Lancement de la première session de recrutement 2026 : dates et modalités    Hommage à Souad Guellouz: Elle était née pour être écrivaine, romancière, poète    Ministère de l'Intérieur : attention parents, ces signes révèlent une consommation de drogue chez vos ados    SOS Villages d'Enfants Tunisie lance la campagne Couffin de Ramadan pour soutenir 9 000 enfants    L'odorat des chiens au service de l'oncologie médicale    Météo en Tunisie : nuages passagers sur l'ensemble du pays    Anouar Brahem signe son grand retour en Tunisie avec l'ouverture de la 11e édition de Sicca Jazz au Kef    AWGHO: Une nouvelle dynamique africaine au service de la santé globale de la femme en oncologie    Jeune Tunisien condamné à 5 ans de prison pour maltraitances sur sa femme italienne    Anis Lassoued : ''Enda a été le déclic qui a permis à Moez de briser les chaînes du silence''    OPPO lance les modèles A6 5G et A6x 5G, qui offrent des avantages de performance, de puissance et de fluidité au quotidien    Horaires de travail durant le mois de Ramadan 2026    Spéculation sur les denrées : grande opération contre les réseaux illégaux en Tunisie    Maths en panne : 7 élèves tunisiens sur dix en difficulté !    Dégradations du VAR : la FTF promet des poursuites et un durcissement disciplinaire    Le romarin en Tunisie: Une ressource stratégique et une filière d'avenir    Mercato : Nader Ghandri signe en Libye avec Asswehly SC    La Chine ouvre grand ses marchés aux exportations africaines dès mai 2026    Quand commence vraiment le Ramadan 1447/2026 ?    De la culture générale (II): l'apport arabe à la Renaissance européenne    En vidéo : Ooredoo Night Run by Xiaomi célèbre sa 5e édition et ouvre les inscriptions    Ooredoo Night Run by Xiaomi célèbre sa 5e édition et lance les inscriptions (Album photos)    Le drame occulté des Tunisiens morts "pour la France" durant la Première Guerre mondiale    Samsung Zero Trust : Leader dans le domaine de la sécurité mobile pour les entreprises    Hyundai Tunisie organise la troisième édition de l'initiative solidaire 'Couffin du Ramadan'    Le tennisman tunisien Moez Echargui se qualifie pour les quarts de finale du Challenger de Pau    Epson Atmix annonce une nouvelle unité de production de poudres d'alliages amorphes    Casa Tarab, les Nuits musicales du Ramadan 2026, reviennent dans une 5ème édition au Théâtre Cléopâtre à Gammarth    Offre Saint-Valentin: 40 % de réduction sur vos vols nouvelair    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    Du donnant-donnant en milieu académique: entre coopération éthique et dérive clientéliste    Fierté tunisienne : Ridha Mami ouvre un département arabe et islamique au Mexique    Le diplomate tunisien Mohamed Ben Youssef nommé à la tête de l'Institut culturel Afro-arabe    Raoua Tlili et Yassine Gharbi remportent 2 médailles d'argent aux Championnats internationaux de Fazza de para-athlétisme 2026    La danse contemporaine à l'honneur au Festival des Premières Chorégraphiques à Tunis et Sfax (Programme))    Elyes Ghariani - La doctrine Donroe: le retour brutal de l'hégémonie américaine    Changement à la tête de l'ITES : Kaïs Saïed démet le directeur général    Les taekwondoistes tunisiens dominent le classement de la Coupe arabe juniors avec 8 médailles    Magna Mater: La Grande Déesse de retour à Zama (Album photos)    L'Université de Tunis El Manar et l'Université japonaise d'Hiroshima signent un accord de coopération    Mondher Msakni: L'orfèvre    Israël intensifie sa politique d'annexion et de colonisation en Cisjordanie    Un pays arabe bloque Roblox pour protéger les enfants    Salon national des arts plastiques: des talents à promouvoir (Album photos)    Etude de cas - Venezuela: Anatomie d'une opération spéciale, l«Absolute resolve»    Trump 2.0: l'avènement de l'Etat-entreprise et la recomposition de l'ordre mondial    ATMEDIA lance la première session de formation sur l'intelligence artificielle pour les journalistes    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Ces femmes qui ont fait Béji Président !!!
Publié dans Leaders le 26 - 12 - 2014

Plus d'un million de femmes ont voté pour Béji Caid Essebsi.
Notre nouveau président l'a bien relevé dans son premier discours après la victoire. Il l'a fait avec fierté et beaucoup d'émotion en rappelant, filiation oblige, l'œuvre révolutionnaire de Bourguiba qui a parié sur la femme pour révolutionner la société tunisienne dès les premiers mois de l'indépendance.
Béji a su tirer les bénéfices de cette mutation profonde de la société tunisienne, 58 ans plus tard. Non seulement il a réussi à réincarner l'homme de la situation, mais surtout celui du défenseur des acquis de la société et en premier, la place qu'occupe désormais la femme dans l'édifice social.
Notre nouveau président, fort de cet acquis, en plus de ses qualités reconnues d'homme d'Etat et de bourguibien démocrate saura t- il répondre aux attentes des femmes?
Faudrait il d'abord comprendre ce message et comprendre ce qu'il y a de spécifiquement féminin dans le vote massif des femmes.
Certaines des ses attentes et revendications sont évidentes parce qu'elles se sont clairement exprimées durant ces dernières années d'après la révolution.
Des manifestations exclusivement de femmes, il y en a eu avec des appels retentissants pour l'égalité dans la loi, devant la loi et par la loi; celle désormais célèbre du 13 août 2012 est désormais entrée dans les Annales de la révolution.
Plus de droits, plus d'égalité
Mais il y en a eu d'autres qui méritent qu'on les rappelle, notamment celles qui touchent directement à l'intégrité physique et morale des femmes tunisiennes. La colère des femmes contre les nouveaux détracteurs, ceux du dedans qui ont cru que les temps de la modernité émancipatrice sont révolus et ont ouvertement appelé au retour des archaïsmes. Des appels en faveur de la polygamie, de la femme au foyer, du mariage coutumier, du «code de bonne conduite morale» jusqu'à la flagellation légitime et des droits «éternels» du masculin sur le féminin. Ils ont osé passer à l'acte, à l'ombre des gouvernements islamistes de la Troïka, et je peux en témoigner de par mon implication dans la société civile et les responsabilités que j'ai assumées dans la vie publique.
Que de femmes ont subi les pires exactions et humiliations au nom du retour à la «tradition» !!! Combien parmi ces jeunes filles furent violées, d'autres embrigadées et envoyées aux enfers de la maltraitance sexuelle et morale? On a osé les voiler à l'âge de quatre ans dans ces fameuses écoles dites coraniques et les offrir à la vue cynique et cruelle des «prêtres prédateurs» venus d'un Orient macabre, sous l'œil même de la sinistre ministre des Affaires de la Famille, de la Femme et de l'Enfance, Sihem Badi.
Pour que cela cesse à jamais, il n'y a qu'une voie, celle que vous avez bien choisi avec l'appui déterminé des femmes: la défense de notre modèle de société passe nécessairement par plus de droits aux femmes, plus d'égalité, plus de liberté.
La femme du peuple a aussi voté pour vous
Mais la femme tunisienne, n'est pas exclusivement celle, consciente de ses droits, combattive et qui a su occuper le devant de la scène au Bardo, dans les meetings électoraux ou sur les plateaux de télévision pour faire entendre sa voix et celle de toute une société.
C'est aussi la femme que vous avez rencontrée dans les souks populaires de Bab Souika ou dans les quartiers miséreux de la capitale, dans le monde rural, au Kef, au Krib et ailleurs, là où la femme peine, accablée par mille et une tâches dans le silence et l'oubli.
La pauvreté en Tunisie a bien un visage féminin. Nous l'avons bien compté et étudiée, cette pauvreté au féminin et qui appelle les nouveaux architectes du développement à activer leur imagination pour mettre en œuvre cette économie solidaire et mettre la femme sur la voie de l'autonomie économique; il y va de sa dignité et de la dignité de «son homme», cet éternel chômeur issu des campagnes et qui rode dans les villes en laissant à sa femme le soin de nourrir vieux et enfants.
La tâche sociale et économique vaut autant que celle politique et culturelle en faveur des femmes.
Des choix difficiles et courageux
Monsieur le Président, vous avez gagné la confiance des femmes et vous le méritez.
Cela se traduit par une énorme responsabilité envers les femmes et envers la société.
C'est bien le chemin difficile et passionnant que de continuer l'œuvre historique de modernisation de Bourguiba en lui insufflant un continu nouveau à la mesure des attentes et ambitions.
Vous êtes au cœur d'un choix de société qui a fait ses preuves et auquel s'attache la société. La démocratie naissante et qui complètera l'œuvre sociétale modernisatrice du réformisme bourguibien dont vous êtes le continuateur ne pourra s'épanouir pleinement et durablement que si la femme trouvera son plein épanouissement, parce qu'elle sera la gardienne « féroce » des acquis anciens et à venir.
Mettre en application les principes énoncés dans notre constitution, une égalité complète veut dire le respect du principe de la parité dès les prochaines électorales municipales et régionales. De même dans les administrations publiques et les postes de responsabilités où les femmes, souvent sur diplômées et aussi compétentes continuent souvent à trainer dans les listes d'attente.
Mais aussi la femme artisane ou paysanne continue à affronter les pires difficultés, parce que oubliée de l'Etat qui fut jadis le protecteur et qui se désengage de plus en plus de ses rôles sociaux.
Ces femmes aussi vous ont fait confiance. Elles attendent des initiatives concrètes de la part de votre prochain gouvernement, et c'est possible parce que la société civile, bien avant les experts et les politiques a mille et une propositions à faire pour promouvoir la femme travailleuse en ville et dans les campagnes.
Réactiver des instances comme le Conseil Economique et Social en lui donnant plus de représentativité et vous aurez toutes les propositions pour la promotion sociale de la femme, pour lutter contre le vrai mal, cette pauvreté
«conquérante» qui menace tous les acquis, à commencer par ceux des femmes.
La Tunisie, sans ses femmes ne sera que l'ombre d'une nation. Avec des femmes épanouies, libres et dignes, elle saura être le rempart contre toutes les régressions.
Dalenda Larguèche
Universitaire
Présidente de la Fondation
Nissa pour la Culture et la Démocratie


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.