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Femme Noire de Léopold Sédar Senghor: Chants d'Ombre
Publié dans Leaders le 28 - 06 - 2022

Par Dr Mohamed Salah Ben Ammar - Le merveilleux poème «Femme noire» de Léopold Sédar Senghor (1906-2001) a été écrit au milieu des années 40. Un chant d'amour d'une douceur exquise qui nous chuchote à l'oreille les beautés de la femme africaine.
Ces femmes qui sont les premières à souffrir des guerres, de l'incurie des dirigeants, des femmes qui sont les grandes victimes de la violence des hommes mais qui sont à la fois, mères nourricières, piliers de familles et gardiennes du temple. Pour Senghor elles sont muses inspiratrices et amantes attentionnées. Elles sont source de bonheur et de vie et d'émotion. La sensualité du poème nous emporte dès les premiers vers « Femme nue, femme noire, Vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté ». Une douceur qui sera présente du début à la fin du poème. Senghor célèbre la couleur noire, les formes et les sens, sont ainsi convoqués, la vue, le toucher, le goût et l'ouïe. Ce poème est aussi une ode à une Afrique martyrisée, berceau de l'humanité, une Afrique dont les cultures ont été pillées, encore sous-estimées, méconnues et pourtant elles sont d'une richesse unique.
La beauté de la femme et les plaisirs de l'amour sont évoqués avec finesse. Senghor nous décrit la peau noire enivrante, il en parle avec amour et délicatesse et le dit avec élégance « sombres extases du vin noir » ou encore « les reflets de l'or rouge sur ta peau qui se moire ».
Pour avoir été impressionné par leur force de caractère, leur sagesse, pour avoir été si souvent ému par la beauté et la grâce de la femme africaine, je vous invite à redécouvrir ce chant lyrique, dans l'espoir qu'il aidera certains de nos compatriotes à changer de regard sur leurs sœurs et frères africains noirs :
Femme nue, femme noire,
Vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté
J'ai grandi à ton ombre ; la douceur de tes mains bandait mes yeux
Et voilà qu'au cœur de l'Eté et de Midi,
Je te découvre, Terre promise, du haut d'un haut col calciné
Et ta beauté me foudroie en plein cœur, comme l'éclair d'un aigle
Femme nue, femme obscure
Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui fais lyrique ma bouche
Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses ferventes du Vent d'Est
Tamtam sculpté, tamtam tendu qui gronde sous les doigts du vainqueur
Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l'Aimée
Femme noire, femme obscure
Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de l'athlète, aux flancs des princes du Mali
Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta peau.
Délices des jeux de l'Esprit, les reflets de l'or rouge sur ta peau qui se moire
A l'ombre de ta chevelure, s'éclaire mon angoisse aux soleils prochains de tes yeux.
Femme nue, femme noire
Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l'Eternel
Avant que le destin jaloux ne te réduise en cendres pour nourrir les racines de la vie.


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