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Vient de paraître: «Les Cendres rosacées» de Mohamed Mouldi Kefi
Publié dans Leaders le 11 - 07 - 2023

Les diplomates brillants sont souvent d'excellents écrivains. Ils peuvent parfois se révéler être des poètes talentueux. C'est le cas de Mouldi Kéfi dans son nouveau recueil de poèmes intitulé Les cendres rosacées paru aux éditions Leaders. Diplomate de carrière, ancien ambassadeur de Tunisie au Nigeria, en Russie et en Indonésie avant d'être nommé ministre des Affaires étrangères en 2011, il se ressource dans la musique classique, le jeu d'échecs, la lecture et l'écriture. Nouvelliste, romancier et poète, Mouldi Kéfi promène une plume raffinée pour exprimer des sensations fortes.
Dans les 34 poèmes du recueil, il traite d'une large variété de thèmes allant de sa région natale du Kef au continent africain, en passant par Bourguiba et d'autres immortels, Sabra et Chatila, des figures marquantes de la résistance palestinienne, et autres.
En bonnes feuilles, nous avons choisi son poème intitulé «La Perle Al-Doura». Un poème très significatif comme nous l'explique le poète lui-même.
Quand les grands se déchirent dans un couple, ce sont les enfants qui paient les pots cassés. A une échelle plus large et s'agissant de pays et de nations, les petits ne sont pas non plus épargnés lorsque les adultes commencent à s'entretuer. Mais généralement, ils sont ce qu'on appelle des "dommages collatéraux", sauf s'ils sont sciemment et délibérément ciblés. Comme ce fut le cas en cette journée néfaste du 30 septembre 2000 à Nezarim en Palestine occupée. Jamel Al-Doura, tenant par la main son fils Mohamed, âgé seulement de douze ans, se dépêchait de rentrer chez lui, quand soudain une pluie de feu s'abattit sur eux. Les balles fusaient de partout, le père fut blessé, mais l'enfant décéda sur le coup et alla rejoindre les milliers de martyrs palestiniens qui n'en finissent pas de tomber sur le champ d'honneur depuis que leur terre leur a été spoliée, volée et confisquée en 1948.
Près de trois ans plus tard, au mois de mars 2003, c'est une jeune juive américaine âgée de 23 printemps qui subira le même sort, mais cette fois-ci écrasée par un bulldozer de l'armée israélienne. Son crime : s'opposer à la démolition des maisons des pauvres hères palestiniens.
Dans les deux cas, des sycophantes pharisiens ont essayé de dénaturer la réalité et de masquer la vérité, sans succès. Certains sont allés jusqu'à reprocher à la jeune militante d'être venue de sa lointaine Amérique en Palestine. En poussant plus loin leur raisonnement, on pourrait se demander également ce que ses compatriotes plus âgés étaient venus faire en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale et pourquoi avaient-ils libéré les camps de concentration ?
Heureusement que l'écrasante majorité des honnêtes citoyens du monde entier avaient été sidérés, horrifiés par les images insoutenables diffusées par les chaînes de télévision. Révolté par cette odieuse barbarie, j'ai couché sur le papier quelques vers à la mémoire des deux martyrs comme je l'avais fait suite au bombardement de Sakiet Sidi Youssef et au massacre perpétré à Sabra et Chatila. Tels deux joyaux scintillant au firmament, La Perle (Mohamed Addoura) et Le Corail (Rachel Corrie), vous illuminez la voie de l'espoir de voir un jour juifs, musulmans et chrétiens vivre en paix sur la terre qui a vu naître les trois religions monothéistes.»
Les cendres rosacées
- Poèmes -
Du Mohamed Mouldi El Kefi
Editions Leaders, 2023,
116 pages, 20 DT
Disponible en librairie et sur www.leadersbooks.com.tn
Bonnes feuilles
La Perle (Al-Doura)
Adossé au mur de pierres
Couvert de mousse et de lierres
Branlant, fissuré et délabré
Chancelant, lézardé et incliné
Miroir de son propre destin
Et celui des Palestiniens
Ayant perdu leurs illusions
Leurs rêves et leurs chimères
De vivre un jour dans leur Etat
Etait accroupi ''Jamal Al-Doura '' !
Il sanglotait en silence
Acceptant en la maudissant
La terrible et injuste sentence
Infligée par les '' puissants ''
Qui ont exécuté son enfant
Exilé ses parents
Emprisonné ses frères
Rasé sa vieille maison
Et confisqué ses terres.
Le corps criblé de plomb
Venait d'avoir douze ans !
Ses yeux scrutaient le firmament
Et le visage cendré de son père
Un sourire d'ange narguait,
Titillait et énervait
Le quarteron monstrueux
Aux regards hargneux
Qui fulminait et vociférait
En s'acharnant sur un pubère
Un olivier, une masure et un gueux .
Leurs rires sinistres et narquois
Leurs gestes vils et sournois
Couvraient le bruit assourdissant
Des lamentations et des déflagrations
La face livide, labourée de sillons
Larmes limpides, acides et salées
Perles nacrées, finement taillées
Aux reflets opalescents et irisés
Coulant sur ses joues meurtries
Le cœur écorché, les bras dodelinant
Il s'efforçait de serrer le corps sans vie
De son petit, chétif et frêle garçon
Contre sa poitrine blotti.
De gros rubis couleur cramoisie
Ornaient ses doigts ramollis
Les gouttes de sang dégoulinaient
Sur son pantalon crasseux et rapiécé.
''Ils'' les avaient cyniquement mis en joue
Puis ont commencé à les canarder!
''Ils'' hurlaient comme des loups
Par l'odeur du sang alléchés
Mais qui sont donc ces fous ?
Ont-ils diantre perdu la raison !
Et toute humanité, toute humilité
Sont-ils possédés ou juste des démons?
Visant à bout portant
Un père et son enfant !
Mais d'où viennent-ils ces désaxés?
Leurs yeux sont froids et bleus
Leurs cheveux blonds et soyeux
Des manchots ou des pingouins
Egarés en plein désert !
Ou bien des dromadaires
Perdus dans le froid sibérien ?
Venus de plusieurs contrées
Ils ont envahi ce lopin de terre
Et par la force illégalement occupé
Portés à bout de bras par leurs ''parrains''
Ils ont tué ceux qui y ont toujours vécu
En affirmant être le ''peuple élu''
Mais par qui donc ? Pardi !
Nombreuses sont leurs victimes
Parmi lesquelles le martyr
''Mohamed Al-Doura ''
Dont l'unique et impardonnable crime
Etait celui de vouloir demeurer là
Sur le sol qui l'a vu naître
Ainsi que sa famille et ses ancêtres
N'est-il pas un descendant de Sem
Aïeul d'Abraham et fils aîné de Noé
Dont le berceau et le tombeau
Ne peuvent être que Jérusalem
Capitale devant l'Eternel
De la Palestine !
Avec son esplanade des Mosquées
Beau, rare et unique joyau …
Leur impitoyable bourreau
Aboya des ordres sans broncher
A ses phalanges assassines
De viser le gosse et de l'achever
Le vieux peut être épargné
Car il appartient au passé
Et pour garder cette rapine
Il faut massacrer son avenir
Le rayer, le biffer, l'anéantir !
Ce peuple qui rechigne à partir
Qui résiste, lutte et s'obstine
Malgré les nombreux "Dyr Yassine''
Doit impérativement mourir
Là réside la seule issue certaine
Et même si cette jeune écervelée
Rachel, la juive américaine
Viendrait pour les soutenir
Les défendre ou les aider
Elle ira les rejoindre sous terre
Ecrasée par un bulldozer !
Mise en pièces, en charpie
Broyée, disloquée, ensevelie
Douce et brave Corrie,
Ta place est au Paradis !
Assis sur le sol boueux
De sa bicoque délétère
Suintant la misère
Avili, avachi et prostré
Abattu, accablé et humilié
Par tant de sadisme et de cruauté
De barbarie et de brutalité
''Abou Mohamed'' priait
Le visage tuméfié tourné
Vers le Tout-Puissant :
''Dieu du ciel, Clément
Magnanime et Miséricordieux
J'implore Votre Pardon
Et si, par faiblesse, j'ai péché
Accordez-moi Votre Grâce
Sinon prenez-moi à sa place
Quitte à me damner
Pour toute l'éternité
Et laissez vivre mon enfant


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