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Délation et roublardise : Les nouveaux sports nationaux
NOTRE EPOQUE
Publié dans Le Temps le 13 - 04 - 2009

Le sport national qui s'est le plus développé depuis de longues années chez nous, c'est la « Sabba », autrement appelée fayotage et pratiquée avec ferveur par ceux que l'on appelle communément les -Sabbab- , souvent doublés de -Qaffef -. Il s'agit d'une forme de servilité destinée à bien se faire voir par son chef hiérarchique ou toute autre personne détentrice d'une quelconque autorité.
Un ancien chef de service nous a rapporté cette anecdote : « j'étais dans mon bureau lorsqu'un chaouch est venu m'annoncer que pendant que je dormais sur mes deux oreilles, il se passait des choses choquantes dans mon service... Et il me raconte qu'une des secrétaires s'enfermait tous les jours, entre midi et deux heures, dans son bureau en compagnie d'un agent, d'un autre service. »
Peu porté sur ce genre de rumeurs, ce responsable demande au chaouch s'il les a vus faire des choses, si la secrétaire se plaignait de cette situation et en quoi tout cela intéressait le fayot... Une réaction saine et posée, mais qui n'a pas fait plaisir au Sabbab , qui est parti raconter partout que ce chef était complice et qu'il devait, lui aussi, participer à une supposée orgie...
Le fin mot de cette histoire c'est que la secrétaire prenait son déjeuner au bureau avec un très bon ami, qui était un exemple de correction et de droiture. Cette histoire révèle le mal que peuvent faire ce genre de personnages douteux. Imaginez le tort que cette histoire aurait fait si le chef de service avait réagi comme le souhaitait le chaouch. Le scandale aurait touché toute une famille et l'aurait certainement fait exploser.
Il semble inéluctable que dans un groupe de personnes, il y ait toujours une poignée de fayots que l'on peut facilement reconnaître à leur attitude servile et à un zèle douteux. Ils vous agacent à force de jouer les volontaires pour masquer leur désir de se faire bien voir, une attitude que l'on appelle aussi la lèche, comme ces chiens qui vous lèchent la main, mais qui sont capables de mordre.
Cela commence dans les salles de classe quand ils répondent avec trop d'empressement à la question du professeur, avant même qu'elle ne soit posée. Plus tard, dans un groupe de travail, c'est celui qui va se mettre en avant, qui va se la jouer héros, petit chef, alors qu'il est souvent incompétent, son but étant juste de se faire bien voir.

Manque de personnalité
Interrogé à ce sujet, un psychologue explique ce comportement en ces termes : « les fayots sont des personnes qui manquent de personnalité ou de caractère. Ils ont besoin de se mettre en valeur. A ne pas confondre avec les éléments dynamiques d'un groupe, ni avec les bons élèves... » Et il souligne : « Dans toutes les sociétés, les rumeurs les plus diverses circulent de bouche à oreille. Certaines sont vraies et d'autres farfelues, médisantes, malveillantes véhiculées par ce type d'individus. Toute leur vie, ils manqueront de confiance en eux-mêmes avec son corollaire, le besoin de reconnaissance. »
Notre psy a également tenu à souligner que « le commérage est un support pour entrer en relation avec les autres. Parler d'un tiers, c'est raconter, sans se raconter, parce qu'on aime susciter l'intérêt de l'autre. Donc, dire du mal permet de faire du spectaculaire pour avoir le sentiment d'être plus intéressant que l'autre. »

Des fayots moralisateurs
Un sociologue assure de son côté qu'il y a « beaucoup de fayots qui sont des moralisateurs, qui donnent des leçons à tout le monde. Ils sont souvent très conservateurs, avec une ambition maladive, mais pas le niveau nécessaire pour y parvenir. C'est à se demander si leur seul but dans la vie n'est pas de se mettre en avant, par peur de passer inaperçus. »
En tous cas, ce que l'on constate, c'est que le fayot est dépourvu de sincérité et de convictions, un parasite qui tire la couverture à lui. L'une des espèces les plus désagréables sont les « Sabbaba » à grande gueule, qui transforment la vie des autres en enfer.
Ils sont souvent haïs par leurs collègues, qui s'en méfient comme de la peste et ne manquent pas une occasion de le faire savoir aux novices qu'ils prennent sous leur aile.
Quand quelqu'un est repéré comme « Sabbab » ou « Qaffef » , on remarque souvent des regards croisés entre ses collègues des réactions diverses : joues gonflées, poing frottant la joue ou autres signes d'agacements, la plupart passant par le regard. Parfois, le commérage peut affecter une personne autant physiquement que mentalement. C'est à ce moment que le jeu commence à devenir dangereux. Alors, il est essentiel de ne pas laisser tomber les personnes fragiles.

Cyber –sabba-
Le plus inquiétant, c'est que le phénomène prend des proportions nouvelles avec la cyber « sabba » et l'utilisation d'Internet et du téléphone portable. Que de dénonciations calomnieuses effectuées, grâce à ces moyens ultra-rapides et si efficaces, car instantanés et ne laissant pas le temps de faire la part des choses.
On constate que les principaux sujets de commérages portent sur des thèmes plutôt sinistres, négatifs. On s'approprie les histoires d'arnaques, les relations extra conjugales, les histoires louches de malversations supposées... Le but du jeu, c'est de ne pas garder l'information secrète, de la révéler pour faire du mal et en profiter pour se faire bien voir par les chefs.
Alors certains, plus sages que les autres, ont choisi de vivre comme cette statuette, où l'on voit trois singes : un qui se cache les yeux pour ne rien voir, un second qui se cache la bouche pour ne rien dire et un troisième qui se cache les oreilles pour ne rien entendre. Parfois, pour garder sa dignité, il vaut mieux écouter ces conseils et faire comme eux ; et en sortant, ne plus penser qu'à sa famille et à ses loisirs, loin de cette ambiance empoisonnée...
En fait, le commérage n'est que le reflet de la bêtise humaine, de la jalousie morbide et l'irrespect de son prochain. Cet état d'esprit touche malheureusement un nombre incalculable de personnes dans tous les pays. Et en fin de compte, comme le souligne un fonctionnaire qui en a vu d'autres : « le plus à blâmer dans ces histoires de fayotage, c'est celui qui écoute, qui prête l'oreille à pareilles balivernes et autres insanités...-


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