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L'enseignement privé dans les écoles de base
POUR OU CONTRE
Publié dans Le Temps le 08 - 09 - 2008

Le Pour : Leila Menchali, ingénieur : « Une meilleure formation de base pour les enfants »
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Le Contre : Lotfi Ben Salha, Directeur dans une entreprise publique : « Confier l'avenir de ses enfants aux mains du privé qui est plus commercial qu'éducateur me paraît être dangereux »
La présence de l'enseignement privé dans l'école de base ne cesse pas de se développer et de diversifier son offre de formation. Ces écoles font légion,
notamment dans le Grand Tunis, où elles sont présentes dans presque toutes les localités des banlieues et les quartiers du Centre-ville : De Mégrine à La Manouba et de Ben Arous à la Marsa, en passant par El Menzah, Le Bardo, la vieille médina, La Fayette, Ennasr et les autres. Ce même constat commence à gagner toutes les autres grandes villes comme Sfax, Sousse, Nabeul ou Bizerte. Il ne s'agit plus d'une exception comme ce fut le cas dans le passé, du temps où les « sœurs » géraient quelques maternelles et écoles primaires fréquentées par l'élite francophone. De nos jours, les gens se disputent aux portes de ces écoles et les inscriptions se font à l'avance selon des procédures préétablies et des dates préalablement fixées. Quelques écoles exigent même des tests pour les candidats. Donc, le phénomène ne passe plus inaperçu et les citoyens s'interrogent sur les conséquences d'une telle prolifération sur l'avenir de l'enseignement public. Certes, le choix de la gratuité et de l'accessibilité à l'enseignement est indéfectible. Il est toujours rappelé sur toutes les tribunes. En Tunisie, tous les enfants de 6 ans à 16 ans ont droit à l'enseignement. Mais, on ne cesse pas de soulever la problématique de la qualité et on s'interroge sur la différence entre les programmes présentés dans les établissements publics et privés. Apparemment, les enjeux sont actuellement à ce niveau. Lequel des deux parcours permet-il une meilleure préparation pour l'accès aux études universitaires et au marché de l'emploi ?
Loin des slogans des uns et de l'énumération des programmes de mise à niveau des autres, Le Temps a choisi de s'adresser aux citoyens pour qu'ils exposent les raisons les ayant poussé à l'un ou l'autre des filières de formation pour leurs enfants. Ils auront à s'expliquer sur leurs objectifs à travers ce choix. Interviews :
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Le Pour : Leila Menchali, ingénieur : « Une meilleure formation de base pour les enfants »
Le Temps a rencontré Leila, un ingénieur diplômé de l'Ecole Nationale d'Ingénieurs de Tunis et directeur de production dans une usine à Tunis, sur le seuil de la porte d'une école privée. Elle était venue pour l'inscription de sa fille en 3ème année de l'école de base. Leila a poursuivi ses études primaires, préparatoires, secondaires et supérieures dans les établissements de l'enseignement public tunisien. Mais, elle ne veut, semble-t-il pas que sa fille suive le même parcours. Ecoutons la :
Le Temps : A quel moment s'est posée la question de choix entre l'école privée et publique pour la scolarité de votre enfant ?
Leila : L'enseignement de base a changé. En apparence, le contenu est plus accessible. Mais, il touche pratiquement à tout. La formation linguistique et scientifique prônée par les programmes est de haute facture. Encore faut-il la véhiculer par des canaux explicites et clairs. Sans oublier que le transfert des connaissances nécessite une infrastructure adéquate et des ressources humaines compétentes. Il s'agit d'une formation de base qu'il est nécessaire d'optimiser. C'est suite à cette évaluation des objectifs et des moyens mis en place que j'ai opté pour l'enseignement privé.
. Et qu'est-ce qui a motivé votre choix ?
- Honnêtement, les considérations citées plus haut concernant l'infrastructure disponible et les ressources humaines, ont été déterminantes dans mon choix. J'ai remarqué que l'enseignement privé dispose, d'une part, de moyens plus performants pour l'apprentissage linguistique tels que les laboratoires interactifs et les diverses nouvelles technologies numériques. D'autre part, l'approche qu'il prône pour la formation scientifique fondamentale, est plus rationnelle. Elle utilise les nouvelles pédagogies basées sur les jeux interactifs associant les élèves dans le cours et ses applications.
. Quelle différence perçoit-on, selon vous, entre le parcours privé et le parcours public dans l'enseignement ?
- Il suffit de comparer les résultats de chacun des parcours pour percevoir les différences entre eux. Regardez le concours d'entrée aux lycées pilotes ! Il y a des collèges privés qui parviennent à placer près de 20 % de leurs lauréats en 9ème dans les lycées pilotes. Le taux de réussite au concours peut atteindre les 100 %. Pourtant, tous les élèves participent au concours. Donc, vous pouvez remarquer que la différence est sensible entre les deux parcours. Un tel constat ne peut qu'encourager ceux qui le peuvent à opter pour ce parcours. C'est pourquoi j'ai décidé d'en faire partie.
. Ne croyez-vous pas qu'une telle situation mène indéfectiblement vers un enseignement à deux vitesses ?
- Ecoutez ! Ce risque d'un enseignement à deux vitesses n'en est pas un. Car notre enseignement public est déjà à plusieurs vitesses. C'est ce qui explique les fossés entre les résultats des régions dans les concours nationaux. Et même entre les lycées d'une même région. Sans oublier les effets des cours particuliers fournis aux élèves sur l'enracinement de ces différences dans les résultats entre les régions et les quartiers. Au moins, l'enseignement privé est un choix clair et dûment justifié pour ses adeptes. Les élèves paient leur formation et les parents ont un droit de regard sur la qualité de la formation fournie. Cette participation financière accorde un droit de regard ce qui n'est pas garanti dans l'enseignement public.
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Le Contre : Lotfi Ben Salha, Directeur dans une entreprise publique : « Confier l'avenir de ses enfants aux mains du privé qui est plus commercial qu'éducateur me paraît être dangereux »
Le Temps : A quel moment s'est posée la question de choix entre l'école privée et publique pour la scolarité de votre enfant ?
Lotfi : Quand les enfants ont atteint l'âge de la scolarité, nous avons beaucoup hésité, leur maman et moi, entre l'enseignement privé très séduisant étant donné les conditions, le cadre et les moyens mis à la disposition des élèves pour garantir le meilleur encadrement possible et l'enseignement public qui reste tout de même cautionné par l'Etat, protégé par des lois claires, générales et reconnues ainsi que par des contrôles et des mises à jour suivis de la part des autorités. Notre choix n'a pas été facile car nous nous trouvions déchirés entre des dehors attrayants de la formation privée sans aucune certitude sur la qualité interne de cette formation et les dehors repoussants d'une formation publique qui, bien que délabrés par nombre de ses côtés, continue encore à faire ses preuves. Ce qui nous rendait la décision encore plus difficile c'est de voir l'engouement des autres parents autour de nous pour l'enseignement privé et leur ruée sur les établissements qui ne cesse de pousser comme des champignons.
. Qu'est-ce qui a motivé votre choix ?
- Ce qui a motivé notre choix c'est d'abord et avant tout le côté payant de l'enseignement privé et cela à plus d'un niveau. Il est évident que la baisse du pouvoir d'achat et l'implication des ménages dans des crédits de toutes sortes (voiture, logement, ordinateur familial...) fait que les frais de l'enseignement privé risquent, notamment à long terme, de peser lourd sur le budget familial et de nous contraindre, une fois dans l'incapacité de suivre la cadence, à changer de bord et à nous rabattre sur l'enseignement public, ce qui risque d'influer négativement sur le moral et sur la motivation des enfants.
D'un autre côté, le caractère payant des études fait toujours planer le doute sur la qualité intrinsèque de la formation et sur le niveau réel des élèves. Les parents qui, comme nous, sont le fruit de l'enseignement public, certes à son âge d'or, gardent malgré ses aspects rébarbatifs actuels la foi dans la qualité de sa formation, dans son personnel reconnu et contrôlé par les autorités en la matière et dans ses diplômes. Nous appartenons à cette génération qui a fait confiance à l'Etat et dont la scolarité a été entièrement assumée par l'Etat. Certes, notre foi est désormais nuancée car nous réalisons qu'un suivi de près de la scolarité de nos enfants s'impose de plus en plus, d'autant que l'Etat n'est plus aujourd'hui garant de l'emploi. Toutefois, nous sommes prêts à mettre l'avenir de nos enfants entre les mains de l'Etat à condition de mettre toutes les chances de leur côté, plutôt que de tout abandonner entre les mains de privés plus commerçants qu'éducateurs.
. Quelle différence perçoit-on, selon vous, entre le parcours privé et le parcours public ?
- La différence entre le parcours privé et le parcours public est à notre sens une différence de moyens qu'il s'agisse des ressources matérielles, outils et infrastructures ou des ressources humaines, à savoir le personnel enseignant. En effet, il apparaît de plus en plus que les établissements privés disposent beaucoup plus que les établissements publics des nouvelles technologies numériques et de moyens pédagogiques modernes et interactifs permettant d'optimiser la formation dispensée aux élèves. De même, l'aspect compétitif y est poussé au maximum aussi bien entre élèves qu'entre enseignants. Le risque d'une disgrâce ou d'une rupture de contrat pousse ces derniers à fournir toujours plus d'effort et à faire preuve d'initiative, d'innovation et surtout de motivation supplémentaire.
L'enseignement public, lui, offre cette conformité et cette homogénéité qui tranquillise les parents et apaise leur conscience tout en leur permettant de gérer de façon plus facile les dépenses de la scolarité de leurs enfants. L'intérêt du parcours public est perceptible surtout à long terme, une fois parvenus au palier du secondaire et du supérieur. A ce niveau-là le choix offert par les établissements étatiques est de loin plus riche et plus large et l'adaptation devient alors plus facile. Les résultats offerts par les établissements privés demeurent encore en deçà des espérances et surtout des dépenses consenties. Les résultats annuels des concours nationaux en sont une preuve réelle.
. Ne croyez-vous pas qu'une telle situation mène indéfectiblement vers un enseignement à deux vitesses ?
- Cette menace serait réelle si la tendance à la privatisation que connaît l'enseignement de base s'étendait à l'enseignement secondaire et supérieur avec autant de bons résultats, ce qui est loin d'être le cas pour l'instant. Toutefois nous sommes en droit de nous interroger sur le droit de ces enfants et de ces parents qui ont fait confiance aux établissements étatiques à un enseignement de qualité supérieure, à des infrastructures décentes, à des moyens pédagogiques modernes et à un personnel qualifié et surtout motivé qui n'étouffe pas leurs curiosité en fleur et leur soif pour le savoir. L'Etat devrait améliorer les conditions de l'apprentissage public pour répondre positivement à leurs attentes et surtout pour faire face à la compétition.


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