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Fakhfakh, de Charybde (Carthage) en Scylla (le Bardo)
Publié dans Le Temps le 15 - 05 - 2020

Covid-19 ? « Connais pas ! » Du moins, la classe politique tunisienne fait l'exception (encore une !). Alors que, presque partout dans le monde-en dehors de l'hérétique M. Trump- Exécutifs et Législatifs transcendent leurs guerres intestines, chez nous, tout se passe comme si la pandémie ne concernait pas la classe politique, toutes composantes confondues. Plus frustrant encore : la pandémie, dont un Macron disait qu'elle constitue une opportunité pour se réinventer et pour créer de nouvelles solidarités, représente, plutôt chez nous, cette variable démasquant les équations à plusieurs inconnues des partis politiques, de leurs projets tendant à déstabiliser encore davantage les frêles équilibres institutionnels.
Où sont les citoyens dans tout cela ? On a bien cultivé en eux le syndrome de la survivance. On leur a fait miroiter le spectre des années noires qui les attendent. On les a confinés et l'on se propose de les confiner. Qu'ils se contentent de leur « droit à la vie ». Le reste, se fait et se fera sans eux. Les politiques réfléchiront à leur place. Au fond, Paul Valery avait raison : « La politique, c'est l'art d'empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde ».
Nouveau bloc parlementaire autour de Fakhfakh ?
Or, maintenant, les desseins crûment avérés se révèlent à l'opinion publique. Cette opinion publique dont on a tendance à faire abstraction, mais qui est bien réelle. Cette opinion publique, ce n'est pas les partis. Pas les élites non plus. Pas forcément les ONG et les instituts de sondage. L'opinion publique est une bombe à retardement : d'où les frayeurs de nos décideurs, si bien vissés dans leurs maroquins, face aux rumeurs tenant à une potentielle « désobéissance civile » dont le bouillonnant Seifeddine Makhlouf a crié au loup. Le loup ? Ce serait, à ses yeux, ce Kaïs Saïed qui va ameuter les foules, qui n'en rate pas une pour dénoncer « le système », qui est même allé jusqu'à dénoncer le complot de ce projet de refonte de l'article 45 interdisant le « nomadisme parlementaire » et qu'il juge anticonstitutionnel. Mais, là aussi, en quoi cela concerne-t-il ce peuple en proie à des défis existentiels ?
Parce que l'enjeu réel, c'est le pouvoir. La mainmise sur les institutions de l'Etat. Un sournois conflit d'intérêts dont l'épicentre reste toujours cette Assemblée qui n'est en rien représentative de la sensibilité populaire, qui est incapable de générer, justement, ces nouvelles solidarités et qui se délecte dans ses divisions, dans ses conflits idéologiques, dans un spectacle avilissant offert chaque jour aux yeux d'un peuple sans voix. Quelque part, ce peuple l'aura voulu : c'est bien lui qui est allé aux urnes, après s'être laissé bercer de promesses et d'illusions. Du côté des faiseurs de chimères, comme de celui qui y croient, on appelle ça « cupidité ».
Du coup, il aura suffi de démêler le fil d'Ariane pour, enfin, dégager le fin mot de l'histoire. Pourquoi cette frénésie à vouloir concocter la refonte de l'article 45 ? Parce qu'Ennahdha flaire un putsch parlementaire dont l'architecte serait précisément Elyès Fakhfakh, lequel Fakhfakh ressent maintenant le besoin de s'aliéner un nouveau bloc parlementaire, idée émanant vraisemblablement de Jawhar M'barek, le tacticien de service à la Kasbah. Or, quand on dit Jawhar M'barek, on dit aussi Kaïs Saïed : ce bloc parlementaire projeté serait-il, au final, le prélude, plutôt, la plate-forme préparant le terrain à l'avènement du parti du Président ? C'est l'axe Carthage/ La Kasbah, un peu en sourdine ces derniers temps, qui en serait rétabli.
Ghannouchi et l'alignement des planètes
A l'évidence, comme mentionné plus haut, Ennahdha a flairé la combine. Dans un communiqué (le 14 mai dernier) signé : Rached Ghannouchi -qui monte ainsi au créneau- Ennahdha dénonce les agissements de certaines parties œuvrant à former de nouvelles coalitions au sein du Parlement. Pour elle, cela revient à « des machinations susceptibles de nourrir l'hostilité. » Pour elle, le succès du gouvernement, dans cette guerre contre la pandémie, dépend de la confiance tenant à un consensus parlementaire axé sur un programme national dont nul ne sera exclu. Reprenant le leitmotiv qu'elle dépoussière systématiquement quand elle a le sentiment d'être en péril, elle remet au goût du jour sa vision du « consensus », cette manœuvre ayant embobiné un vieux loup comme le défunt Béji Caïd Essebsi. C'est sa tactique guerrière de l'attaque, puis du repli. « Al Karr oual farr ». Maintenant, divine providence, après avoir conspué Qalb Tounes, en l'excluant dans toutes les tractations autour du mort-né gouvernement Jemli, elle veut le réintroduire dans les circuits gouvernementaux. Echange de bons procédés tout au plus : sans Qalb Tounes, Rached Ghannouchi ne serait pas au perchoir. Il a même paraphrasé Mitterrand en commentant ce deal : « seuls les imbéciles ne changent pas d'avis ». Ce deal a même valu une sédition à Qalb Tounes, sédition qui profite à Ghannouchi pour vassaliser ce qui en reste, en plus de l'alignement de Seifeddine Makhlouf aux concepts du Cheikh et qui est a pour mission de contrer Abir Moussi et, à un degré moindre, Samia Abbou. Bonne division du travail ! Voilà donc, que Rached Ghannouchi appelle à élargir la ceinture gouvernementale à Qalb Tounes, dans une volte-face qui en dit long sur l'état d'isolement dans lequel il s'est retrouvé-en interne et en externe- au crépuscule d'une vie politique, crépuscule qu'il n'admettra jamais.
Qalb Tounes, pour sa part, monte au créneau aussi : il appelle à un gouvernement de Salut national. Soit dit, en passant, que l'on ne saurait toujours pas comprendre les motivations d'Elyès Fakhfakh ayant conduit à l'exclusion du deuxième parti au vu du résultat des urnes, de la formation gouvernementale. Mais, on le sait quand même : il s'est aligné sur le mot d'ordre de ce « puritain » de Kaïs Saïed et subi les pressions d'Attayar et de Tahya Tounes, auquel il doit quand même quelque chose….
Il reste que le Chef du gouvernement campe sur sa position : pas d'élargissement de la ceinture gouvernementale. Pour lui, le consensus a déjà montré ses limites. Il l'a dit sur France 24, quoique nous eussions, plutôt, préféré qu'il s'y prononce en interne, pour que l'opinion publique soit invitée au débat.
Parce que, finalement, il n'est plus, lui non plus, sûr de la fiabilité et de la cohésion de son actuelle coalition gouvernementale. Réunir ses ministres autour d'une table de l'Iftar (rupture du jeûne) n'est toujours que symbolique. Et, à la fin des fins, cette impression de force tranquille qu'il donne, ce côté hermétique qu'il renvoie, ne cachent-ils pas, chez lui aussi, le sentiment d'être seul ? Seul et démuni dans ce tiraillement entre Charybde (Carthage) et Scylla (le Bardo) ?


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