Mechichi assiste à une cérémonie de salut aux drapeaux tunisien et palestinien dans un collège de Hammam Chott    Kasserine : Cinq terroristes abattus    Tunisie-Othman Jerandi: Israël est une entité coloniale et raciste qui n'a jamais cherché la paix    Près de 600 mille personnes vaccinées contre le coronavirus    Tunisie: L'UGTT appelle à participer massivement à la marche de soutien au peuple palestinien    Covid-19 | Médenine : Un décès et 26 contaminés    Tunisie: L'UGTT organise une série de manifestations en soutien à la Palestine    Tunisie- Kais Saied à l'aéroport de Tunis-Carthage [photos]    Palestine: L'appel des intellectuels tunisiens et figures de la société civile pour la cessation immédiate de l'agression israélienne sur Gaza    Le point sur l'épidémie du coronavirus dans les pays arabes : Mise à jour Du 17 Mai 2021 à 11H00    Classement WTA – Ons Jabeur perd une place    Tunisie: Le PDL organise une manifestation en soutien au peuple palestinien    Tunisie- Un don américain de 500 millions de dollars à l'occasion de l'Aid    Samsung annonce l'élargissement de sa gamme d'appareils Bespoke à l'occasion de « Bespoke Home 2021 »    Festival du livre audio et du podcast en ligne par l'IFT    Tunisie: Tunisair reprend ses vols vers la Libye    Ligue africaine de basketball : L'US Monastir entre en lice aujourd'hui    Hichem Mechichi salue le drapeau palestinien dans un lycée à Hammam Chott    L'ANSI met en garde contre un nouvelle vague de phishing sur Facebook    Huawei HarmonyOS commence à porter ses fruits    Tunisie-CTN: Les mesures sanitaires liées au Covid-19 à bord des car-ferries    Campagne de promotion de l'utilisation du paiement sans contact en Tunisie    Porsche : un résultat opérationnel de 1,2 milliard d'euros au premier trimestre 2021    Tunisie – Météo: Légère baisse des températures    Ines Ayadi : Le vaccin AstraZeneca sera introduit le 21 mai dans les centres de vaccination    La Tunisie prend part à la 6e Semaine mondiale de la sécurité routière de l'ONU    Les producteurs des tomates de Nabeul impactés par la maladie du Mildiou    Tunisie- Béja : Levée du drapeau palestinien dans les collèges [vidéo]    Conseil de sécurité : Toujours pas d'accord sur une déclaration commune    Football | Coupe de la Confédération (1/4 de finale aller) : « Le penalty raté à la mi-temps a été le tournant du match »    Football | Championnat d'Espagne : Zidane va quitter le Real Madrid au terme de cette saison    Tunisie : La meilleure façon trouvée par l'UGTT pour soutenir le peuple palestinien : Avoir plus de martyrs qu'eux !    Le baiser qui n'a jamais été échangé    L'armée israélienne abat un palestinien après qu'il ait foncé sur des soldats    Organisation de « La semaine de la Palestine » dans le milieu scolaire, du 17 au 22 mai 2021    Foot – CAF : Wadii Jari désigné à la tête de la commission médicale    Coupe de Tunisie : Espérance de Tunis-Etoile du Sahel choc des 16e de finale    Israël - Palestine: Terrorisme et résistance    Foot-Europe: le programme du jour    La Tunisie réitère son appui à la cause palestinienne et aux droits inaliénables et indivisibles du peuple palestinien    Festival du livre audio en ligne, une première    Tunis - Manifestation de soutien à la Palestine    Ammar Mahjoubi: La fin de la République et la création du Principat par Auguste    Chedli Klibi : un an déjà    Tunisie: Covid-19 : Le chant de l'espoir et des retrouvailles (clip et spot)    Tfanen organise des tables rondes digitales sur la contribution de la culture au développement durable    Willis from Tunis: 10 ans et toujours vivant    " De la Casbah de Mazara del Vallo à la Petite Sicile de La Goulette " : La longue histoire des échanges entre l'Italie et la Tunisie    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Tataouine, le nouveau roman de Fawzi Mellah: la description des péripéties d'une randonnée dans le grand sud tunisien sans tomber dans le piège de l'orientalisme
Publié dans Leaders le 16 - 04 - 2021

Par Rafik Darragi - Parce qu'il a été l'un des premiers auteurs qui se sont inspirés de l'histoire de Carthage, avec son roman Elissa, la reine vagabonde (Seuil et Déméter), nous avons toujours considéré Fawzi Mellah comme un compatriote établi à l'étranger. A l'instar du poète égyptien Ahmed Shawky qui a été indigné par la manière dont Cléopâtre a été dépeinte par les Occidentaux et qui, pour la glorifier, écrivit La Mort de Cléopâtre, Fawzi Mellah avait voulu réagir contre ce qu'il appellait 'l'onomastique indigne' appliquée à cette figure emblématique de l'histoire tunisienne qu'est Elissa :
«Rien ne rappelle la grande dame. Comment expliquer cette négligence? Comment comprendre cet oubli? Comment accepter cette onomastique indigne? Est-ce parce qu'Elissa était une femme que, dans la pure tradition sémite, les Tunisiens ont fini par effacer jusqu'à son nom?».
En fait, Fawzi Mellah est syrien d'origine, mais il a grandi en Tunisie. De ces deux pays, il a conservé un amour profond comme en témoignent ses œuvres, non seulement Elissa mais également, Le Conclave des pleureuses (Seuil et Céres), où la quête d'identité et l'affirmation des origines phéniciennes de l'auteur courent en filigrane. Tataouine, son nouveau roman, qui vient de paraître aux éditions L'Harmattan se déroule en Tunisie.
Juriste et politologue de formation, Fawzi Mellah a consacré l'essentiel de sa vie à l'enseignement et à la recherche. Aujourd'hui retiré du monde académique, il se dédie entièrement à l'écriture et aux voyages. Après des études de philosophie à Tunis, Fawzi Mellah passe une licence en droit à Lausanne et rédige une thèse de doctorat en sciences politiques à Genève. Enseignant et chercheur, il a enseigné à l'Institut universitaire d'études du développement à Genève et mené des recherches au Middle East Center de l'université de Berkeley en Californie. Il a obtenu plusieurs prix, a été traduit en plusieurs langues, et deux de ses livres ont été portés à l'écran.
Fawzi Mellah avait déjà publié:
• Entre chien et loup (l'Or du Temps)
• Clandestin en Méditerranée (Le cherche Midi)
• Ya khil Salem ou les douleurs fantômes (Déméter)
• Le transfert des cendres (Harmattan)
Dédié à son ami, Rachid Ben Djemia «l'ami, le maître», Tataouine nous plonge dans l'atmosphère particulière du Grand Erg oriental tunisien, «les plus belles dunes du monde» (p.15), en particulier, la région de Tataouine, celle des météorites et des énigmes de l'univers.
Disons-le tout de suite: Fawzi Mellah ne recherche pas l'exotisme. Tataouine n'est nullement un retour nostalgique rappelant l'orientalisme et les célèbres critiques formulées par Eugène Fromentin dans son 'Une année au Sahel'. Contrairement aux orientalistes, Fawzi Mellah, dans Tataouine, se souvient plus qu'il n'invente:
Jacques Grel, professeur d'histoire dans une banlieue de Lyon, avait toujours rêvé d'écrire un livre sur «les relations tumultueuses» que la France a toujours eues avec le Sahara, cet «univers si étrange et pourtant si proche» (p.9)
Malgré les réticences de sa femme, Madeleine, et de son fils, Sylvain, «la petite famille se retrouva…trois semaines plus tard, dans une camionnette caracolant vers on ne sait quelle oasis à la recherche de dieu sait quel campement… Le grand sud tunisien…Terre d'aventures… fanfaronnait l'agence de voyage…» (p.16) Selon le guide, la randonnée commence non à Tataouine mais à Tozeur pour repartir ensuite en direction du sud, d'abord vers Djebil où le chauffeur Brahim retrouve son assistant Gibril, puis vers Haouïdet et sa source aux eaux chaudes. Là, commencent les péripéties. Ismaïl, un jeune homme en colère, rejoint le groupe. Son père se révèle être Brahim le chauffeur.
C'est à partir de là que la peinture psychologique de ces six personnages prend réellement forme, un glissement imperceptible de la réalité à l'imaginaire et vice versa. D'abord les multiples craintes du chauffeur non seulement à propos de « la grande malédiction. Celle qui empoisonnait vraiment la vie des guides et rendait leur travail quasiment impossible. Comment pouvait-on promener les clients, les encadrer et les surveiller, alors que, venant d'on ne sait où, des groupes armés sillonnaient les zones frontalières en semant insécurité et violence ? » ( p.38) Mais également à propos de son fils Ismaïl, depuis l'annonce faite le soir, à la radio, concernant la disparition d'un touriste.
«Le silence d'Ismaïl m'inquiète beaucoup, dit-il, en murmurant… Je n'ai pas eu le temps de m'occuper de lui. Or je sens qu'il y a anguille sous roche. D'autant que les diatribes qu'il m'a sorties récemment contre les Mécréants qui souillent nos terres et les Occidentaux qui exploitent nos richesses ne m'ont guère rassuré.» (p.43)
Doit-on le préciser: c'est justement la disparition mystérieuse des deux jeunes gens, Ismaïl et Sylvain, le lendemain, et ses conséquences plutôt inattendues, qui constituent la substantifique moelle de Tataouine, un ouvrage instructif, agréable à lire.
Fawzi Mellah, Tataouine, Editions, L'Harmattan, Paris, 2021, 178 pages.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.