La grande vedette de la chanson tunisienne Soufia Sadok revient sur la scène mythique de l'opéra à la cité de la culture après des années d'absence. La diva a réussi à conquérir le public grâce à un savant mélange de lyrisme, de technique et de modernité, conférant à ses chansons, une dimension enjouée et entrainante. Souriante et radieuse, elle a assuré son show devant un auditoire émerveillé. Durant toute la soirée, Soufia a offert à ses fans le meilleur de ses créations qui ont fait rêver plus d'un.. Par son charisme, son énergie et la qualité de sa prestation scénique, l'artiste a rapidement conquis le public. Un public qui lui a réservé un standing ovation à l'issue d'un concert exceptionnel. Accompagnée d'une vingtaine musiciens dirigés par le maestro Nabil Zamit, elle a ébloui le public par sa voix douce, son timbre particulier et sa sensibilité. Considérée par la presse, comme une voix envoûtante et déchirante, qui emporte par son timbre exceptionnel les plus fins connaisseurs du domaine, Sofia a démontré l'étendue de son jeu. Pratiquement à chaque chanson, elle fait participer le public. Elle y mettait toute son énergie et toute sa sensibilité. Aussi, était-ce avec une aisance et un entrain remarquables qu'elle a gratifié l'assistance de ses grands succès. Tout le monde a découvert ce soir une chanteuse apaisée et épanouie. Ses tubes « Watahla Yalali » « Merassili » et « Kadaouna » » qui suivent ont suscité un grand engouement que la chanteuse et l'orchestre vont décupler en se lançant dans une musique plus enjouée, et plus rythmée. Ses compositions sont aussi savoureuses, entraînant le spectateur dans l'essence de la culture tunisienne , riche en rythmes et en mélodies, s'abreuvant au contact toutes les cultures du bassin méditerranéen qu'elle porte, également, dans sa voix angélique. Le public a eu droit à un beau voyage à travers les tonalités musicales tunisiennes mais orientales. Sofia faisait monter d'un cran la température du théâtre pour enchaîner ensuite avec « Men El Ghorba Malina » « Aoufouni » et «Habel» repris en chœur par le public, totalement conquis. Noyée dans un véritable tonnerre d'applaudissements, la chanteuse récidive avec un cocktail tunisien communiquant son enthousiasme à l'assistance et créant des moments forts de communion musicale. La premi-re partie de la soirée a permis au jeune chanteur syrien Aboud Barmada de montrer toute l'étendue de son talent et de rentrer comme ses prédécesseurs par la grande porte. En effet, tout au long de sa brillante prestation, il a fait montre de maîtrise et mis en avant ses capacités vocales, en excellant dans les Mouwachahates et Koudouds Halabiya (chants d'Alep). Aboud a vraiment laissé une grande impression chez beaucoup de ses fans qui sont venus pour le voir. On a eu droit à une ambiance très festive où presque toute l'assistance chantait en chœur les morceaux halabis très réputés dans tout le monde arabe. Ces morceaux qui ont résonné dans la salle de l'opéra furent accompagnés avec virtuosité par les musiciens de l'orchestre, sous la direction du célèbre chef d'orchestre Nabil Zamit. Cette soirée a été aussi, pour beaucoup de passionnés d'admirer la debka syrienne bien concoctée par des danseurs syriens et d'apprécier ce genre musical syrien , un moment de nostalgie rappelant le grand Sabah Fakhri qui a séduit, durant de longues années, le public tunisien. Mais il est sûr que Aboud assure la relève et représente magnifiquement le patrimoine syrien comme en témoigne les Mouwachahates « Yamor Ojba » « Ya bahjet Rouh » et les maouls « « Ya mali Cham » « Kadouk El Mayes » Aalin Moulayatin » Bref ; Sofia et Aboud ont entraîné le public dans une transe joyeuse. Une soirée qui valait vraiment le détour.