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Tout a commencé dans la caserne d'El-Aouina
Terrorisme — dernier coup de filet de gafsa
Publié dans La Presse de Tunisie le 31 - 03 - 2015

C'est à la faveur de longs mois d'investigations et d'un plan savamment orchestré par les unités spéciales de la Garde nationale que Lokman Abou Sakhr et ses acolytes ont été abattus. Une opération digne de la CIA et du Mossad. Détails...
Une éclaircie dans la grisaille : alors que la Tunisie peinait encore à panser les plaies que lui a occasionnées le lâche attentat du musée du Bardo, un ouf de soulagement presque inespéré s'empara soudain de la population, à la suite du retentissant coup de filet réalisé dans la nuit de samedi à dimanche dernier et soldé par l'élimination de — tenez vous bien — neuf terroristes dont le très dangereux Khaled Chaïeb, plus connu sous le nom de guerre de Lokman Abou Sakhr. A bien y voir, disons d'emblée que ce coup de filet, par son bilan et la façon avec laquelle il a été conduit, est, sécuritairement parlant, incomparable et restera dans les annales de la lutte contre le terrorisme comme étant une réussite absolument exceptionnelle. Au point qu'il n'est ni exagéré ni interdit de le comparer, toutes proportions gardées bien sûr, aux formidables opérations d'espionnage réalisées par les redoutables agences de renseignements américaine (CIA), israélienne (le Mossad) et le défunt KGB (ex-Urss).
Et pour en avoir le cœur net, suivez ces détails.
Un étau asphyxiant
Tout a commencé dans la caserne d'El-Aouina, QG des unités spéciales de la Garde nationale, une troupe qui constitue l'épine dorsale et le fer de lance de la guerre contre l'hydre terroriste. C'est là où, flanqué de ses lieutenants, l'homme fort de cette brigade, Ammar El Faleh, travaillait, ces jours-ci, comme un forcené, adossé à une montagne de dossiers brûlants impliquant une centaine des plus dangereux jihadistes qui sévissaient dans le pays.
Des réunions de travail, de jour comme de nuit, y sont tenues. Un suivi de tous les instants y est appliqué. Les opérations de recoupements et d'investigations ne se comptent plus.
Jeudi 26 mars : la retraite de Lokman Abou Sakhr et ses hommes est enfin localisée, au prix d'informations fiables recueillies çà et là, avec le concours des renseignements algériens. Dès lors, il n'y avait pas photo : il fallait, coûte que coûte, profiter de cette précieuse aubaine qui ne se présentera peut-être plus jamais. Pour ce faire, un plan d'assaut en bonne et due forme s'imposait, s'agissant de terroristes aguerris, sauvages, redoutablement armés et surtout passés maîtres dans l'art de dérouter leurs «ennemis». D'ailleurs, outre Lokman Abou Sakhr, le groupe traqué comptait dans ses rangs des takfiristes non moins dangereux, notamment les Algériens Mimoun et Ben Frej, activement recherchés en Algérie, et qui ont fait leurs preuves, dans les années 90, en Afghanistan, avant de venir chercher refuge dans les monts du Kef, Kasserine, Jendouba et Gafsa, et en particulier au jebel Chaâmbi. Une fois le modus operandi planifié, sous l'impulsion de l'inévitable Ammar El-Faleh, pas moins de 170 agents menés de main de maître par ce qu'on appelle «les génies de Bir Bourégba» (allusion faite aux unités spéciales de la Garde nationale) commencèrent à assiéger en cachette la retraite des terroristes du côté de la région de Sidi Yaïch. Là où Lokman Abou Sakhr et ses huit acolytes, sans peut-être le vouloir, s'enhardirent soudain à quitter leur QG, à la recherche d'approvisionnement en denrées alimentaires, comme ils prenaient l'habitude de le faire chaque fois qu'ils attrapaient la faim.
En s'aventurant de leur fief au volant d'une voiture, ils ne savaient pas, heureusement, qu'on les attendait au tournant. Du coup, c'est l'assaut qui aura duré quelque 35 minutes au cours desquelles le véhicule ciblé, en cavale au clair de la lune, a été pulvérisé, sous une impressionnante rafale de tirs. Le bilan (9 tués) aurait, dans ce genre d'opérations de chasse à l'homme, pu être meilleur si un ou deux des insurgés étaient capturés vivants, et cela pour l'intérêt du suivi de l'enquête. Mais, tant mieux, dirions-nous, d'autant plus que l'assaut a été tout bonnement expédié avec zéro perte dans les rangs de nos vaillants agents. Il faut le faire !
Le pire évité de justesse
Ce très joli coup de filet, qui est à marquer d'une pierre blanche, a provoqué une joie indescriptible, non seulement à la caserne d'El-Aouina où le commandant de la Garde nationale veillait au grain toute la nuit, mais aussi au ministère de l'Intérieur et à La Kasbah où Habib Essid, Najem Gharsalli et Rafik Chelli suivaient en direct, jusqu'à l'aube, toutes les péripéties de l'opération. Joie indescriptible, disions-nous, et c'est vrai, puisque les premiers éléments de l'enquête ont révélé que les neuf insurgés abattus projetaient des attentats à la voiture piégée à perpétrer simultanément dans certaines régions du pays, dans le but, macabre, de saboter la marche républicaine de dimanche contre le terrorisme. Parallèlement, il s'est avéré que Lokman Abou Sakhr avait l'intention de s'approvisionner en quantités supplémentaires d'armes qu'il a recommandées en Libye.
Messages de félicitations
La prodigieuse réussite de ce coup de filet a, faut-il le souligner avec fierté, dépassé nos frontières pour faire parler d'elle dans des pays frères et amis dont la France et les Etats-Unis qui, par télégrammes de félicitations interposés, ont rendu un vibrant hommage à nos forces de sécurité, et particulièrement à la troupe des unités spéciales de la Garde nationale de Bir Bourégba dont la compétence, la bravoure et le professionnalisme sont, faut-il le rappeler, universellement estimés, voire admirés.
Les héros à l'honneur
D'ailleurs, ce n'est pas un hasard si les héros de cette troupe qui ne comptent plus les lauriers tant en Tunisie qu'à l'étranger seront, encore une fois, honorés lors d'une réception qui se déroulera cet après-midi (17 heures) à la caserne d'El-Aouina. Amplement mérité.


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