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Néjib Ben Lazreg au British Museum : Qu'est ce qui fait le caractère national tunisien ?
Publié dans Leaders le 13 - 10 - 2010

Les amateurs de patrimoine tunisien et universel ont suivi avec beaucoup d'intérêt - et de passion - l'autre jeudi au prestigieux British Museum de Londres, la conférence du Pr Néjib Ben Lazreg, archéologue à l'Institut National du Patrimoine sur l'identité tunisienne.
Les questions d'identité culturelle et le caractère national ont toujours suscité des débats contradictoires et parfois houleux, et les Tunisiens - malgré leur appartenance à une société plutôt homogène - ne font pas exception.
Le débat autour de l'identité tunisienne a touché aussi bien à l'histoire, qu'à la culture, la race, la langue ou aux croyances. Et comme il fallait s'y attendre, il a été "animé" avec des positions opposées, mais sans sectarisme et dans le respect des opinions de chacun, ce qui est en lui-même un trait dominant de l'identité tunisienne.
Dans cette conférence, intitulée «La génèse de l'identité tunisienne, une suite d'échanges et d'enrichissements", le Pr. Ben Lazreg a fait valoir que les caractéristiques actuelles des Tunisiens sont le produit d'un certain nombre de civilisations qui se sont succédé, qui ont régné ou influencé le pays à travers l'histoire. Il fait remonter les premiers signes de la stabilité en Tunisie, qui ont conduit à des effets positifs à long terme au développement de l'agriculture depuis les phéniciens.
Un peuple aux origines diverses
A l'époque, il y avait un "melting pot", a noté Pr Ben Lazreg, qui était plus berbère que Phénicien. Carthage était un endroit très cosmopolite qui avait accueilli les Grecs, les Egyptiens et les Espagnols lesquels ont cohabité en bonne intelligence pendant des siècles et ont fini par se fondre dans un même creuset. Mais, l'invasion romaine a malheureusement mis fin à cet âge d'or. Autre fait intéressant selon le conférencier, les Berbères sont eux-mêmes des peuplades venus d'ailleurs.
Pendant le début de l'ère arabo-musulmane, un brassage s'est opéré entre les différentes ethnies et races arrivés en Tunisie dans la foulée des nouveaux conquérants ajoutant ainsi une nouvelle dimension à la diversité de nos origines qui durera jusqu'à ce jour.
Mais l'influence ne fut pas à sens unique: les Tunisiens ont depuis la nuit des temps apporté leur touche personnelle comme dans la forme carrée des minarets d'Ibn Khaldoun, le «père de la sociologie», a noté Pr. Ben Lazreg.
Cette ère d'échanges a été interrompue par l'invasion espagnole du pays (avec l'aide des Italiens), période pendant laquelle, de nombreux Tunisiens ont été persécutés et forcés de se convertir au catholicisme, jusqu'à ce qu'ils soient secourus par les Ottomans…
Pr. Ben Lazreg a souligné que certaines particularités comme « la tolérance » ou « le rôle important de la femme » ne sont pas spécifiques à notre époque et ont toujours été présentes à travers l'histoire, citant un certain nombre de femmes influentes comme Ellisa (reine de Carthage) ou Fatima al-Fihri et sa soeur Mariam qui ont construit notamment la mosquée des Kairouanais (El Qarawiyine) det la mosquée El Andalous à Fès ou encore Aziza Othmana (qui a construit un hôpital).
Pr Ben Lazreg a également souligné que les Juifs ont joui d'une place privilégiée en Tunisie, surtout comprés à leurs coreligionnaires en Europe. En effet, malgré les nombreuses tentatives des forces coloniales françaises de créer un clivage entre les musulmans et les non musulmans en Tunisie, elles n'égaleront jamais les persécutions vécues par les juifs en France.
Les juifs tunisiens sont largement influencés par la culture tunisienne ainsi que l'attestent l'art juif, les codes vestimentaires et les cérémonies de mariage.
Mais où sont passés les Phéniciens ?
Aujourd'hui, selon Pr Ben Lazreg, les Tunisiens sont attachés à leur tunisianité même si leurs racines sont ailleurs. Ce sentiment de fierté, a ajouté Lazreg, a été renforcé par les gouvernements d'après l'indépendance, qui ont reflété l'histoire diversifiée du pays dans les manuels scolaires, les billets de banque, et les noms de domaines, etc
Partout où vous allez en Tunisie vous trouverez des traces de cette riche histoire: le drapeau ressemblant à celui de la Turquie, les ruines romaines, les bâtiments en bleu et blanc couleurs de l'Andalousie et de la Grèce , le poisson berbère ou le symbole de la Khomsa qui sont censés protéger les gens contre le "mauvais oeil"…
Mais peut-être que le plus important, c'est cette chaleur dans l'accueil , cette tolérance aussi dont l'origine remonte à une histoire partagée.
À la fin de la conférence, le nouvel ambassadeur tunisien au Royaume-Uni, M. Hatem Atallah, a raconté une anecdote : au cours d'une rencontre internationale, un participant lui avait demandé : «où sont passés les Phéniciens?" Réponse de M. Atallah : "vous en avez un, juste devant vous ! "
En Tunisie, le débat sur l'identité est toujours ouvert et il n'y aura peut-être jamais d'accord clair sur ce qui constitue le caractère national tunisien.


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