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Prix Nobel de la paix : ayons le triomphe modeste!
Publié dans Leaders le 13 - 10 - 2015

Alors! Après quatre jours de fiesta et d'emballement frénétique suite à l'attribution du prix Nobel au quartet du dialogue national, a-t-on le droit de poser un regard raisonné et dépassionné sur cet événement?
Certes l'événement est réjouissant à plus d'un titre. Tout d'abord, dans le marasme actuel où est plongé la Tunisie et toute la région, cette consécration est la bienvenue. De plus, elle couronne un travail de fond, structuré, méthodique et qui s'est caractérisé par le sang froid et le flegme de ceux qui l'ont mené. Grâce au débat national organisé par le quartet, la Tunisie est revenue de très loin.
Toutefois, l'accueil réservé à cet événement a été marqué par un sentimentalisme exacerbé. C'est devenu hélas une tradition, chaque heure importante de la vie de notre nation n'est plus abordée avec sérénité et modération. C'est toujours " le pathos " qui prend le dessus. Et tant pis pour "l'intellect" qui peut attendre, j'entends ici l'entendement et la capacité de comprendre.
Les réactions démesurées et excessives qui ont marqué les déclarations de certains personnages publics, qui ont rempli les colonnes des journaux et qui ont foisonné sur la toile ne sont pas sans rappeler l'excitation et l'euphorie de janvier 2011. Et qui ont malheureusement laissé place à une amertume et à une déception profondes. Après l'attribution du Nobel, les commentateurs et ce qu'on appelle communément les leaders d'opinion ont usé et abusé de tous les superlatifs pour décrire cet événement. Je crains que leur exaltation et leur jubilation ne cèdent la place à la morosité et à l'abattement dans quelques mois ou à peine dans quelques semaines.
Il ne s'agit pas là, de désacraliser le Nobel, de le présenter comme un épiphénomène ou comme une banalité passagère. Au contraire, c'est un honneur que de recevoir cette récompense prestigieuse. Mais le plus important est de savoir ce que ferions-nous avec? Serions-nous dignes de cette distinction? Car jouer aux excités et aux agités de janvier 2011 du genre : " Nous sommes le meilleur peuple du monde " , " Nous sommes les plus forts ", " Nous sommes les maîtres de l'Histoire " est tout à fait ridicule. Car on sait très bien que ceux-là mêmes qui tiennent ces propos, retourneront le lendemain s'entredéchirer et empêcher que le pays de se relever.
La Tunisie n'a pas besoin d'excités, elle a besoin de gens raisonnables, pondérés et censés, qui savent apprécier cette consécration tout en s'attelant à garantir un avenir meilleur à notre pays.
À quoi servirait-il d'être nobelisé toute en continuant cette descente aux enfers ? Le citoyen lambda qui souffre vu l'état actuel du pays, chômage, inflation, état déplorable de l'école et des établissements de santé publiques, favoritisme, clientélisme, sans parler du niveau lamentable où en sont les rapports humains, les incivilités sont devenues un mode de vie. Allez dire à ce citoyen " Qu'elle est belle cette consécration ", il vous dira que c'est le dernier de ses soucis vu son parcours du combattant au quotidien. Par conséquent, le Nobel doit être un point de départ pour une prise de conscience collective et le début d'un travail acharné afin de sauver la Tunisie. Sinon cette euphorie cédera place à la déception générale.
Et l'histoire de ce prix l'atteste, à titre d'exemple celui de 1994 partagé entre Arafat, Rabin et Peres, a-t-il mis fin à l'interminable conflit israélo-palestinien ? Absolument pas, la situation est plus que jamais tendue. Le Nobel reçu par le président Obama en 2009, a-t-il apaisé notre monde? Absolument pas, les conflits font rage et la bipolarisation a repris de plus belle. La politique de normalisation avec Cuba et l'Iran est bien évidemment positive cependant les foyers de tensions ne manquent pas, le Maghreb, le Moyen-Orient et la Crimée en sont des exemples vivants. Ceci pour dire, que les quatre organisations distinguées doivent avoir le triomphe modeste, qu'aucune d'elles ne doit instrumentaliser ce prix, que les corporatismes doivent impérativement cesser, que le spectacle désastreux offert par une scène politique minée par les luttes claniques doit prendre fin et que le Tunisien qui a tant demandé et exigé pense à donner en travaillant afin de créer la valeur ajoutée. Soyons un peuple modeste, il n'y a que les peuples modestes qui bâtissent des nations prospères.


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