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Complaisance suicidaire
Projet de réforme de l'enseignement
Publié dans La Presse de Tunisie le 23 - 05 - 2015

Réformer, c'est transformer en vue d'améliorer. Mais cette acception élémentaire du concept semble échapper au ministre de l'Education, puisqu'il envisage de faire participer les pires ennemis de l'évolution dans cet effort national, relatif à la réforme de l'enseignement. Est-ce en faisant entrer les loups dans la bergerie que l'on peut protéger les brebis? Cette manière de procéder rassure-t-elle quant à la fiabilité de ce projet? Ne trahit-elle pas une complaisance politique qui sacrifie l'intérêt national?
Partenariat miné
Au cours de l'une de ses dernières interventions médiatiques, Néji Jalloul a expliqué qu'il avait adressé des correspondances à l'ensemble des partis politiques, les invitant à participer au Dialogue national sur la réforme du système éducatif. Parmi ces partis, il y a Hizb Ettahrir dont l'invitation était justifiée par son statut légal et aussi par le fait que ce dialogue ne devait pas avoir d'orientation idéologique. Soit ! Mais est-il logique d'y inviter un parti fondamentaliste qui appelle à l'application de la charia et qui ne reconnaît ni démocratie, ni République, dans lesquelles il voit des formes d'impiété ?
Et il va sans dire que, pour lui, tous les établissements issus de ces institutions profanes, y compris bien entendu l'école publique, intègrent cette sphère. D'ailleurs, ces fondamentalistes ont leur propre établissement scolaire, la fameuse école coranique, cette usine à fabriquer de futurs terroristes. Alors, on a à imaginer l'apport de ces farouches détracteurs de la laïcité à cette réforme.
Est-ce que le ministre espère les associer à son projet de modernisation de l'école publique en y introduisant, comme il le dit lui-même,«des activités culturelles, sportives, scientifiques et artistiques en parallèle des cours» ? Tout en soulignant qu'il est optimiste pour l'avenir, il ajoute: «Nous devons mettre à la disposition des jeunes tous les moyens possibles pour qu'ils puissent s'affirmer et s'épanouir». Mais quel épanouissement et quel avenir y a-t-il avec des passéistes qui veulent freiner la marche de l'histoire et nous faire revenir à l'âge de la pierre ?
Est-ce qu'avec des gens qui considèrent la mixité comme étant une menace pour la morale sociale et que les plaisirs nous éloignent de Dieu qu'on va renforcer la présence de la science, de l'art et des activités récréatives dans nos écoles ?
Est-ce qu'en travaillant main dans la main avec des individus qui puisent tout leur savoir dans le livre saint qu'on va pouvoir faire évoluer les programmes scolaires ?
Le palier d'honneur
Cette déclaration de la part du ministre de l'Education nationale, qui reflète une politique de complaisance évidente, n'est pas du tout rassurante quant au devenir de ce projet de réforme du système éducatif. Si lui accepte de faire preuve de «tolérance», en consentant des concessions en faveur des défenseurs acharnés de la charia et du califat, les autres partenaires démocratiques et progressistes de la réforme, eux, ne sont en aucune manière prêts à céder d'un iota sur le principe de laïcité, le fondement même de l'école de la République.
Décidément, la politique de complaisance, dont le corollaire est forcément l'impunité, envahit tous les domaines de la vie publique, comme en témoigne la composition hétéroclite du gouvernement. Mais là, même cette «immunité» est dépassée, puisqu'on est passé au palier suivant: ces hors-la-loi qui ont attenté contre le caractère civil de l'Etat et sa sécurité sont, dorénavant, gratifiés de tous les honneurs. Toutes les énormités qu'ils ont commises et tous leurs écarts de conduite sont oubliés et classés, et ils sont érigés au rang des pionniers du savoir et du développement. En fait, cette promotion d'honneur ne leur a pas coûté grand-chose, pour y accéder, il leur a fallu, tout simplement, exhiber des discours modérés, simulant l'adoption des projets des mécréants, et qui ne les engagent en rien, ni n'altèrent leur foi, car leurs vraies convictions sont bien enfouies au plus profond de leurs âmes que seul Dieu peut sonder. Arrêtons ce jeu désagréable et de mauvais goût qui n'a que trop duré et qui menace de saboter le processus de réforme de l'enseignement. Si on tient vraiment à le voir aboutir, faisons les choses entièrement et non pas à demi et assumons pleinement notre responsabilité, en ne faisant participer à ce projet que ceux et seulement ceux qui y croient réellement. Il ne s'agit pas de faire plaisir à tout le monde mais de sauver l'école et les enfants de la patrie et de leur assurer un avenir prospère.
La réforme comme l'entendent ces islamistes de Hizb Ettahrir est un retour à l'observance des premières règles de l'Islam, à l'instar du protestantisme, désigné, justement, sous le nom de... réforme. Alors, il faut choisir entre réforme et réforme Monsieur le ministre...


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