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Mohamed Adel Chehida: le phénomène des Harraga ou l'hémorragie silencieuse de la jeunesse tunisienne
Publié dans Leaders le 29 - 07 - 2020

Par Mohamed Adel Chehida - Serait-ce la faillite de la révolution du jasmin, écrivait hier, sur le journal italien, la Stampa, Domenico Quirico ?
Le 11 juin dernier une barque la nième d'une série avec 51 personnes coule devant les côtes sfaxiennes, avant-hier une autre avec une soixantaine et plus d'une cinquantaine de cadavres récupérés, Tous des jeunes. Des dizaines de barques, 5200 jeunes depuis le début de l'année ont regagné les côtes italiennes.
Exode massif
Un exode massif, qui intéresse des familles entières avec des nouveaux-nés, et des malades alités, c'est particulièrement choquant, mais aussi inquiétant au regard de la classe politique italienne.
Certains hauts cadres du ministère de l'intérieur italien en arrivent même à comparer cet exode, à celui des albanais en 1991, lors de la chute du régime communiste !
Un groupe de «Harragas» s'est particulièrement illustré et aurait ajouté la goutte d'eau qui aurait fait déborder le verre chez les italiens.
C'est le groupe de 11 jeunes tunisiens, dont trois filles, tous vêtus comme des touristes et avec même le caniche tenu en laisse par une blonde.
Après avoir été interceptés par les gardes côtes italiens, tout près des côtes sicilienne, ils et elles ont débarqué par la suite, devant des journalistes italiens en quête de sensations fortes.
C'est ainsi, que le canal Medias et news a fait parler la blonde qui réussissait à parler dans son italien approximatif, enfin assez clairement, pour dire, je cite «y a que des prisons en Tunisie et c'est un pays qui fait vomir»
Et l'un de ses compagnons de voyage a renchérit, en ajoutant, « j'ai quitté mon pays car c'est un pays de M…de » !!!
Bien évidemment, les journalistes italiens se sont payés leurs têtes et leurs accoutrements de Harragas travestis en touristes, avec leurs lunettes de soleil et leur caniche, n'ont fait que raviver les moqueries et la rage des commentateurs, sur les réseaux sociaux en Italie.
Ces jeunes et ces voyageurs irréguliers (pour éviter la parole « clandestins ») seront amassés dans des centres d'accueil pour identification, appelés HOT SPOT, une sorte de prison à ciel ouvert. Celui de Lampedusa jusqu'à hier renferme 850 personnes soit 8 fois la capacité normalement prévue. De temps à autres des jeunes s'échappent et vagabondent dans la campagne tout autours et parfois des litiges entre les immigrés de différentes nationalités.
La droite italienne ne perd aucune occasion pour crier à la catastrophe et au risque de la propagation du Coronavirus. Un Sénateur de Forza Italia suggère au ministre des affaires étrangères Mr Di Maio de convoquer l'ambassadeur de Tunisie à Rome oubliant que c'est la droite européenne qui a déclenché la guerre en Libye ( Sarkozy et Berlusconi).
Devant l'ampleur du phénomène comme d'habitude le ministre de l'intérieur Italien, Mme Lamorgese s'est envolée pour la Tunisie, en une visite éclair, pour rencontrer son homologue tunisien Mr Hichem Mechichi qui s'apprête à former le prochain gouvernement. Mme la ministre été reçue par le président de la république avec la avec la même approche : arrêtez les départs en surveillant les frontières, nous accélérerons les rapatriements et on vous fournira du matériel frégates et des systèmes de contrôles. Mme la ministre devrait savoir que la fermeture des frontières et le plan Frontex consistent seulement à bloquer les tentatives de traversées ne sera jamais la vraie solution.
Myopie et obstination européennes
Il s'agit d'une politique amnésique et myope. Si on laisse de côté la guerre civile libyenne et tous les enjeux régionaux, c'est sur la situation tunisienne post révolution qu'il faut pointer les projecteurs. Tant que la transition démocratique marque le pas et tant qu'il n'y a pas de vrai réformes structurelles sociales, culturelles et économique en Tunisie il y aura toujours des partants. Tout les rapports des experts que se soit en Tunisie ou en Europe (OCSE) vont dans ce sens. Mais 60% des candidats aux départs y renonceront s'ils trouvent un emploi.
Tant qu'il y a ces déséquilibres régionaux en Tunisie, entre les régions côtières, d'une part, et les régions de l'intérieur du pays, de l'autre part, il y aura toujours un exode. Cf. mon article du 2 juillet 2019 la carte de l'injustice en Tunisie (https://www.leaders.com.tn/article/27422-mohamed-adel-chehda-la-carte-de-l-injustice-sociale-en-tunisie)
Cette disparité est toujours persistante, et s'est reflétée pour la nième fois dans les résultats du baccalauréat.
Inégalité et iniquité persistantes
C'est aux responsables européens qu'incombe le changement de paradigme, concernant la gouvernance du phénomène migratoire, en prenant en considération le facteur développement économique au lieu de focaliser uniquement sur la fortification des frontières et la gestion exclusivement sécuritaire du dossier.
Et c'est justement le conseil qu'a donné le président Saïed Kais Saïed à la ministre italienne de l'intérieur, lorsqu'il lui a affirmé que l'approche du tout sécuritaire ne pouvait pas continuer à être la seule clé de gouvernance à opérer et qu'au contraire, il était temps d'adopter une nouvelle approche tenant compte de la nécessité d'apporter des réponses globales et collégiales.


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