Le Tunisien est un passionné de football. Il aime le football-spectacle, celui porté sur l'attaque. Et ce n'est pas pour rien que les Tunisiens sont férus de la Liga et de la Série A. Cela ne les empêche pas de jeter un œil aussi sur la Premier League, histoire de prendre du plaisir à regarder le football de charme. Ceci pour dire que les onze millions de Tunisiens qui suivront ce soir l'équipe nationale à l'occasion de sa troisième sortie de la CAN contre la RD Congo, attendent beaucoup des hommes de Georges Leekens. Scotchés devant leurs téléviseurs lors des deux premiers matches, les spectateurs tunisiens sont restés sur leur faim. Une première petite prestation contre le Cap-Vert, qui se conclut par un match nul et beaucoup d'interrogations. Les observateurs les plus avertis ont tous été unanimes : l'équipe de Tunisie était complètement effacée pendant la première heure du jeu face une formation cap-verdienne dont l'atout majeur était la rapidité de ses attaquants qui n'ont pas eu de difficultés à atteindre notre zone de réparation. Heureusement qu'Aymen Mathlouthi a été dans un grand jour. Le portier tunisien a été également au rendez-vous contre la Zambie et nous a sauvé la face alors que le duo axial, Abdennour-Syam Ben Youssef, a manqué d'application. Ces mêmes détails qui reviennent... Depuis qu'il a pris les rênes de l'équipe de Tunisie, Georges Leekens a toujours adopté le même schéma tactique : un 4-2-3-1 où la prudence prime sur la prise de risque dans les 30 derniers mètres. C'est que le technicien belge n'arrive pas à se détacher de son passé de joueur lorsqu'il évoluait comme défenseur. Du coup, on a rarement vu l'équipe de Tunisie se porter sur l'avant, ce qui explique pourquoi, lorsqu'elle gagne, elle le fait par le petit écart. Mais ce n'est pas cela qui pose réellement problème. Ce qui intrigue, c'est que, depuis des mois, nous sommes confrontés aux mêmes maux. Quel que soit le duo aligné à l'entrejeu, Nater, Ragued et Saïhi ont du mal à conjuguer récupération et relance rapide du jeu. D'ailleurs, c'est quand cette conjugaison est respectée que les attaquants tunisiens sont parvenus à créer le danger et marquer des buts. Autre détail auquel on n'est pas parvenu à trouver une solution. Les joueurs alignés sur les couloirs sont souvent isolés ou effacés, à l'instar de Hamza Mathlouthi à droite et Ahmed Akaichi sur la gauche. Pour finir, il est temps que les Tunisiens se libèrent, le temps d'un match. La qualification pas encore assurée pour le second tour, nous aimerions voir ce soir notre sélection nationale jouer l'offensive et nos joueurs prendre du plaisir afin de nous en procurer. Par moments, il est impératif de jouer sans calculs et de lâcher un peu la pression. Alors, libérez-vous les gars et offrez-nous du football-spectacle !