Ça tournait à l'aigre-douce, sous la coupole de l'ARP, comme la petite musique, discordante, d'une mandature, ô combien controversée ! Mais les choses ont pris une toute autre proportion, et failli échapper à tout contrôle, depuis que la violence physique est venue se superposer aux violences verbales au Bardo., lorsque des élus d'Al Karama s'en sont pris à des élus du Bloc Démocrate, créant ainsi une secousse sismique, et pas seulement à l'ARP. Plus que s'y superposer, cette violence est venue se greffer au discours, ouvertement haineux de la coalition -Al Karama-, sûre, de ne jamais être inquiétée pour ses outrances, et encore moins condamnée, par le parti de la présidence, dont, Makhlouf et associés constituent les enfants « turbulents » et chéris, d'un Ghannouchi qui, il n'y a pas si longtemps, à moins que l'on ait la mémoire courte, y reconnaissait, avec nostalgie, sa propre jeunesse. En guise de modèle, il faut le reconnaître, l'on peut trouver mieux... Fallait-il passer l'éponge, lorsque d'autres enjeux, majeurs, sont sur la table des négociations, et que le pays, malmené plus qu'à son compte, depuis dix ans, se retrouve aujourd'hui, incontestablement, et selon tous les indicateurs socio-économiques, mais aussi sécuritaires, à son virage le plus dangereux ? La présidente du PDL, et par suite, des élus du camp démocrate, avaient compris, l'intérêt majeur, de dénoncer ces dangereuses dérives, lesquelles pouvaient créer, un précédent, autrement dangereux, et avaient amorcés une lutte au « coude-à-coude », avec le président de l'Assemblée, pour l'obliger à dénoncer, de façon officielle, les violences perpétrées par les élus d'Al Karama, sur leurs collègues du bloc démocrate. Ce à quoi le Sieur Ghannouchi, aura préféré, d'abord, opposer un « niet » glacial et sans appel, en faisant la sourde oreille, et en refusant de se prononcer sur cette grave affaire. Il a manqué qu'un drame soit sur le point de connaître son nœud gordien, pour qu'il se résigne, avant-hier, vendredi 15 janvier, à enfin, reconnaître, officiellement, en les condamnant vigoureusement, les écarts, inadmissibles, de ses alliés d'hier : Al Karama. Une condamnation de la violence dont ils ont fait montre, sans concession. Une première, dans ce champ truffé de mines qu'est devenue l'ARP, depuis que sa présidence a échoué à Rached Ghannouchi. Une première, qui vient récompenser l'opiniâtreté et la persévérance d'une Abir Moussi, avec qui on peut ne pas être d'accord sur tout, mais dont on ne peut que saluer, la courageuse initiative, d'exiger l'arrêt de la séance qui se déroulait alors, devant le danger encouru, par Samia Abbou, qui menait, depuis cinq jours, une grève de la faim, et dont l'état de santé, s'était très gravement détérioré, selon le médecin de l'ARP. Samia Abbou, ainsi que deux députés du même bloc, qui étaient aussi, en grève de la faim, avaient refusé d'être hospitalisés. Le drame a été évité de justesse. Les justes causes, doivent, toujours, avoir le dernier mot... Ce qui s'est joué, ce dernier mois à l'ARP était crucial. Une victoire en ramènera une autre. L'Etat de Droit était en jeu.