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66ème anniversaire de la NAKBA: un livre événement
Publié dans Leaders le 16 - 05 - 2014

Le livre de Sandrine Mansour-Mérien «L'histoire occultée des Palestiniens.1947-1953» (Editions Privat, Toulouse, 2013) est un livre évènement.
Sandrine Mansour-Mérien est née d'un père palestinien et d'une mère française. Elle a obtenu son doctorat en histoire sous l'éminente direction du Professeur Henri Laurens, titulaire de la chaire d'histoire contemporaine du monde arabe au Collège de France et parfait connaisseur de la question palestinienne. Il est notamment l'auteur d'un excellent ouvrage: «Le retour des exilés. La lutte pour la Palestine de 1869 à 1997» (Paris, Bouquins, 1998) ainsi que du best-seller «La question palestinienne 1922-1947» (Fayard, Paris, 2002)» Elle est actuellement chercheuse au CRHIA (Centre de recherches en histoire internationale et atlantique à l'Université de Nantes.
Dans cet ouvrage, l'historienne palestinienne a voulu donner au lecteur «un autre regard sur l'histoire» de la Palestine et c'est une approche différente et nouvelle du conflit qu'elle développe. Elle replace la «catastrophe» (Nakba), qui évoque le début de l'exode forcé des Palestiniens en mai 1948, dans une perspective historique nourries d'archives nouvellement ouvertes et de textes d'historiens, tant palestiniens (comme Aref al Aref, Akram Zuayter, Mohamed Nimr al Houwari, Walid Khalidi, Rosemary Sayigh, Saad Youssef al-Dajani…) qu'israéliens (Simha Flapan, Benny Morris, Avi Shlaïm, Ilan Pappé, Idith Zertal…)
Sujet d'une extrême importance, l'exode violent dont ont été victimes les Palestiniens est parfois occulté, souvent minoré. Ce livre entend lui redonner sa place dans l'histoire du XXème siècle. A l'instar d'Edward Saïd qui a souligné l'absence criante de l'histoire dite par ses protagonistes, ce qui a permis un discours de pouvoir « qui a dépossédé les Palestiniens de leur terre et de leur passé.** »
Le livre raconte notamment l'entreprise d'enregistrement de l'histoire orale mise en pratique par les universités palestiniennes. Pour l'historien Salah Abd al-Jawad, de l'Université Birzeit, «dans le conflit israélo-arabe, écrire l'histoire est un acte politique». Pour notre historienne «Internet aujourd'hui joue un rôle important qui permet d'élargir le nombre de témoignages, de recouper les informations et de les réunir pour les cinq millions de réfugiés palestiniens dispersés à travers le monde. Depuis 2003, c'est l'objectif du site «palestinerememberd.com» qui recense tous les documents que certains Palestiniens sont parvenus à conserver : passeports d'avant 1948, titres de propriété, photographies…. Il s'agit de s'assurer que les archives permettront une réelle reconnaissance du drame et une base pédagogique pour les futures générations ». C'est notamment la mission de l'Institut d'études palestiniennes fondé à Beyrouth, en 1963, qui compile tout ce qui touche à l'histoire de la Palestine en général, aux réfugiés palestiniens, à la Nakba en particulier et en constitue, en quelque sorte, la mémoire. Notre auteur souligne que « la Diaspora palestinienne représente la plus grande communauté de réfugiés dans le monde, selon les statistiques de l'ONU.»
Dans la conclusion de son ouvrage, Sandrine Mansour-Mérien fustige «l'incapacité de l'ONU …à faire appliquer les résolutions, ce qui ne fait que confirmer qu'en ce qui concerne les Palestiniens, on pouvait outrepasser le droit international.» et de souligner: «Malgré tous les récits de la Nakba par les Palestiniens, confirmés par l'ouverture des archives israéliennes et occidentales, Israël n'a toujours pas reconnu sa responsabilité et le droit international ne lui a pas été imposé comme il l'est aux autres nations.»
Sandrine Mansour-Mérien veut, avec Edward Saïd, par ce travail exceptionnel rappeler la présence palestinienne et dire: «il y avait un peuple palestinien, et que, comme d'autres, il avait son histoire, sa société, et, le plus important, un droit à l'autodétermination.»
Ce peuple continue de lutter et d'affirmer sa présence face à ceux qui l'ont spolié. L'agence Reuters a annoncé, jeudi 15 mai 2014, 66 ème anniversaire de la Nakba, l'assassinat par les forces armées israéliennes de Mohamed Abou Tahr, 22 ans et de Nadim Nuwara, 17 ans qui manifestaient – sans autre arme que leur voix- devant la sinistre prison israélienne d'Ofer, près de Ramallah. Tués par des balles en plein cœur, précise l'agence. Déjà le 22 mars 2014, trois autres manifestants palestiniens de Cisjordanie ont été abattus par l'armée israélienne. Pour Wasel Abou Youssèf, un haut responsable de l'OLP : «L'utilisation de balles réelles sur des manifestants par le gouvernement d'extrémistes conduit par Netanyahou vise à jeter la région dans un nouveau cycle de violence.»
Mohamed Larbi Bouguerra
**L'ONG israélienne Zochrot (se souvenir en hébreu) a lancé une application pour smartphone qui indique l'emplacement des villages palestiniens détruits lors de la création de l'Etat d'Israël et que 760 000 Palestiniens ont été chassés de leurs foyers. Elle propose une carte interactive, photos de bâtiments et de maisons palestiniens d'avant 1948. Dans le but, dit Liat Rosenberg, directrice de l'ONG, de « faire prendre conscience aux Israéliens juifs de la Nakba » et de son traumatisme.

Tags : Nakba Mohamed Larbi Bouguerra Sandrine Mansour-Mérien Henri Laurens Palestine ONU


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