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La Tunisie va t elle sombrer dans un état de non droit ?
Publié dans Leaders le 27 - 12 - 2012

ce qui s'est passé à Djerba le 22 décembre dernier, lors de la réunion organisée par le parti Nidaa Tounès, est le dernier évènement en date (après tant d'autres) au cours duquel le droit est bafoué et l'intégrité physique des personnes violées sous le regard indifférent des autorités en place. Ces transgressions manifestes des droits et des devoirs dans notre pays sont le signe d'un très mauvais présage qui pèsera très lourd sur le pouvoir en Tunisie au cours des jours et mois à venir, sans doute aussi sur le parti Ennahda et son président. Le peuple ne sera pas en reste et en subira hélas, le premier, les conséquences.
A mesure que le temps passe, la brume sur l'avenir de la Tunisie s'épaissit au point de ne plus avoir de réelle visibilité. Au lieu d'un Etat de droit, la Tunisie s'est métamorphosée en un ETAT DE FOI où la loi n'est plus qu'un gadget entre les mains d'un parti islamiste qui n'a nullement renoncé à instaurer la charia et dont les milices se chargent de tous ceux qui manifestent le moindre désir de se mettre en travers de ce processus d'islamisation à outrance de la société tunisienne. Voilà une perspective qui fait frémir d'inquiétude.
Après les élections du 23 octobre 2011 et les espoirs qu'elles ont engendrés, les Tunisiens ont accepté le verdict des urnes avec réticence certes, mais ils s'y sont quand même pliés, démocratie oblige. Les citoyens tunisiens ont prouvé leur bonne foi et leur volonté de donner sa chance au vainqueur : le parti Islamiste Ennahdha ; parti qui n'a pas cessé d'envoyer des messages d'apaisement et d'ouverture durant toute la campagne électorale. Ainsi, nombreux sont ceux qui sont tombés dans ce piège pieds joints, notamment M. Moncef Marzouki , président du parti CPR et actuel président de la République et M. Ben Jaafar, président d' ETTAKATTOL et actuel président de l'Assemblée nationale constituante. Ce qui n'a fait que brouiller davantage les cartes et diminuer la marge de manœuvre de l'opposition dans le pays.
L'attaque en règle du meeting du nouveau parti Nidaa Tounès avait pour but d'éliminer tous ceux qui constituent un danger pour le parti au pouvoir.
Parce qu'il a le vent en poupe et est présidé par l'ancien premier ministre Béji Caid Essebsi, politicien chevronné et très apprécié, Nidaa tounès est pour l'instant l'acteur le plus redoutable et le plus redouté par Ennahdha : une épine au pied de son président R. Ghannouchi, une épine qui fait très mal et qu'il a du mal à retirer. Comment s'en défaire ? Une seule alternative : « abattre » son président pour affaiblir ce parti.
Les actions de cet ordre se sont multipliées avec la complicité de ce qu'on appelle « les ligues de la protection de la révolution ». Poussées par une haine incompréhensible et déroutante, ces ligues interviennent vindicatives et sans états d'âme. Leurs membres n'hésitent pas à semer sur leur passage chaos et désolation et en sont même arrivés jusqu'au meurtre (lotfi Nakdh). Ces milices ou ces comités sévissent en toute impunité et leur pouvoir est absolu. Rien n'a jamais été fait pour les arrêter.
A chaque manifestation ou célébration son lot de violence. Pour se justifier, le parti majoritaire, soutenu par certains membres du gouvernement, ne trouve rien de mieux à faire que d'exploiter l'histoire du pays en utilisant la mémoire des héros-martyrs de la Nation tels Farhat Hached (lors de la 60è commémoration de son assassinat) et Salah Ben Youssef (lors du meeting de Djerba). Les scrupules et autres valeurs n'ont pas réussi à étouffer le désir de vengeance de ces individus sans foi ni loi.
Mécontentes, les familles Hached et Ben Youssef, ainsi que leurs partisans, ont envoyé des réponses cinglantes au gouvernement et se sont démarquées avec fermeté des auteurs de ces troubles qu'ils ont clairement condamnés. L'exploitation politique de l'histoire d'un pays est outrancière et inacceptable.
Souvenons- nous de la commémoration de l'assassinat de Farhat Hached et les conditions déplorables dans laquelle la cérémonie s'est déroulée devant le siège de l'UGTT, place Mohammed Ali. Encore une fois « les ligues de la protection de la révolution » ont sévi.
Deux ans après la révolution en Tunisie, le gouvernement en place, en majorité issu du parti islamiste Ennahda, a continué à recourir à des procédés douteux et inefficaces. Incapable de ramener un certain équilibre dans la société par une absence totale de volonté de rétablir l'ordre, la tolérance et la rigueur, nos dirigeants n'ont ni su ni pu redresser la barre. Quant à l'alliance politique avec le CPR et Ettakattol, que l'on appelle pompeusement la troïka, c'est une alliance contre nature qui a montré ses limites.
Ainsi, tous ces actes récurrents et la manière dont ils sont traités et interprétés par le gouvernement confirment ce que beaucoup pensent et disent depuis longtemps : il existe aujourd'hui en Tunisie un pouvoir « parallèle » qui décide de presque tout et qui met souvent le pouvoir « officiel » devant le fait accompli et s'arrange pour lui faire porter le chapeau. Cette dualité a trois effets regrettables:
- porter une atteinte très grave au processus de démocratisation, à la reconstruction et au bon fonctionnement des institutions étatiques ;
- affaiblir et remettre en question la légitimité du gouvernement en place et l'exercice du pouvoir en général ;
- faire obstruction à la création d'un Etat de droit dans la phase de transition.
Pour éviter le pire, il faudra mobiliser toutes les forces vives de la société afin de dénoncer au grand jour cette situation opaque qu'est la dualité du pouvoir « officiel » et du pouvoir officieux. A défaut, la situation économique, politique et sociale restera désastreuse. Les pauvres seront plus pauvres et les riches, qui n'ont pas la bénédiction d'Ennahda et qui n ont pas cédé à leur racket, partiront entraînant avec eux le peu de « cerveaux » qui nous restent. Quant au plus précieux acquis dont on a tant rêvé, à savoir, la liberté d'expression, elle sera en passe de nous être bientôt confisquée. Il ne nous restera plus alors que nos yeux pour pleurer.
Le peuple Tunisien n'a pas cessé de subir les bavures d'un gouvernement incompétent et les violences commanditées par un parti majoritaire. Mais ce dernier perd au fil des jours et de sa crédibilité et de sa force atouts tirés de la compassion dont ont bénéficié ses membres de la part des Tunisiens toutes couches sociales confondues et qui trouve sa source dans les sévices qu'ils ont subis sous l'ancien régime. Quant aux quelques membres du gouvernement animés de bonne volonté pour faire avancer le processus, il leur manque le courage de prendre le taureau par les cornes et de se démarquer de leur parti et faire le travail que l'on attend d'eux en mettant la Tunisie au -dessus de tout.
Plus le gouvernement et le parti Ennahdha s'acharneront sur les membres des partis de l'opposition et leurs militants, tels le Front populaire, Al Joumhouri, Al Massar … et en particulier Nidaa tounès, plus les Tunisiens, en nombre, iront chercher refuge et espoir dans ces partis. La sympathie dont les nahdhaouis ont bénéficié jusque là et qui a béni leur parcours jusqu'au sommet de l'Etat peut changer de camp et aller bénir ailleurs.
Ennahda a sans aucun doute beaucoup perdu en fiabilité et crédibilité à cause de son président R. Ghannouchi, dont le népotisme ne surprend plus et dont l'impopularité risque d'entraîner dans sa chute non seulement son parti, mais aussi le gouvernement et peut-être même le pays tout entier.
Sans lui, le parti se portera mieux, la Tunisie se portera mieux, et le gouvernement débarrassé d'un boulet encombrant pourra, peut - être, retrouver la raison de l'Etat et construire enfin un Etat de droit.


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