Kamel Laabidi: conviction et désenchantement    Commissions bancaires en Tunisie... Entre 200 et 300 dinars par an pour le compte courant    Service national 2026...Qui est concerné par la première session ?    Pluies intenses et instabilité... ce qui attend le Maroc et l'ouest algérien    Météo Tunisie : ciel dégagé et hausse des températures ce mardi    2026 : Ramadan et Carême coïncident pour une convergence spirituelle    La Souveraineté à l'ère de l'Intelligence Artificielle: au-delà des serveurs, une architecture de choix    Aux frontières de l'harmonie perdue: cycles civilisationnels et destin des sociétés à la lumière de Ibn Khaldoun    Andropause: sortir du silence    OMS Tunisie et Alliance Tunisienne Contre le Tabac : 30 jours / 30 épisodes pour arrêter de fumer    Mövenpick Hôtel du Lac Tunis dévoile sa campagne spécial Ramadan 2026 : "لوتيل – Loutil", l'hôtel qui nous rassemble    Ramadan : 2 079 infractions économiques relevées en Tunisie    Alignement de six planètes le 28 février : un phénomène rare visible à Tunis    Vivez une expérience Samsung Galaxy Camera fluide pour une création de contenu facile    Météo en Tunisie: temps peu nuageux, températures stationnaires    Le Stade Tunisien demande les enregistrements du VAR    Le paradoxe de la primauté du matériel informatique dans la région MENA : pourquoi nous privilégions les boîtes sur l'intelligence    L'Espérance réclame des explications sur les décisions arbitrales    L'empreinte des siècles sur le Maghreb: Quel potentiel unitaire?    La Marsa en deuil : Décès du Dr Slim Meherzi, pédiatre de cœur et ancien maire    Un nouveau livre de Faouzia Farida Charfi : Lettre à mon petit-fils sur l'islam d'aujourd'hui    Ouvrage Les plus belles mosaïques de Tunisie : l'art ancestral de la mosaïque à l'honneur    11.000 tonnes sur le marché, mais l'huile subventionnée reste introuvable    Leila Shahid: une vie à raconter la Palestine au monde    Annonce officielle des arbitres pour le derby tunisien    De Tunis aux plus hautes sphères : le parcours exceptionnel de Rachid Azizi dans son livre « Un sur un million »    Attijari bank célèbre la transmission et les liens intergénérationnels au sein de la diaspora avec une campagne baptisée "يعيش فينا رمضان" à l'occasion du Ramadan 2026    La Voix de Hind Rajab primé au gala Cinema for Peace à Berlin, Kaouther Ben Hania refuse la récompense    Ahmed Jaouadi et Ahmed Hafnaoui brillent aux Championnats SEC : la natation tunisienne au sommet aux USA    Ramadan en Tunisie: entre spiritualité et gourmandise (Album photos)    Visa Schengen 10 ans : qui pourra en bénéficier ?    Zoubeida Khaldi: Ce cavalier    Iran : Guerre probable, versus, paix improbable ?    Qui est Anne-Claire Legendre, la première femme à réinventer l'Institut du monde arabe ?    Arabie Saoudite annonce le début officiel du Ramadan 2026 avec le Qatar et les Emirats    Festival Gabès Cinéma : Afef Ben Mahmoud à la direction    CIVP : vers une augmentation de l'indemnité des stages en Tunisie    La sélection tunisienne de judo senior remporte 11 médailles au tournoi international Tunis African Open    Conférence de Munich 2026: l'Europe face au duel Washington–Pékin    Anis Lassoued : ''Enda a été le déclic qui a permis à Moez de briser les chaînes du silence''    De la culture générale (II): l'apport arabe à la Renaissance européenne    Le tennisman tunisien Moez Echargui se qualifie pour les quarts de finale du Challenger de Pau    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    L'Université de Tunis El Manar et l'Université japonaise d'Hiroshima signent un accord de coopération    Mondher Msakni: L'orfèvre    Israël intensifie sa politique d'annexion et de colonisation en Cisjordanie    ATMEDIA lance la première session de formation sur l'intelligence artificielle pour les journalistes    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Tripoli dénonce un énième "coup d'Etat"
Publié dans Le Temps le 29 - 04 - 2020

Le Gouvernement d'union nationale (GNA) basé à Tripoli a dénoncé un énième "coup d'Etat" du maréchal Khalifa Haftar, au lendemain de la proclamation par l'homme fort de l'Est qu'il disposait d'un "mandat du peuple" pour gouverner seul ce pays en proie au chaos.
Accusé par ses détracteurs de vouloir instaurer une nouvelle dictature militaire en Libye, près d'une décennie après la chute du régime de Mouammar Kadhafi, le maréchal Haftar, qui contrôle l'est mais aussi une partie du sud, a annoncé lundi soir le transfert du pouvoir à son autoproclamée armée, disant "accepté la volonté du peuple et son mandat".
M. Haftar, qui tient sa légitimité d'un parlement élu basé lui aussi dans l'est, n'a pas précisé auprès de quelle institution il avait reçu "mandat". Il n'a pas non plus expliqué les implications politiques de son annonce : le parlement et le gouvernement parallèle dont il est issu vont-ils être dissous ? Selon une source proche du dirigeant libyen, il s'apprête, pour le moins, à annoncer un nouveau gouvernement.
Lundi soir, le maréchal Haftar a également annoncé "la fin de l'accord de Skhirat", signé fin 2015 au Maroc sous l'égide de l'ONU et dont est issu le GNA, basé à Tripoli, dans le nord-ouest du pays.
En réaction aux propos du haut-gradé, le GNA de Fayez al-Sarraj a dénoncé une "farce et un nouveau coup d'Etat", "qui s'ajoute à une longue série".
En 2017, M. Haftar avait déjà assuré que l'accord de Skhirat avait "expiré". En 2014, il avait affirmé dans un discours à la télévision qu'il allait prendre le pouvoir, mais son annonce était restée sans suite.
M. Haftar, qui tente depuis un an de s'emparer militairement de Tripoli, veut par son annonce "dissimuler la défaite de ses milices et mercenaires" et "l'échec de son projet dictatorial", a argué le GNA, en allusion aux récents revers des pro-Haftar.
"La décision de Haftar d'officialiser son contrôle direct sur l'est (...) est un signe de son désespoir croissant face aux succès du GNA dans l'ouest", juge aussi Hamish Kinnear, analyste pour la société de conseils Verisk Maplecroft.
Forts du soutien turc, les forces du GNA ont repris il y a deux semaines aux pro-Haftar deux villes stratégiques de l'ouest et cernent Tarhouna, la plus importante base arrière du maréchal, à une cinquantaine de kilomètres au sud-est de Tripoli.
Au fil des mois, les ingérences armées étrangères ont exacerbé le conflit libyen, avec les Emirats arabes unis et la Russie dans le camp Haftar, et de l'autre la Turquie et son aide croissante au GNA.
Mardi, Moscou a toutefois pris ses distances avec la démarche du premier : "nous n'approuvons pas la déclaration du maréchal Haftar selon laquelle il décidera unilatéralement de la façon dont le peuple libyen vivra", a réagi le chef de la diplomatie, Sergueï Lavrov, lors d'une conférence de presse en ligne. Aucune des parties rivales "n'aide à trouver un compromis stable", a-t-il déploré.
Washington et l'Union européenne ont aussi condamné, les Etats-Unis regrettant la "suggestion" de M. Haftar, encore qualifiée de démarche "unilatérale".
La cheffe par intérim de la mission de l'ONU (Manul), Stephanie Williams, n'a fait aucun commentaire, mais elle devait s'entretenir par téléphone avec le président du parlement dans l'Est, Aguila Salah, pour traiter d'une relance du processus politique.
A l'image du pays, le pouvoir législatif est divisé entre une institution pro-Haftar, à Tobrouk (est), et un autre hémicycle qui lui est hostile à Tripoli.
Dans sa condamnation de la démarche du maréchal, le GNA a relevé que l'homme fort de l'Est s'était "retourné contre les instances politiques parallèles qui le soutenaient et l'ont désigné" chef de l'armée, invitant les députés concernés à "rejoindre leurs collègues" de la capitale.
Mas, selon Jalel Harchaoui, de l'Institut Clingendael à La Haye, si Khalifa Haftar exige maintenant que l'Assemblée "se soumette entièrement à l'armée", seule "une toute petite partie des élus de Tobrouk" sont susceptibles de rallier Tripoli.
Par cette annonce d'une prise de pouvoir par le peuple, Haftar veut s'imposer comme le seul interlocuteur dans l'est et évincer tout acteur favorable au dialogue, avance pour sa part Emad Badi, expert à l'Atlantic Council.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.