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Pays divisé entre «le syndrome conspirationniste» de Saïed et le cynisme de Ghannouchi
Publié dans Le Temps le 09 - 08 - 2020

p class="p1" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 13px; line-height: normal; font-family: "Myriad Pro";"LE TEMPS - Raouf KHALSI p class="p1" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 13px; line-height: normal; font-family: "Myriad Pro";"C'est la foire aux vanités. Et, pire que tout, la scène politique est assaillie par l'exhibitionnisme et les démonstrations de force. Paysage politique surréaliste même où il n'y a guère de place pour une approche salvatrice pour le pays et encore moins de programmes quand bien même Hichem Méchichi répèterait à l'envie que son programme est déjà ficelé pour mettre à flôts l'économie, urgence première, avant de passer à la deuxième phase, c'est-à-dire le sauvetage. p class="p1" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 10px; line-height: normal; font-family: "Times New Roman";"S'il prétend pouvoir le faire avec les mêmes mécanismes, les mêmes approches de cette dernière décennie, il faut bien croire qu'il se leurre. Parce que l'environnement politique asphyxiant, la pléthore du populisme et la radicalisation des positions des partis, toujours aussi empêtrés dans leurs querelles idéologiques, tout cela n'augure rien de bon. A lui seul, Hichem Méchichi ne pourra pas faire front. Et, soyons logique, un gouvernement qui rompt avec une décennie de partitocratie n'a pas vraiment de grandes chances de survivre aux tiraillements entre les partis. p class="p2" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 10px; line-height: normal; font-family: "Times New Roman"; min-height: 11px;" p class="p3" style="text-align: center; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 12px; line-height: normal; font-family: "Times New Roman";"Dites-nous « qui », M. le Président ! p class="p1" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 10px; line-height: normal; font-family: "Times New Roman";"Quand bien même ce gouvernement décrocherait le vote de confiance du Parlement, il se retrouverait à en découdre, chaque jour et à chaque projet de loi, avec le négativisme qui sévit au Parlement, cet hémicycle qui ne fait que tirer les impératifs de sauvetage du pays vers le bas. p class="p1" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 10px; line-height: normal; font-family: "Times New Roman";"De surcroît, les partis eux-mêmes sont dans une logique de survie. Et, surtout, au vu des résultats des élections de 2019. S'ils s'arrangent pour que le futur gouvernement Méchichi obtienne l'investiture, c'est qu'ils redoutent que Kaïs Saïed ne décide la dissolution de l'ARP et qu'il ne convoque de nouvelles législatives. p class="p1" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 10px; line-height: normal; font-family: "Times New Roman";"Ils ont la conviction que les électeurs, au mieux, ne commettront pas les mêmes erreurs, ou, au pire, déserteront carrément les urnes. Ils sont même en train de jauger un autre risque. C'est-à-dire que le Président n'opte pour la solution du pire : ne pas dissoudre le Parlement au cas où le gouvernement Méchichi ne passe pas, et laisser les choses et les institutions en l'état. En somme, une gestion pour une durée indéterminée, quitte à aller jusqu'au bout de l'actuelle législature, confiée aux bons soins (les mauvais soins) du gouvernement des affaires courantes et avec un chef de gouvernement intérimaire puisque Fakhfakh doit partir. p class="p1" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 10px; line-height: normal; font-family: "Times New Roman";"Avec Kaïs Saïed, on peut s'attendre à tout, en effet. Quitte à faire perdre un temps précieux, vital même pour le pays, pour ses institutions, le Président ne rechignerait pas à opter pour cette solution du pire. p class="p1" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 10px; line-height: normal; font-family: "Times New Roman";"Il ne se reconnait pas dans ce paysage politique. Il n'aime pas cette classe politique, pas plus qu'il ne saurait consentir à une cohabitation avec Rached Ghannouchi. p class="p1" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 10px; line-height: normal; font-family: "Times New Roman";"Là où il va, en effet, il remet sur le tas ses thèses du complot contre l'Etat. Une fois, ça passe. Deux fois à la limite... Mais, là, cela devient systématique. A Amdoun, après la vague d'incendies, il dénonce un complot fomenté par « certaines parties ». Auparavant, le dimanche 2 Août à Mahdia et à Sfax, rampes de lancement de la migration clandestine, il a encore identifié « ces mêmes parties » derrière cette saignée qui ne date pas d'aujourd'hui. C'est que l'Italie a adressé de véritables remontrances à la Tunisie. Lors de cette houleuse nuit du 21 au 22 juillet où il a fait un périple nocturne entre la caserne des forces spéciales de l'Armée à Menzel Jamil et le ministère de l'Intérieur, il a laissé entendre qu'un complot contre l'Etat a été déjoué. p class="p1" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 10px; line-height: normal; font-family: "Times New Roman";"Complot par ci, complot par-là, richesses spoliées au détriment du peuple : Kaïs Saïed est en effet dans sa logique électorale. Et, pour garder et préserver son propre réservoir électoral, il se comporte encore en candidat. Le candidat du peuple. L'antisystème. Les complots qu'il voit partout et qu'il dénonce comme pris par un « syndrome », doivent certainement avoir du vrai. Mais, au moins, que le Président dise au peuple qui sont derrière. Par ricochet, il y a à craindre que Méchichi n'en subisse le transfert psychologique et que sa gouvernance n'en soit conditionnée. Quelque part, Kaïs Saïed ne facilite pas la tâche à son poulain. p class="p4" style="text-align: center; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 12px; line-height: normal; font-family: "Times New Roman"; min-height: 15px;" p class="p3" style="text-align: center; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 12px; line-height: normal; font-family: "Times New Roman";"Ghannouchi et l'art de la subversion p class="p1" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 10px; line-height: normal; font-family: "Times New Roman";"Méchichi entre le marteau Saïed et l'enclume Ghannouchi, c'est déjà évident. Voilà que, vraisemblablement requinqué par son « miraculeux » maintien au perchoir de l'ARP (et encore, ce n'est pas fini puisque Samia Abbou annonce une nouvelle initiative de retrait de confiance) Rached Ghannouchi durcit le ton dans son discours à l'occasion de la « Mouaaida » (les vœux des composantes d'Ennahdha à l'occasion de la fête du sacrifice). On se rappelle bien les commentaires tout mielleux du Cheikh et de ses suppôts à la désignation de Méchichi pour former le futur gouvernement. Ils se sont même dit prêts à collaborer sous quelque formule que ce soit. Et hop ! changement de discours ! p class="p1" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 10px; line-height: normal; font-family: "Times New Roman";"Rached Ghannouchi déclare, en effet, que ce gouvernement ne saurait être en dehors de la sphère politique, et cela s'entend par la représentativité des partis majeurs au Parlement. Et, miracle de l'éternelle duplicité du discours, il fait injonction pour que Qalb Tounes soit représenté au sein du gouvernement, oubliant que c'est bien Ennahdha (et Kaïs Saïed, au moins un point de convergence) qui avait mis un point d'honneur à ce que le parti de Nabil Karoui soit exclu du gouvernement Fakhfakh. On sait ce qui s'est produit par la suite. Ghannouchi n'a pu obtenir la présidence de l'ARP que grâce au vote massif de Qalb Tounes. Et, donc, dans la logique des alliances, dans la logique des échanges de bons procédés, Ghannouchi exige la mise sur pied d'un gouvernement où ses satellites seraient représentés, et le tout enrobé de cette formule subversive de « gouvernement d'unité nationale ». Histoire aussi de pousser Attayar et Achâab dans l'opposition, si ce gouvernement à la sauce nahdhaouie venait à voir le jour. p class="p1" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 10px; line-height: normal; font-family: "Times New Roman";"Ghannouchi affirme même regretter le consensus avec Nidaa Tounès, consensus dont il a dit qu'il a failli vider le Mouvement de sa sève islamiste ! Rien de moins. Passe encore pour ses péremptoires prophéties sur les salaires, l'électricité et l'eau, prophétie apocalyptique démentie par Marouane Abassi, Gouverneur de la Banque Centrale. Quelque part, Ghannouchi imite Saïed : la psychose. Sauf que, par ces manœuvres, Ghannouchi veut dire
qu'Ennahdha a des solutions aux problèmes socioéconomiques du pays. p class="p1" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 10px; line-height: normal; font-family: "Times New Roman";"En tous les cas, il remet sur la table ce conflit de légitimité qui l'oppose au Président. Et il ne lâche pas prise. Pour lui, la démocratie se traduit par le pouvoir parlementaire. Ennahdha et ses satellites ont même fait une démonstration de force à l'occasion du vote d'un projet de loi (préparé par ses soins) instituant le recrutement dans le secteur public des sans-emplois dont le chômage dure depuis un certain temps. Recrutements directs, sans passer par les concours, qui s'étalera sur quatre ans et qui concernera entre 60 mille et 150 mille sans-emplois. Noble initiative en la forme. Les opposants d'Ennahdha se sont même retrouvés obligés de voter pour. Mais sur le fond, Ennahdha se refait une popularité, c'est son but. Quitte à transgresser l'article 63 de la constitution qui stipule que les initiatives législatives des députés ne sauraient être acceptées si elles provoquaient un dérèglement dans les finances de l'Etat. Il n'y a pas de Cour constitutionnelle pour en évaluer la constitutionnalité. Or, ces finances sont asséchées. Et, par ailleurs, si la loi de finances 2021 ne comportait pas cette disposition, on s'imaginerait bien l'ampleur des manifestations de protestations qui en découleraient. p class="p1" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 10px; line-height: normal; font-family: "Times New Roman";"Vrai traquenard en somme pour Méchichi. Tirer un pays ingouvernable vers le haut, c'est même plus difficile à réaliser que les sept travaux d'Hercule. En fait, le chef du gouvernement désigné devra gérer l'ingérable entre les mystères du Président et les manœuvres de Ghannouchi. Assis entre deux chaises : très mauvaise posture. Il se rangera bien dans la droiture de Kaïs Saïed. Mais, déjà, Harouni lui a lancé une fléchette : « Nous attendons de toi que tu sois chef du gouvernement, et non simple premier ministre ! » ...En somme, Ennahdha fera tout pour placarder Kaïs Saïed ! p class="p1" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 13px; line-height: normal; font-family: "Myriad Pro";" p class="p5" style="text-align: right; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 10px; line-height: normal; font-family: "Times New Roman";"R.K.

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