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FOUTAISES face à la pandémie, cette impitoyable faucheuse !
Publié dans Le Temps le 11 - 01 - 2021

p class="p1" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 13px; line-height: normal; font-family: "Myriad Pro";"Le Temps - Raouf KHALSI p class="p2" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 11px; line-height: normal; font-family: "Myriad Pro";"L'image est récurrente. Ce que font nos politiques et notre chère bien-pensance renvoie à un événement historique : en plein siège de Constantinople par les forces turques, les religieux byzantins étaient occupés à discuter de la question théologique sur le sexe des anges. Selon le Larousse, cet épisode a donné naissance à l'expression « querelle byzantine ». p class="p2" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 11px; line-height: normal; font-family: "Myriad Pro";"Le sexe des anges, chez nous, c'est le conflit institutionnel. Les querelles byzantines sont matérialisées par les enjeux futiles autour d'un leadership auquel personne ne peut prétendre dans l'absolu. Les guéguerres à teneurs partisanes supplantent le seul véritable enjeu, et cet enjeu n'est ni plus ni moins que la lutte contre la Covid-19, cette grande faucheuse. Et le plus grave dans tout cela, c'est que cette lutte pour la survie de nos concitoyens est comme banalisée par les politiques. Du coup, l'on enregistre bien les ressentiments des scientifiques dont les thématiques sont en décalage avec celles-étriquées- de ceux qui nous gouvernent.
Voilà que l'on s'étripe. Voilà que l'on se livre bataille autour de prérogatives mal définies. Voilà que le Parlement, supposé être l'antre de la démocratie, bascule dans le populisme. Nous sommes donc entrés de plain-pied dans « Le siècle du populisme », tel que décrit Pierre Rosanvallon dans son ouvrage du même titre. Nous y avons même précédé Trump : « désenchantement démocratique, inégalités galopantes, constitution d'un monde des invisibles ». Sur ce plan, nous pouvons nous targuer de jouer un rôle d'avant-garde. La covid-19, Sidi Mehrez s'en occupera....
La seule, l'unique Raison d'Etat
Il aura suffi que le Président de la république réunisse le ministre de la Santé et le comité scientifique anti-Covid-sans la présence du Chef du gouvernement- pour que l'on s'occupe juste des détails futiles. Le Président est dans son rôle lorsqu'il convoque des ministres ou des hauts commis de l'Etat. L'absence de Méchichi, pour une raison ou pour une autre, s'inscrit dans l'ordre normal des choses et ne pouvait prêter à équivoque. Et, d'ailleurs, la même journée, le Président recevait le Chef du gouvernement. L'heure n'est plus aux bras-de-fer. L'heure n'est plus aux déclarations stratosphériques, ni aux répliques stériles. Tout juste, Saïed a-t-il fait comprendre à Méchichi que « l'Etat n'est qu'une seule et unique entité ». Il insinuait donc que les deux têtes de l'Exécutif sont condamnées à transcender leurs conflits et qu'il faut bien, maintenant, redonner toute sa dimension à la Raison d'Etat.
Raison d'Etat ? Cela va outre ce Dialogue national improbable. Cela va outre les alliances et les contre-alliances politiques et, pour tout dire, politiciennes.
Si le Président a ré-atterri sur « la planète Tunisie », c'est qu'il intègre (enfin !) la dimension dévastatrice de cette pandémie prenant aujourd'hui le visage d'un destin tragique et ricanant à la fois. À la faveur aussi des instabilités gouvernementales.
Il fallait aussi écouter le comité scientifique qui n'est plus en symbiose avec le ministre de la Santé. Celui-ci ne veut pas tout dire aux Tunisiens. Le comité scientifique, lui, réclame davantage de prérogatives. Il entend assumer son rôle : une force de proposition et aussi une force d'interposition. Kaïs Saïed n'a pas omis de lancer quelques fléchettes en direction de l'administration pour son laxisme face aux violations des protocoles sanitaires. En revanche, il emboite le pas aux terrifiantes déclarations du Directeur général de l'OMS tenant à l'iniquité dans la distribution des vaccins et le dumping exercé par les pays riches au détriment des pays vulnérables. Et voilà que le Président enclenche « la diplomatie sanitaire », chargeant le ministre des Affaires étrangères d'établir des ponts de collaboration avec les pays frères et amis. Il recommande aussi de diversifier les commandes de vaccin et, sans le dire ouvertement, il pousserait vers les exemples marocain et algérien. En d'autres termes, attendre que le vaccin Bio NTech/ Pfizer daigne arriver à la fin du deuxième trimestre, c'est se résigner à comptabiliser nos morts au jour le jour. Plus que jamais aujourd'hui, il nous faudra nous mettre au diapason de l'OMS qui appelle à conjurer la prééminence des pays riches par l'adhésion aux dispositifs mis e place : l'Accélérateur ATC et le Covax vers lequel s'était tourné, il faut l'avouer, Hichem Méchichi en personne.
Trêve donc, de palabres, de coups en dessous de la ceinture et de tiraillements politiques, alors que la grande faucheuse est en train de sévir en rase campagne.
Et si Ghannouchi s'autoévaluait !
Hichem Méchichi ne perd pas pour autant ses marques. Il s'occupe-très légitiment-de politique aussi. Il réunit ce qu'on appelle « les composantes de sa ceinture parlementaire », chose qu'il fait fréquemment depuis son investiture et depuis que Kaïs Saïed a donné l'impression de le désavouer. En fait, il l'a fait.
Et comme pour enfoncer le clou et s'assurer que le Chef du gouvernement est définitivement domestiqué par cette « ceinture », Rached Ghannouchi ne rate pas l'occasion d'y aller de ses commentaires et de remettre sur la table ce satané remaniement ministériel. Et, là aussi (décidément) on s'interroge sur le sexe des anges. Gouvernement politique ? Gouvernement de technocrates jouissant d'une ceinture politique ? En donneur de leçons et croyant que sa parole est encore « divine » comme des temps où il verrouillait le pays, le Président de l'ARP parle de « rendement » et « d'évaluation des prestations » des ministres. Ceux dont le rendement est jugé « faible », devront en définitive quitter le gouvernement.
Il serait plutôt inspiré de se juger lui-même, d'évaluer son propre rendement à la tête d'une Assemblée du peuple clochardisée et vouée, par ses bons soins, au clientélisme, au traitement inégal réservé aux blocs parlementaires et à l'exclusion.
Tiraillements avec le Bloc démocrate pour une banale question de principe. Refus total de considérer que sa bête noire (Abir Moussi) est elle-aussi élue tout comme son Bloc par le peuple. Qui est plus nocif : Abir Moussi ou Seifeddine Makhlouf ? Et, au final, qu'est-ce qui fait tant courir Ghannouchi vers cet improbable Dialogue national, si ce n'est se refaire une virginité à travers Noureddine Taboubi ? Il est vrai, comme l'a titré notre journal dans une précédente édition, que Ghannouchi est entre le marteau et l'enclume...
Par les temps qui courent, et à ce point de délitement des équilibres socioéconomiques, ce Dialogue qui se place lui-aussi à l'enseigne de l'exclusion, n'aboutirait à rien, si ce n'est rééditer les mêmes causes à effets. Et puis, il est déjà détourné des objectifs que lui avait assignés la Centrale syndicale. En aucun cas, le Quartet ne sera réédité. Le contexte est en effet différent. Et, de surcroît, avec cette pandémie meurtrière. Ce Dialogue risque aussi, dans l'immédiat, d'infléchir un certain immobilisme dans l'action gouvernementale, alors que Méchichi a choisi de tout faire à la fois : jouer aux sapeurs-pompiers pour éteindre les feux des revendications sociales (3387 mouvements sociaux ces derniers mois) et, en même temps, enclencher les grandes réformes. Il vient d'ailleurs de provoquer un retour de flamme avec le FMI aux injonctions desquelles le pays ne saurait contrevenir. Car il s'agit de lever de toute urgence 18 milliards de dinars pour renflouer l'économie et dont 14 millions viendront de l'étranger. Sans le FMI, le pays hypothéquerait son sort aux mains des usuriers.
Urgence sanitaire, urgence économique, urgence sociale : la gageure lourde d'avenir consiste à satisfaire à ces trois axes. Tout le reste, toutes les déclinaisons politiciennes ne seraient que désastreuses.
Ce n'est pas un remaniement qui va miraculeusement apporter la thérapie à nos maux. Parce qu'il faut aussi briser les blocages. Cent projets de lois sont bloqués à l'Assemblée présidée par Rached Ghannouchi. Et alors, de quel rendement parle-t-il ? De quel remaniement ? Et de quel Dialogue national ?
A croire qu'ils se sont tous imprégnés de l'histoire de Constantinople...
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