DT pour ceux qui jettent même un petit bout de papier. D'autre part, il est temps de créer un corps de police de proximité dit aussi police municipale pour appliquer ce genre de sanctions et veiller à la propreté des villes».
De son côté, M. Boudhina, un activiste dans l'environnement, juge qu'il est temps de léguer la gestion des déchets ainsi que la collecte des ordures à des entreprises privées vu que les délégation spéciales, un peu partout dans le pays, ont été affaiblies par les mouvements de grèves des éboueurs.
Eboueurs, le talon d'Achille
des Municipalités
Au nord de la ville des Potiers, au niveau de la rue Al Farazdak (un quartier supposé chic), nous rencontrons M. Abdelbaki Ben Gamra, un ouvrier municipal et chauffeur d'une grue, en train de déblayer un terrain vague jonché de détritus et de déchets solides de tout genre : matelas usés, des branches d'arbres, des sacs en plastique, des carcasses de réfrigérateurs, gravats de construction, etc.
« Une fois par semaine, nous venons ici pour déblayer ce terrain et par la suite nos camions viennent ramasser les montagnes de déchets. La délégation spéciale de Nabeul a cerné 5 zones d'action. Le lundi, c'est le tour des quartiers de Sidi Amor, Ennajah et ceux des Souks. Le mardi, c'est le tour du quartier AFH et ses alentours. Le mercredi on revient aux souks. Le jeudi, nous nous occupons de ce quartier. Enfin, le vendredi et le samedi, on met le cap sur les quartiers de Sidi Mahersi et la zone touristique. », précise M. Ben Gamra.
Par la même occasion, nous avons voulu savoir ce qui a poussé les éboueurs et les agents de nettoyage à se mettre en grève, ce qui a aggravé la situation déjà chaotique de nos rues et surtout les quartiers de Bizerte à Ben Guerdane.
La réponse de l'ouvrier municipal était claire comme l'eau de roche : « En 2010, mon salaire était de 525 DT, après la révolution, aujourd'hui, en 2014, je perçois un salaire net de 555 DT virgule quelques millimes. Normalement, nous devions bénéficier d'une prime de lait vu que nous sommes tout le temps au contact de produits chimiques et nocifs. Nous avons aussi réclamé notre droit aux vaccins et de bénéficier des soins de la Médecine du travail ainsi que l'application d'un statut de base pour les ouvriers municipaux. Certes une partie des vaccins a été réalisée et nous attendons la suite.», claironne l'ouvrier municipal.
Enfin, selon bon nombre d'ouvriers interrogés, il se peut que les éboueurs entrent dans un nouveau mouvement de grève les 17 et 18 de ce mois. Assurément, on ‘est pas encore sorti de l'auberge.


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