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Une nuit aux urgences de l'hôpital de l'Ariana
Reportage
Publié dans Le Temps le 15 - 04 - 2008

C'est archi connu, l'hôpital de l'Ariana est fréquenté par la plupart des Tunisiens souffrant de problèmes respiratoires et ce, en dépit de l'implantation dans tous les hôpitaux du pays de services de pneumo traitant comme il se doit ces atteintes fort gênantes.
C'est aussi le cas de l'hôpital Razi à la Manouba qui focalise l'attention en ce qui concerne les maladies mentales alors que les services de psychiatrie sont essaimés dans toutes les institutions hospitalières.
Samedi dernier nous avons passé une grande partie de la nuit au service des urgences de l'hôpital de pneumo de l'Ariana.

*Affluence frénétique, vrais et faux malades, accompagnateurs irascibles et personnel débordé...
Le débit des malades était impressionnant et incessant. Mais chose curieuse, pratiquement de rares quintes de toux fusaient ça et là de la part des consultants. Est ce à dire qu'ils n'étaient pas gravement malades ? bien sûr que non ! Mais comme le disait fort bien justement feu Ahmed Kaâbi, un éminent cardiologue, plus le vrai malade souffre, d'autant plus qu'il intériorise sa douleur.
Abstraction faite de deux ou trois cas constituant de fausses urgences, tous les autres étaient des malades lourds, graves. Ils débouchaient en trombe dans l'urgence à la recherche salvatrice de...l'air. Oui, pratiquement tous suffoquaient, mais avec dignité. Et ils déballaient succinctement au corps médical et le diagnostic et le traitement adéquat. Asthmatiques, emphysémateux, insuffisants respiratoires chroniques, « accourent » en quête de ce miraculeux cocktail revigorant qu'on leur administre sous forme d'aérosol associé il va sans dire à la fameuse injection intraveineuse. Le spectacle est hallucinant, des malades agglutinés et accrochés à leur diffuseur dont le masque leur bouffe la moitié du visage tels des extra-terrestres. Au bout d'une petite heure de soins intensifs, ils reprennent un aspect normal avec une coloration à peu près correcte de leurs téguments et extrémités qui étaient cyanosés au départ. Et ils vous révèlent tous et sans la moindre hésitation qu'ils sont des grands fumeurs depuis bien longtemps. Promettent de cesser de fumer mais une fois la crise circonscrite, tout le monde sait à quoi s'en tenir à leur sujet ; ils se précipiteront vers le premier débit de tabac avec d'autres crises à venir. Demain il fera jour qu'ils se disent
Manque de volonté ? Faiblesse ? Oubli des moments difficiles ? Défaitisme ? Un mélange de cela en fait.

Quelques anomalies
Durant ces heures à l'Ariana, nous n'avons pas manqué de relever quelques anomalies qui freinent la bonne marche du service :
Trois pièces contenant au total six lits. Tous occupés par des malades sérieux. Et d'autres patients moins vernis entassés sur des chaises à proximité de leur appareil d'aérosol. Pourquoi cet encombrement ? pour la simple raison que dans tous les services de l'hôpital, pas la moindre place disponible, pas le moindre lit vacant ! Le surveillant général, en prenant son service de nuit a fait personnellement sa ronde de tous les étages, rien !
Les labos de radio et d'analyses étant assez loin, une seule ouvrière faisait la navette durant toute la nuit amenant prélèvements sanguins et accompagnant les malades à la radio et ce, qu'il fasse beau ou qu'il pleuve des cordes.
Un seul infirmier aidé à l'occasion par le surveillant général se démenant comme un beau diable entre l'accueil, l'inscription des patients, les prises de sang, l'administration des soins( aérosol), la pratique des enregistrements cardiaques ECG.
La plupart des malades ne pouvant point marcher parce que suffoquant terriblement, une seule chaise roulante à leur disposition les ramenant de leur voiture.

La sécurité n'était nullement assurée ; avec des accompagnateurs à bout de nerfs, et qui déversent leur courroux sur le corps médical et paramédical. Le surveillant général et l'infirmier interviennent pour calmer les esprits.
Deux médecins de garde ce soir là, travaillant sans discontinuer nous ont quand même révélé leur préoccupations : « nous sommes obligées de faire avec les moyens de bord. Certains malades doivent être hospitalisés mais nous n'y pouvons rien et nous devons quand même les garder ici à l'urgence dans des conditions de fortune sous notre surveillance car nous ne pouvons nullement les lâcher dans la nature.
Les médicaments manquent atrocement surtout les antibiotiques et vraiment nous devons faire des acrobaties pour parvenir à traiter surtout les malades venant seuls, donc leurs parents ne peuvent aller leur acheter les médicaments. Nous nous dépensons à fond (et nous avons eu à le constater de visu) mais c'est l'organisation qui bat de l'aile. Nous ne nous sentons pas suffisamment protégées et sommes exposées aux aigreurs de certains parents des malades. Mais avec le nouveau service des urgences en construction, nous espérons que les choses s'amélioreront. »

Oui mais d'ici là, les malades continueront à souffrir le martyr, le seul infirmier à voltiger comme un forcené entre les trois salles, la pauvre ouvrière à s'exposer aux intempéries au risque de revenir plus tard non plus comme faisant partie du personnel de l'hôpital mais comme une malade à hospitaliser, les parents à se quereller pour l'unique chaise roulante et les patients atteints à veiller assis sur des chaises en lieu et place de lits autrement plus reposants. Il n'empêche qu'il est utile de rappeler les patients et leurs accompagnateurs à une certaine réserve pour aider le cadre médical et paramédical à exercer leur devoir. En effet, il n'est pas normal que l'on veuille rester avec les patients, que l'on fume dans les couloirs et que l'on arrache les poignets des serrures. De tels actes dénote d'un manque criard de civisme auquel il faut palier au plus pressant.


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