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A la recherche des choix délicats
Publié dans Le Temps le 28 - 02 - 2017

Un colloque national pour la relance du tapis et des tissages ras a été tenu à Gammarth le 23 février 2017. Ce colloque important a été organisé par le Centre Technique du tapis et tissage ras sous le titre : (tapis et tissage de la région pour la région), commémorant ainsi le dixième anniversaire du Centre.
Le colloque devait en outre examiner les résultats auxquels ont abouti toutes les études réalisées jusque- là, entre autre celle réalisée par le C3T sur le même thème. Les actes du colloque ont débuté par une allocution succincte de Madame Salma Elloumi Rekik, Ministre du Tourisme et de l ́Artisanat où elle a introduit le colloque dont le mérite à consister à regrouper presque quatre cent personnes entre professionnels, institutionnels, architectes, artistes et historiens d ́art. Tout ce beau monde se connaissait déjà et se retrouvait ensemble avec plaisir. Les présents ont été invités en suite à rejoindre, à leur choix, quatre ateliers sans avoir examiné comme cela était prévu dans le programme les résultats de l ́étude du C3T. cela fut relevé et ne fut pas du goût de certains experts présents qui n ́ont pas apprécié l ́opération esbroufe qui a tenté d ́occulter les débats sur l ́étude et ses résultats et spécialement sur le projet de relance, un projet stratégique sur le redéveloppement durable du tapis et tissage ras dans notre pays. En fait ce qui a été occulté c ́est de savoir quel modèle de redéploiement va-t-on adopter pour sortir de la crise qui frappe lourdement le tapis et tissages ras en Tunisie. Allons-nous opter pour le libéralisme sauvage qui a vu le démantèlement de tout le système de gestion de l ́Artisanat et de l ́ONA. Le remodelage du système va-t-il restaurer le rôle de l ́Etat pour que le Centre Technique retrouve les missions anciennes de production, de commercialisation et de promotion qui étaient celles de l ́ONA. Les mesures libérales n ́ont pas été très bénéfiques pour le secteur. Le rapport de C3T ne semble pas avoir répondu toujours à cette problématique. Habib Ben Mansour, après avoir constaté tout cela va essayer de répondre à nos nombreuses questions.
Habib Ben Mansour a accompagné durant très longtemps l ́aventure du tapis et tissage en Tunisie (Production, commercialisation et création). Il a collaboré avec sept PDG de l ́Office National de l ́Artisanat et obtenu un contrat de 100.000 m2 par an. Mohamed Kraiem, ancien PDG, avait dénoncé ce fabuleux contrat qui annonce le déclin progressif. Quelques années plus tard, avec feu Mohamed Masmoudi Hbm a relancé l ́exportation du tapis en tenant compte des attentes du marché international.
Comment appréciez-vous tous ces colloques et particulièrement celui du 23 Février ?
Il faut réellement souhaiter au colloque du 23 février 2017 toute la réussite qu ́il mérite car depuis une vingtaine d ́années les colloques se suivent et n ́apportent rien de nouveau. On glisse sur les études et on réitère les recommandations sans pouvoir arrêter la dégradation de la situation du tapis. Il semblerait qu ́il devienne urgent de déterminer les raisons de la chute de ce secteur. Ce colloque présidé par Madame Salma Elloumi Rekik pourrait réussir s ́il était plus ́ ́transparent ́ ́ à poser réellement les vrais problèmes et à indiquer les voies du salut et de la relance du secteur. Je suis, quant à moi, prêt à chercher avec les intéressés les raisons de la crise et également les moyens pour en sortir. La crise du secteur est déjà ancienne et existait au niveau de l ́ONA. On aurait pu mettre en place, alors qu ́il était encore temps une véritable réforme, une relance du tapis exigé par l ́évolution rapide du marché mondial sans recourir à la liquidation des missions productrices et commerciales dont l ́ONA avait la charge. Malheureusement cette institution n ́avait pas pu sauver la situation en tenant compte des nouveautés dans le monde. On a choisi de vouloir trouver une solution en créant, en dehors des structures de l ́ONA, un Centre Technique. En fait ce Centre était dépourvu de moyens budgétaires et humains nécessaires. En outre sa mission limitée consiste juridiquement à sauvegarder le tapis et tissage traditionnels sans prévoir une extension juridique de sa mission dans le sens de la modernisation de la production qui aurait pu relancer le secteur en utilisant design, matériaux nouveaux technologiques. Je reste persuadé que le mal qui gangrène la branche ne pourrait trouver une issue favorable que dans la parfaite entente, la coopération et le respect mutuel entre les deux institutions. Mais ces vœux pieux n ́ont pas arrêté la crise qui s ́installe, perdure, et qu ́il faudrait trouver avec les intéressés les fondements de la réussite. Notre but est de restituer la renommée de nos produits en mettant en œuvre nos propositions et celles des autres experts. Je souhaite rappeler une citation connue de J.F.Kennedy « Chaque période de trouble de l ́histoire ouvre une brèche d ́espoir, et la seule chose certaine et inchangeable est que rien n ́est certain ni inchangeable. » ... Tout cela pour dire que la période de trouble que nous vivons aujourd ́hui doit nous permettre d ́élargir la brèche d ́espoir afin de rétablir l ́équilibre et la richesse de notre patrimoine et de promouvoir notre créativité et notre capacité d ́innovation mobilisant aussi nos nombreuses compétences existantes.
Quel serait votre programme pour que le Centre Technique puisse jouer un rôle efficace?
Je propose la réalisation d ́un programme de neuf points :
1- Faire en sorte que le Centre Technique assure l ́orientation d ́un développement de l ́innovation et de la compétitivité à valeur durable qui devrait satisfaire les générations présentes et futures tout en veillant à l ́équilibre entre les villes et les campagnes.
2- Développer et diffuser des technologies et des usages dans le secteur du tapis en adoptant notre production aux tendances lourdes du marché mondial- matériaux, techniques, designs, colorations , pour tenir compte des nouveaux besoins et de la concurrence.
3- Définir et mettre en œuvre deux programmes de tissages distincts, l ́un pour maintenir, sauvegarder et enrichir les traditions de notre patrimoine, et l ́autre pour tenir compte des goûts et tendances européennes, asiatiques et américaines.
4- Développer et définir une expertise et une analyse prospective auprès des petites entreprises familiales tissant tapis et surtout klims et dont la majorité ne possède pas toujours les notions économiques ni celles de l ́innovation compétitive sans lesquelles on aboutirait à une production mal confectionnée, à des marchandises de rebut et à des stocks invendables.
5- Le Centre ne devrait pas rester un simple bureau administratif et proposer seulement de simples recherches et de lancer quelques tissages urgents sollicités par les autorités.
6- Le Centre devrait passer des conventions avec les ateliers performants et autres teintureries et laboratoires divers, tout comme avec des filateurs pour adapter et essayer de produire des filés inconnus en Tunisie et pourtant utilisés par les pays concurrents.
7- Le Centre devrait solliciter une aide efficace auprès des différentes fondations dont celle de Konrad ADENAUER, des nombreuses institutions européennes et internationales.
8- Lancer la production du Handtuft, un nouveau produit de luxe que tous les pays ont déjà longtemps adopté. Il s ́agit là d ́un emploi tout à fait indiqué pour les diplômés des Beaux Arts.
9- Relancer le tissage des brocarts et autre ajar précieux, aujourd ́hui disparus et pourtant encore recherchés par les spécialistes de la haute couture.
Habib Ben Mansour passionné de tapis et tissages ras, connaissant à fond le secteur aussi bien national, maghrébin qu ́international nous ébahit par sa vaste connaissance des choses par la clarté de l ́analyse et la transparence des propos. Il nous fait aboutir à des propositions pratiques et immédiates sans aucune confusion ou contradiction avec ses propres termes de référence afin de réhabiliter et relancer la production et l ́exportation.


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