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Hédi Béhi : l'allégeance à l'étranger, voilà le danger mortel qui nous guette
Publié dans Leaders le 07 - 02 - 2018

A peine avons-nous entamé le mois de février que la tension est très vite tombée. Comme par enchantement. A croire que les jeunes contestaires avaient évacué le trop plein d'énergie qui était enfoui en eux dans les manifestations de janvier. Ah ce mois de janvier. Qui pourra nous expliquer un jour les secrets de cette fascination qu'il exerce sur les contestataires. On en était encore aux échanges de voeux que le décor était déjà planté pour un mois de manifestations non stop, de pneux brûlés, de policiers caillassés, d'édifices vandalisés, de magasins pillés, comme si la révolution tunisienne ne répondait pas encore aux standards des révolutions arabes, comme si elle se mesurait à l'aune du sang versé et des spectacles de désolation et non à celle des idées et des changements.
Une fois de plus, le maître d'oeuvre de ces manifestations aura été le Front populaire (et accessoirement, les takfiristes). Il venait d'essuyer un sérieux revers avec une campagne ratée contre la loi de réconciliation et était à l'affût d'un thème mobilisateur pour redorer son blason. Il finira par en trouver un : la loi de finances. Et qu'importe si le thème pouvait paraître abscons à certains, si seulement deux articles étaient en cause. Comme janvier était le mois béni des révolutions, il fallait bien en profiter pour faire bouger les lignes, raviver la flamme révolutionnaire, donner l'occasion aux jeunes de rompre avec le train-train quotidien, la mal vie, donner à rêver aux jeunes, au point de les déréaliser, leur permettre tout simplement de se défouler, d'épancher leur déraison. Le FP promet des lendemains qui chantent le jour où il aura le pouvoir. Sous les pavés, la plage. On ressort les techniques éprouvées de la propagande soviétique : la diabolisation de l'adversaire, la dénonciation de la politique antisociale, l'inféodation au grand capital, au FMI, à la Banque mondiale. Des slogans simples qu'on répète inlassablement,comme «Fech testannaw».
Bien épaulé par des associations de la société civile, le Front investit les plateaux de télévision, les studios de radio, les colonnes des journaux, rameute les journaux étrangers. On invoque le peuple, on divinise Ezzaouali dont le Front s'estime le défenseur patenté. On s'en prend aux «affameurs» des Tunisiens, aux corrompus. On connaît la fascination que le discours égalitariste exerce sur les gens. Celui-ci s'inscrit dans la même veine. Il s'agit, pour paraphraser Lénine, de rendre le sentiment d'injustice que ressentent des millions de Tunisiens plus dur encore en y ajoutant la conscience de cette injustice, en l'exposant sur la place publique. Dans un pays en pleine effervescence révolutionnaire depuis sept ans, le peuple est devenu inflammable à la moindre étincelle. En quelques jours, le pays va connaître une véritable insurrection qui couvrira pratiquement tout le territoire, y compris les régions favorisées.
Jamais, sans doute, un parti n'aura été aussi loin dans la désinformation et le cynisme, d'autant plus qu'il avait voté les deux articles objet de son ressentiment. Dans un autre pays, il aurait provoqué une guerre civile. Et c'est peut-être à ce niveau que nous sommes différents des autres pays arabes. Nous partageons avec eux cette attirance morbide pour la violence et l'autodestruction que nous tenons d'ailleurs de nos ancêtres hilaliens. Mais nous savons jusqu'où il ne faut pas aller trop loin. C'est en quelque sorte la part de sagesse qu'il nous reste des Carthaginois, des Romains et des Byzantins. A chaque fois où nous avons l'impression de déraper, nous nous inventons des garde-fous. C'est le dialogue national, le document de Carthage.
Un dérapage chasse l'autre. Le virus de sédition a muté. Après les manifestations, voici venu le temps de l'allégeance à l'étranger comme au temps des Ben Ayed, Ben Smaïl et du caïd Scemama avant le protectorat. Leurs émules sont partout : dans les partis, dans la presse. Chacun à sa manière, ils contribuent à cette libanisation rampante qui sape les fondements de l'Etat à laquelle, nous assistons. Le sentiment patriotique est comme frappé de ringardise. Nous avons désormais des proturcs, des prosaoudiens, des proqataris, des profrançais qui le clament urbi et orbi et se manifestent sans vergogne dès que les intérêts de leurs protecteurs sont menacés. Souvenez-vous de ces cris de désapprobation hystériques des députés d'un grand parti lors du vote d'une taxe sur les importations de la Turquie à l'ARP. Pae euphémisme, on les appelle «lobbies». Mais pourquoi ne pas appeler un chat, un chat : une cinquième colonne qui représente un danger mortel pour la sécurité nationale.


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