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2 mars 1934 : le sens d'un anniversaire
Publié dans Leaders le 27 - 02 - 2015

Le Néo-Destour est né, le vendredi 2 mars 1934. Le jour anniversaire de cet événement nous donne l'occasion de méditer sur les choix fondamentaux qui ont amené la Tunisie à briser le joug colonial et lui ont ouvert la voie pour accéder à l'Indépendance. À partir de cette date, l'autorité coloniale a pris conscience de l'existence d'une opinion nationale avec laquelle il lui fallait compter.
À l'apogée de sa domination, au cours des années 20, le pouvoir colonial multipliait ses défis. En 1925, il fit ériger à l'entrée de la rue qui mène à la mosquée Zitouna, une statue du cardinal Lavigerie brandissant la croix. La même année fut marquée par la prise de position de la Commission exécutive du Destour contre la création par Mhammed Ali El Hammi, d'un syndicat national, la Confédération générale des Travailleurs Tunisiens, ce qui entraîna son inculpation pour complot contre la sûreté de l'Etat et son bannissement. En 1930, ce fut la commémoration, à Tunis, du centenaire de la colonisation de l'Algérie. En 1931, les rues de Tunis virent défiler des processions de jeunes catholiques déguisés en Croisés au cours d'un congrès eucharistique organisé dans une tentative de résurrection de l'Eglise d'Afrique. Les Tunisiens vécurent ces événements comme une injure à leur amour propre et un outrage à leur religion.

Le 2 mars 1934, les délégués des 60 cellules destouriennes, réunis en congrès extraordinaire, à Ksar Hellal, petite ville du Sahel, se trouvèrent face à une alternative : poursuivre la lutte contre l'occupant à travers des articles de presse revendiquant l'indépendance totale et immédiate, par un Parti composé d'intellectuels, de commerçants et de gros propriétaires fonciers ou adopter le projet défendu par le groupe des jeunes du journal l'« Action tunisienne », qui consistait à ouvrir le Parti au peuple dans son ensemble avec toutes ses catégories sociales pour en faire une force capable de peser dans des négociations avec l'adversaire. Cette seconde éventualité leur sembla être en mesure d'infléchir la situation. En ce jour mémorable, ils optèrent donc pour une modification de la ligne politique du parti et désignèrent un bureau politique comprenant Habib Bourguiba l'animateur du projet comme secrétaire général, Tahar Sfar secrétaire général adjoint, Mhamed Bourguiba trésorier et Bahri Guiga trésorier adjoint. La présidence ayant été confiée à l'aîné de l'équipe, le docteur Mahmoud Matri.

À l'époque, Bourguiba n'était pas inconnu du public. Depuis son retour à Tunis en 1927, muni d'une licence en droit et d'un diplôme en sciences politiques, il s'était distingué par des articles de presse courageux et des analyses percutantes qui lui avaient assuré une popularité auprès de la jeunesse et des patriotes. Croyant en l'homme comme moyen et comme fin, il était parvenu à la conclusion que, compte tenu du déséquilibre des forces en présence, seul un peuple engagé et une direction sans failles pouvaient avoir un impact sur le moral de l'adversaire. En 1935, il expliqua sa démarche en ces termes : « Il nous apparaît comme certain que la plus grande force qui puisse imposer le respect est la force de cohésion du peuple et de la solidarité de ses membres. C'est une force morale devant laquelle s'incline toute force matérielle et brutale à condition de faire preuve de patience, de ténacité et d'esprit de sacrifice ».

Bourguiba savait que cette conception de la lutte qui passe par le peuple allait être longue et complexe, mais elle était la seule qui pouvait permettre au pays de retrouver sa fierté nationale. Il fallait regrouper le peuple autour d'un idéal de justice et de liberté, le dynamiser, combattre le fatalisme, l'esprit tribal et la résignation, tout en ranimant le goût d'une vie digne. Tâche colossale qui exigeait des qualités exceptionnelles du chef et qui ne donnerait des résultats que dans la durée. Aussi, dès la fin du congrès, Habib Bourguiba et ses compagnons du bureau politique s'élancèrent dans une campagne explicative à travers le pays, de préférence les jours de marché hebdomadaire, pour toucher le maximum de personnes. Ils savaient que le résident général, Marcel Peyrouton, les avait laissé faire dans l'espoir de voir le mouvement national s'épuiser dans des luttes intestines. Ils savaient aussi que le Résident général voyait d'un mauvais œil leur contact direct avec le peuple et que le temps dont ils disposaient était compté. Ce fut une véritable course contre la montre.

Se ressaisissant, le Résident général procéda, le 3 septembre 1934, à la déportation de Bourguiba et de quelques-uns de ses compagnons à Kebili avant de les interner, au bout d'un mois, à Borj Lebœuf. Mais la déportation des dirigeants fut suivie, cette fois, de manifestations populaires que les vagues d'arrestations ne parvinrent pas à réduire. L'agitation perdura jusqu'en avril 1936, date à laquelle Peyrouton fut remplacé par un résident général mieux disposé au dialogue, Armand Guillon. Un mois plus tard, Bourguiba et ses compagnons rejoignirent leur foyer la tête haute, après près de deux années de détention dans des conditions déplorables.

Deux autres épreuves de force ont été nécessaires pour faire parvenir la Tunisie à l'autonomie interne et à l'indépendance.
Pour les vingt années de lutte de libération, Bourguiba paya le prix fort, par dix années de détention et quatre années et demie d'exil. Dans chacune de ces épreuves, la détermination et le comportement digne de Bourguiba, sans haine ni faiblesse, le consacrèrent comme le véritable chef du Néo-Destour.


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