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La couleur de l'argent
«Quand pigment rime avec pognon», de leïla shili
Publié dans La Presse de Tunisie le 01 - 01 - 2000

A la galerie Mille Feuilles, les fresques de Leïla Shili sont mises en valeur, grâce à cet espace tout de blanc vêtu. Mais qui est cette artiste?
Leïla Shili est une peintre née en 1981, doctorante en Sciences techniques des arts à l'Ibat... Elle compte à son actif plusieurs expositions, notamment de groupe.
A El Teatro, au Palais Abdellia, à la galerie Borj et j'en passe, Leïla Shili a imposé sa touche plutôt originale. Son pinceau va au fond des choses et nous offre à chaque fois un thème précis. Sa peinture est fluide et son pinceau se balade tour à tour au gré de l'impressionisme, de l'abstrait et du réalisme. Notre peintre varie pour se frayer un chemin dans un univers artistique où il est dur d'imposer ses propres fluctuations... Plus elle peint, plus elle s'affirme par un style assez original. «Quand pigment rime avec pognon» est une parodie de l'argent et d'accumulation de biens et une balade dans l'inconscient de tout un chacun.
Si l'argent ne fait pas le bonheur, en tout cas, il a fait valser le pinceau de l'artiste Leïla Shili. Sur ses fresques, il occupe la majorité de l'espace. Des liasses et des liasses sont représentées sous différentes formes... Il faut dire que notre artiste se joue des billets, les malmène et, de ce fait, une sorte de balade ludique s'installe et s'offre franchement, presque agressivement, aux regards. A travers les créations de Leïla Shili, l'argent, les billets de banque ont la parole. Cette accumulation de biens floue la réalité qui se noie dans une représentation abstraite tout de suite récupérée par un réalisme imposant. Les billets sont au premier rang. Ils sont prépondérants. D'ailleurs, ils sont mis en valeur à travers une sorte de zoom presque photographique et on ne voit plus qu'eux. Ils se perdent au milieu de formes abstraites, de visages anonymes. Les billets vont même jusqu'à s'envoler pour occuper tout l'espace créatif... De la monnaie coule d'un robinet. Des liasses sont déposées sur une coupe puis muent en bouquet de fleurs dans un vase qui inspire la nature morte. Les liasses vont même atterrir dans une bouche d'égout. L'argent devient alors sale. Elles condamnent une société capitaliste qui pousse à l'amas des biens. L'engouement vers les billets est pointé du doigt. J'allais dire du pinceau de Leïla Shili. Notre créatrice a choisi l'euro comme base de travail. Une monnaie qui a conquis le monde. Plus un clin d'œil au dollar... à l'Amérique, société de consommation. Mais le pinceau de notre artiste reproduit surtout des liasses d'euros qui s'est apprécié au fil du temps. Et son pinceau le déprécie. Du papier mène le monde, semble dire Leïla Shili. Noyés dans les abysses, les billets de banque s'enroulent dans les tentacules d'une pieuvre. Et pour le fun, même les poules pondent des euros. Ils sont partout pérennisés par les œuvres de l'artiste dont le pinceau joue avec l'argent un jeu subtil exprimé par des courbes et des traits saillants. Les billets sont tellement présents dans les créations de Leïla Shili qu'ils perdent de leur valeur. Trop d'argent tue l'argent. Le tout est enrobé de jets de peintures aux couleurs aguichantes avec, en arrière-plan, des formes presque floues qui constituent un support des euros. La palette de couleurs flashy y attire le regard. Puis, prédominant, on n'a plus d'yeux que pour le fric, «le pognon» comme le nomme Leïla Shili comme pour le tourner en dérision. En tout cas, il reste le maître à bord. Un roi déchu par le pinceau de notre créatrice. Celle-ci nous le présente tel un conquérant. Cru ou à la limite agressif, l'argent coule à flots; plus on l'observe plus on le méprise. Les tableaux s'en mettent plein (les poches) les créations. Le pinceau de Leïla Shili joue avec l'argent. Son pinceau a dévalisé des banques. Plus il se matérialise, plus les objets qui l'entourent perdent de leur valeur. L'artiste a joué et a gagné un gros billet d'entrée dans un univers créatif assez original et par là même imbriqué dans une réalité et une société qui en demande toujours plus. Comme a dit Brel «Chez ces gens-là, on compte, monsieur, on compte». Chez Leïla Shili, on joue avec l'argent. Son pinceau le tourne en dérision et tel un appareil photo, il prend une batterie de clichés du monde de la richesse et de l'opulence. Un thème qui se démarque par son originalité.


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