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Nidaa Tounes, le cauchemar de l'actuel pouvoir
Publié dans Business News le 01 - 10 - 2012

Le parti fondé par l'ancien Premier ministre tunisien Béji Caïd Essebsi gagne de jour en jour des galons. Indépendamment des sondages qui lui attribuent entre 20 et 25% et le classent comme deuxième force politique du pays, Nidaa Tounes a réussi, en seulement quelques mois, à s'imposer sur la scène politico-médiatique, à attirer de grandes personnalités et à ramener dans ses rangs des élus d'autres partis. Mieux, les chancelleries occidentales et arabes s'intéressent à ce nouveau-né et les hommes d'affaires se bousculent au portillon pour proposer leurs services.
Cette ascension inquiète de plus en plus les partis de la troïka au pouvoir en Tunisie qui fait tout pour lui mettre les bâtons dans les roues avec des méthodes pas toujours légitimes et légales.
Brahim Kassas, élu de la nation à l'Assemblée nationale constituante, se fait agresser dimanche 30 septembre à Kélibia, avant qu'il ne puisse assister à un meeting de son nouveau parti Nidaa Tounes.
Le député accuse Ennahdha d'être derrière cette agression barbare, sur la foi de témoignages d'habitants de cette petite ville où tout le monde connaît tout le monde et où le respect des différences de l'autre a toujours été la règle.
Un mois plus tôt, le jeudi 30 août, un groupe de femmes partisanes de Nidaa Tounes, étaient en réunion à Menzel Chaker, gouvernorat de Sfax, lorsqu'un groupe de "barbus" s'est attaqué à elles et les ont agressées. Cette attaque a engendré un état de panique et des blessures légères qui ont tout de même nécessité le transport des victimes à l'hôpital régional.
Mohsen Marzouk, membre dirigeant du parti Nidaa Tounes a affirmé, alors, que cette attaque a été perpétrée par "une bande de criminels et de truands appartenant au mouvement des salafistes et au parti Ennahdha".
Le 5 septembre, une vingtaine de jeunes de Nidaa Tounes devaient se réunir dans un hôtel à Nabeul, mais cette réunion a été empêchée par l'arrivée de groupes de délinquants aux appartenances politiques bien déterminées.
Le 9 septembre, 150 Nahdhaouis sont venus manifester à l'inauguration des nouveaux locaux de Nidaa Tounes à Testour.
Le 15 septembre, et sur la base des déclarations de Lazhar Akremi, autre membre dirigeant de Nidaa Tounes, on apprend que «des sources étrangères ont mis en garde son parti contre une tentative d'assassinat de Béji Caïd Essebsi, avant le 23 octobre prochain ». Un membre gouvernemental serait derrière cette tentative d'assassinat, selon M. Akremi.
Les agressions physiques et les attaques de locaux du parti Nidaa Tounes feront-elles bientôt partie de l'actualité ordinaire et banale ? Au rythme où vont les choses, le risque y est.
D'autant plus qu'à ces agressions physiques et ces menaces, s'ajoutent des propos affligeants et accusations légères et infondées de la part des partis de la troïka au pouvoir.
Le 9 août dernier, le bureau régional du parti Ennahdha à Sidi Bouzid a publié un communiqué dans lequel il accuse Nidaa Tounes « d'être derrière les troubles de la ville de Sidi Bouzid, en s'alliant avec les voleurs, vendeurs d'alcool et trafiquants de drogue » et le qualifiant de « bras droit de l'ex-RCD ». Face à la grossièreté de l'accusation, le bureau régional a dû se rétracter le lendemain, mais c'était juste un recul tactique. Les accusations seront désormais plus fines et faciles à avaler pour les observateurs non avisés.
Le 22 août, le CPR a ainsi décidé de ne pas inviter les membres de Nidaa Tounes à son congrès prétextant du fait qu'il y ait des RCDistes parmi les membres de Nidaa Tounes.
Dernière trouvaille en date, les membres d'Ennahdha ne vont plus participer aux émissions télévisées, si un membre de Nidaa Tounes y est présent.
Cette accusation de présence de RCDistes sera désormais l'argument phare du pouvoir à l'encontre de Nidaa Tounes. Ce sera le « chewing-gum » présent matin et soir dans les bouches de la troïka au pouvoir et, spécialement, le CPR et Ennahdha. Au point que l'on voudrait faire jouer cette donne pour écarter le parti des prochaines élections et de toute activité politique, durant les cinq voire les dix prochaines années.
Un coup d'Etat qui ne dit pas son nom, basé sur un gros mensonge et une hypocrisie extraordinaires.
Un mensonge parce que l'essentiel des hauts cadres et dirigeants de Nidaa Tounes ne sont pas RCDistes. C'est même tout le contraire. Jusqu'à présent, ni Ennahdha, ni le CPR n'ont pu donner un seul nom d'un seul dirigeant de Nidaa Tounes coupable d'un quelconque crime ou délit.
Hypocrisie, car Ennahdha regorge d'anciens militants du RCD et qui ne sont pas tous propres. Le parti islamiste s'entretient régulièrement avec eux, fait appel à eux et les invite même à ses soirées privées et publiques. Il leur arrive même de les nommer à de hauts postes de l'Etat.
Paradoxalement, il y a un an, ce sont ces mêmes dirigeants d'Ennahdha qui multipliaient les éloges à l'égard de Béji Caïed Essebsi qui a réussi sa mission de transition et ces élections démocratiques et transparentes. Il a même été question de lui proposer la présidence de la République à un certain moment.
Autre hypocrisie, cette fois chez le CPR, les opportunistes et les « retourneurs » de veste trouvent bien leur place dans ce parti, y compris le team présidentiel, mais dès lors qu'il s'agit de Nidaa Tounes, on lève les boucliers !
Dans une toute récente interview, Rached Ghannouchi a admis que son parti Ennahdha a perdu de sa popularité. Ettakatol s'est quasiment disloqué, alors que le CPR est bien divisé et peine énormément à garder ses élément fondateurs. D'ailleurs, le nombre des nouveaux visages dépasse désormais les anciens.
Nidaa Tounes, en revanche, réussit à séduire et attirer de plus en plus de personnes. Les 20-25% attribués par les sondeurs ne sont, peut-être pas, exacts mais reflètent une véritable tendance, bel et bien réelle. Le parti réussi à fédérer autour de lui plusieurs pans de la société qui refusent de voir le pays dirigé par un projet islamiste.
Certes, l'opposition au parti islamiste et à la troïka ne peut pas être un programme en soi, mais (pour le moment) cela suffit à rassurer des millions de personnes et à les réunir autour d'un projet fédérateur : oui, à l'islam, mais non à l'islamisation de la Tunisie.
La stratégie de la diabolisation des anciens RCDistes et de Nidaa Tounes a commencé à montrer ses limites, y compris parmi les sympathisants de la troïka.
On a alors tenté une autre stratégie, celle des procès et des dossiers judiciaires. Mais cela n'a pas marché vu que Nidaa Tounes n'a fait appel qu'à des gens « clean ». Béji Caïd Essebsi s'est même permis la provocation en demandant aux dirigeants de la troïka à dénoncer tout membre de Nidaa Tounes qui aurait des choses à se reprocher.
Autres stratégies pour phagocyter ce parti qui monte vertigineusement, le boycott et l'exclusion, comme cette histoire idiote de non-participation aux émissions télévisées. Ou encore celles d'essayer de proposer des carottes à quelques opposants (notamment Al Joumhouri) afin de les empêcher de rejoindre Nidaa Tounes.
Ne sachant plus quoi faire, on est alors passé à la délinquance primaire avec la mobilisation des milices pour s'attaquer physiquement aux militants et aux dirigeants du parti.
Et, comme par hasard, la police brille toujours par son absence lors de ces différentes agressions, alors que cette même police se trouve aux côtés des manifestations non-autorisées comme celles d'Ekbess (deux vendredi de suite à la Kasbah) ou celle du 14-septembre où on la voyait « escorter » les salafistes.
Cette stratégie de diabolisation, totalement désapprouvée par l'entourage d'un Hamadi Jebali qui a du mal à se faire écouter, a eu un effet inverse : le parti gagne en sympathie et se positionne en victime, aussi bien devant l'opinion publique nationale qu'internationale.
Ainsi, les diplomates occidentaux, anciens et nouveaux, sont déjà allés voir M. Caïd Essebsi ou s'apprêtent à le faire. Idem pour les hommes d'affaires et notamment pour les plus influents et puissants d'entre eux.
Pour la troïka, tout cela a engendré une constante : Nidaa Tounes devient l'ennemi à abattre par tous les moyens. Il hante, désormais, l'esprit de la majorité de nos actuels gouvernants qui ne cessent de multiplier les erreurs, voire les actes criminels.
Le grand point fédérateur de Nidaa Tounes est cette opposition à l'islamisation de la société.
Malgré toutes ses divisions, la troïka a trouvé son point fédérateur : s'opposer au cauchemar de Nidaa Tounes qui la menace démocratiquement d'être privée du pouvoir et du gâteau qui va avec.


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