Bordeaux : Une nouvelle agence consulaire pour rapprocher les Tunisiens de chez eux    Vendeurs ambulants : attention aux balances truquées, les Tunisiens se font arnaquer !    ''Ni élégants, ni à la hauteur'' : Macron réagit aux moqueries de Trump    La bibliothèque dorée de Trump : 50 étages... avions, escaliers dorés et salle de danse    Epson Tunisie, Ecole L'Odyssée et Socrate School célèbrent la créativité écoresponsable des jeunes talents    Mohamed Nafti: L'engrenage de la destruction    Compteur intelligent vs compteur classique : quelle différence pour les Tunisiens ?    Réserves de devises : ce que les chiffres révèlent vraiment    Météo en Tunisie : persistance du temps froid et des pluies orageuses    Tes données personnelles ont fuité ? Fais attention avant de perdre tous tes comptes    Chèques jusqu'à 5 000 dinars : ce n'est plus un crime    Allergies de printemps : reconnaître les symptômes avant qu'il ne soit trop tard    Les Aigles de Carthage rugissent : la Tunisie s'envole au classement FIFA !    Espérance de Tunis face à Sundowns : les arbitres officiels révélés    Musées tunisiens et sites historiques : nouveaux tarifs d'entrée à partir du 01 avril 2026    Kia PV5 Cargo remporte la catégorie historique ' VU ' des Trophées de L'argus 2026    FIFA : décision finale sur l'Iran pour 2026    France - Tunisie : Extradition refusée pour Halima Ben Ali...    Festival du Cinéma Palestinien en Tunisie : 1ère édition du 2 au 12 avril 2026 à l'espace Le Rio à Tunis    Les Emirats interdisent l'entrée aux Iraniens    L'activité de la marque SEAT transférée temporairement vers le showroom CUPRA Ain Zaghouane    Prix Orange de l'Entrepreneur Social en Afrique et au Moyen Orient, POESAM , lancée dans sa 16e édition    Météo en Tunisie : temps froid, neige et pluies orageuses dans plusieurs régions    Sadok Belaïd: Dans son sillage...    Edito - Guerre en Iran et impact sur la Tunisie: Comprendre et agir    Tunisie : décès d'Afif Hendaoui, une carrière entre diplomatie et enseignement    Livre "Kairouan, la ville et ses saints. Lectures hagiographiques" par Nelly Amri, paru aux éditions Contraste    L'ancien ministre et ambassadeur Afif Hendaoui est décédé    Enseignement supérieur en Tunisie : chiffres clés, étudiants, diplômés et recherche en forte activité pour l'année 2024-2025    Météo en Tunisie : pluies éparses, températures en baisse    Dhia Bouktila: La science est fille de l'imagination    Hommage au Doyen Sadok Belaïd: Témoignage et dialogue entre Philippe Noiret, Bertrand Blier, Louis de Funès et Raymond Devos    Watania Sports : diffusion expérimentale en marge des célébrations du 60e anniversaire de la Télévision tunisienne    Pionnière de l'océanographie tunisienne, la Professeure Founoun Chakroun est décédée    L'effet Jaouadi ou le triomphe de l'excellence opérationnelle    Ce n'est plus la loi de la jungle, c'est pire, c'est la loi de Trump !    Le champion du monde tunisien Ahmed Jaouadi remporte la médaille d'or avec un nouveau record au championnat des universités américaines    Guerre en Iran et dans la région: éléments de décryptage    Saison Méditerranée 2026 : Louis Logodin annonce une programmation culturelle franco-tunisienne    La Société des Transports de Tunis organise des sorties culturelles pour les écoles primaires    Décès du journaliste Jamal Rayyan, figure historique d'Al Jazeera Arabic    "Monsieur Day", In memoriam    Abdelkader Mâalej: L'angliciste des services de l'information    Abdelaziz Kacem, en préface du livre d'Omar S'habou: Gabriem ou la tentation de l'Absolu    Secousse tellurique en Tunisie, au gouvernorat de Gabès ressentie par les habitants    Ahmed Jaouadi et Ahmed Hafnaoui brillent aux Championnats SEC : la natation tunisienne au sommet aux USA    La sélection tunisienne de judo senior remporte 11 médailles au tournoi international Tunis African Open    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Bail pour la vie
Banques / ménages
Publié dans Le Temps le 16 - 10 - 2009

Quel est aujourd'hui le ménage tunisien qui n'est pas plus ou moins endetté ? Depuis que l'obtention de l'emprunt a été facilitée et accélérée, les demandes de prêt n'ont pas cessé de pleuvoir sur les différentes agences bancaires privées ou étatiques. Dans certains foyers, chacun des membres a une dette au moins à rembourser à sa banque particulière.
Un directeur d'agence affirme que dans sa succursale, il ne reste que quelques fonctionnaires de l'Etat nouvellement recrutés qui n'ont pas encore contracté de prêt. Selon ce banquier, on peut affirmer que plus 90 % de ceux qui ont un compte en banque ont au moins une ou deux fois présenté une demande de prêt et remboursent encore les montants empruntés. Pourquoi chez nous, recourt-on de plus en plus à l'emprunt ? Le Tunisien emprunte-t-il aux banques seulement ? Est-il bon ou mauvais payeur ? A quel taux nos banques lui accordent-elles leurs prêts ? Que font les emprunteurs pour amortir le poids de la dette mensuelle à rembourser ? Comment les prêteurs récupèrent-ils leur argent dans le cas où l'emprunteur est incapable d'honorer la dette ? Nous tenterons de répondre à ces questions et à d'autres dans le présent dossier qui tente de faire la lumière sur un phénomène économique et social lequel, tout en présentant plusieurs avantages, n'en comporte pas moins de risques susceptibles parfois de conduire les familles aux pires tragédies.
Pourquoi emprunte-t-on ?
« Dans la majorité des cas, répond le banquier, les Tunisiens demandent le prêt pour l'achat d'un lot de terrain, d'un logement, d'une voiture ou bien pour des travaux de construction. Il est rare dans mon agence qu'on ait emprunté de l'argent pour de petits projets comme les préparatifs de mariage, les voyages, les soins, les études. Mais ces motifs-là obligent parfois les foyers à s'adresser aussi à la banque et à solliciter ses prêts. Ce sont les prêts à la consommation. Quant aux montants des emprunts, ils varient d'un client à un autre et d'un salarié à un autre. Nous pouvons aller jusqu'à 50 et 60 mille dinars dans le cas de hauts cadres. Nous accordons des prêts beaucoup plus substantiels à certains privés (fonctions libérales et chefs d'entreprises) et là le montant est illimité dès lors que la banque a la garantie d'être remboursée. Mais nous ne prêtons pas qu'aux riches, nous consentons aussi de petits crédits de 3 à 5 mille dinars quand, bien sûr, nous garantissons les chances de leur remboursement. Les prêts bancaires sont une issue inespérée pour beaucoup de ménages incapables, sans le crédit, de posséder leurs propres maisons et d'autres biens désormais indispensables. Le paiement par mensualités incite davantage les couples qui travaillent à partager les charges financières de la famille et leur apprend à mieux gérer leur budget. Peu de Tunisiens ont le réflexe de l'épargne et même s'ils mettent de côté une partie de leurs salaires ce ne sera jamais suffisant pour acquérir certains biens ou démarrer le projet rêvé. C'est une bouée de sauvetage qui aide à résoudre plusieurs problèmes dans nos foyers ; mais elle en crée d'autres. L'endettement des ménages impose certaines restrictions et plusieurs sacrifices en effet.»
Emprunts et sacrifices
M.Thlijani est chef de bureau (42 ans), il est marié à une secrétaire médicale et a trois enfants dont deux sont encore au collège. « Les prêts, ça nous connaît ma femme et moi. Cela fait dix ans que nous remboursons l'argent emprunté à la banque et à mon employeur. Nous avons l'essentiel, l'appartement, la voiture et quelques nouveaux meubles, mais entre le paiement de nos dettes et les dépenses familiales, nous n'arrivons à rien épargner. Toute la famille consent des sacrifices quant à l'habillement, l'argent de poche, les loisirs et même la santé. Nous ne nous permettons aucun luxe et tâchons surtout de bien nourrir les enfants et de leur fournir tout le nécessaire pour la réussite de leurs études. Je ne vous cacherai pas que ma femme et moi gagnons un petit pécule en rendant quelques services rémunérés en dehors de nos heures de travail. Sans cela, nous ne nous en sortirons jamais. » La famille Thlijani évite ainsi d'en arriver à la situation inextricable de certains endettés à vie.
Cercle vicieux
Chokri s'entend mal avec son épouse concernant leur budget commun. Très souvent il se voit contraint de compter sur son seul salaire pour s'acquitter de toutes les dépenses. Charge trop lourde qui lui impose continuellement d'emprunter aux autres. L'astuce la plus récente qu'on lui a conseillée dans le cas où sa banque ne peut plus lui accorder d'autres prêts, consiste à emprunter à un particulier de son entourage le montant dû à la banque, d'éponger sa dette avec cette somme pour, immédiatement après, fermer son compte et formuler auprès de son employeur une demande de nouvelle domiciliation de salaire au profit d'une autre agence bancaire. Une fois ces démarches terminées et le premier versement effectué, il contracte un prêt auprès de la nouvelle banque. Le montant perçu permettra de rembourser l'ami prêteur et quelques autres créanciers et d'avoir sur soi de la liquidité. Le scénario se reproduit à chaque nouvelle impasse et Chokri se condamne ainsi à vivre lui et les siens au rythme des dettes à répétition.
Les taux d'intérêts
La plupart de nos banques accordent leurs crédits à un taux d'intérêt qui varie selon le Taux du Marché Monétaire (T.M.M.) et l'objet du crédit pour se situer approximativement entre 7 et 9,5 %. L'emprunteur paie par exemple un taux d'intérêt de plus de 9 % s'il demande un crédit pour des dépenses courantes et de 7,24 % seulement s'il s'agit d'un crédit de logement. La durée du remboursement peut s'étendre sur une année comme sur plus de 20 ans. Pour être plus concrets, nous prendrons l'exemple d'un crédit de 12 mille dinars à payer sur 36 mois : l'emprunteur finira par rembourser plus de 14 millions pour un montant effectif de seulement 11mille 800 dinars, puisque la banque aura prélevé avant le versement de la somme demandée plusieurs dizaines de dinars à titre « d'impôts, taxes, commissions, frais et accessoires en vigueur ». Cela sans compter le montant de la police d'assurance qui dépassera toujours les 100 dinars, les frais d'enregistrement au bureau de recettes et quelques autres petites dépenses indispensables. La somme remboursée avoisinera ainsi les 15 mille dinars. Mais l'emprunteur n'a cure de tous ces calculs au moment d'emprunter, puisque le plus urgent pour lui, c'est d'encaisser l'argent nécessaire à son projet. « Demain est un autre jour », se dira-t-il en signant le contrat de prêt aux clauses terrifiantes.
Gare aux mauvais payeurs
En cas de non paiement de la moindre mensualité, la banque prêteuse s'autorise bien des mesures compensatrices et se réserve le droit de recouvrer sa créance par divers moyens légaux. En cas de poursuites judiciaires, l'emprunteur supporte toutes les charges financières qu'aura exigées le procès. Mais nous restons là dans le champ du civil. De toute manière, la banque sort à court ou à long terme bénéficiaire de ce genre de contrat signé avec ses clients. Ces derniers peuvent quant à eux payer très cher l'inobservation d'une quelconque clause de ce contrat. Leurs proches non plus ne sont pas à l'abri des retombées « coûteuses » et parfois dramatiques de tels manquements. C'est pour cette raison que certains « roublards » se tournent vers des prêteurs moins circonspects que la banque pour leur « subtiliser» (souvent à jamais) ce qu'ils appellent de petites sommes allant de 100 dinars à 1 ou 2 mille dinars. Ils trouveront toujours le moyen avec de tels prêteurs de tergiverser, d'atermoyer ou tout simplement de se volatiliser ! Mais attention : l'étau se resserre autour des usuriers. A un certain moment, ils manoeuvraient à visage découvert, en toute impunité et brassaient des sommes énormes. Un peu comme ce monsieur sans scrupules du feuilleton « Mektoub ».


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.