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Une profession en mal de reconnaissance
Publié dans Le Temps le 18 - 12 - 2016

La Tunisie compte 2031 sages femmes. 75% des sages-femmes recrutées dans le secteur public sont affectées dans les structures de première ligne. Parmi elles, 607 exercent dans les hôpitaux de circonscription et 888 dans les centres de santé de base. Toutefois, si ces effectifs sont en progression constante, les variations du nombre de femmes en âge de reproduction desservies par une sage-femme interpellent. En effet, il est passé de 1 pour 1800 en 1992 à 1 pour 1500 en 2014 avec un pic de 1 pour 693 en 1999. Dans la première ligne, ce ratio est de 1 sage-femme pour 217 femmes en âge de reproduction. La réglementation de la pratique de sage-femme en Tunisie est une composante qui appelle à un grand renforcement.
La sage-femme est submergée par la surcharge de travail et, surtout, par le manque d'encadrement. Il lui arrive de faire le travail de médecins ou d'infirmières, pour la prise en charge des femmes hospitalisées au niveau des maternités. Dans la plupart des pays, les sages-femmes sont les professionnelles médicales autonomes ou spécialistes reconnues de l'accouchement pendant la durée de vie reproductive de la femme. Le ministère de la Santé ne considère pas la mission de la sage-femme comme un métier à part entière et une spécialité médicale disposant d'une éthique et de lois spécifiques. La législation tunisienne considère la sage-femme comme un technicien supérieur en gynécologie ou un cadre para- médical alors que le métier de sage-femme est une spécialité médicale avec une responsabilité particulière
Les sages femmes réclament leur statut !
Le métier de sage femme est noble, plein de valeurs humaines, de générosité, de dévouement, d'altruisme, c'est donc par vocation qu'on choisi généralement de devenir sage–femme. Le projet de statut et de la pratique de sage-femme qui pourrait constituer un instrument d'encadrement peine à voir le jour. La profession est actuellement à la croisée des chemins d'où l'intérêt de réfléchir de concert sur les priorités de ce métier. Cette profession ne bénéficie pas du même statut reconnu à l'échelle internationale d'où l'absence de la Tunisie de la Confédération Internationale des sages-femmes. Cette défaillance est aussi ressentie dans les rapports de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) qui exigent 6 sages-femmes pour mille accouchements alors que nous ne comptons que deux sages-femmes pour mille accouchements. Pour le commun des mortels, il n'y a aucune différence entre une infirmière, une accoucheuse ou une sage–femme.
Les sages femmes exigent la mise en vigueur de la décision de la commission de législation générale à l'ANC, prise le 17 décembre 2013, et portant sur l'attribution d'un statut aux sages femmes. Leur profession ne se réduit pas à la pratique des accouchements. Elle consiste également à assurer la surveillance prénatale, la préparation à l'accouchement et le suivi à domicile des femmes et des nouveau-nés en cas de sortie précoce de la maternité. Côté formation, les sages femmes exigent l'amélioration des compétences et la reconsidération de la formation de base. La sage-femme ne semble pas avoir d'identité dans le corps médical, tantôt associée au paramédical, tantôt associée au corps médical. L'absence de statut régissant la profession ne la protège pas de manière effective de tous les aléas de son métier. Pourtant, ces professionnelles ont un apport important dans la réduction de la mortalité maternelle et infantile


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