Remaniement partiel, Kaïs Saïed, décret 54, migration… Les 5 infos du week-end    J'assume : la campagne lancée par le SNJT en faveur des journalistes en prison    Un état Palestinien: Une revendication plus que centenaire    Tunisie – Sousse : Saisie de quantités de drogue dans une voiture étrangère    Zone euro : La BCE préconise la prudence sur des baisses de taux    Tunisie – Al Jadida : Inhumation du martyr Bechir Ben Mohamed Dhiabi    Tunisie : Arrestation d'un « takfiri » recherché à Nefza    Tunisie – METEO : Températures entre 16 et 24°C    Kairouan: Un mouton de sacrifice à 2 mille dinars ? [Vidéo]    Tunisie – Afrique : Elargir les horizons et consolider la coopération économique    Première au Canada : une université se désinvestit d'Israël suite à des protestations étudiantes    L'UNRWA classée organisation terroriste par Israël    Les 101 en Or de l'ACC : Sept professionnels du cinéma tunisien à l'honneur    Kaïs Saïed se défait de ses proches et se retrouve face à la rue    La Malaisie félicite l'Irlande, la Norvège et l'Espagne "d'être du bon côté de l'histoire"    Qui sont les athlètes africains les mieux rémunérés en 2024 ?    Des trésors de la diplomatie tunisienne, en son 68ème anniversaire    Mise à jour: Les barrages remplis à plus de 33%    EGSG: Le test de vérité    CAB: Réaction attendue    Limogeage du délégué régional de l'éducation de Tunis 1    ESM: En conquérants    Cap sur la transition énergétique    5e semaine de la Flore: La riche biodiversité du nord-ouest sous la loupe des scientifiques    Recevant la ministre de l'équipement et de l'habitat, chargée de gérer le département des transports: Saïed appelle à trouver une solution définitive au projet « Sama Dubaï », tout en préservant les intérêts de l'Etat    Chroniques de la Byrsa: Au train où ne vont pas les choses...    Pourquoi: Où sont les cyclamens ?    Floralies, au Belvédère: Quand le printemps déploie ses aires    Composition du gouvernement: Le Chef de l'Etat décide un remaniement partiel    On nous écrit— «Eventail Mys-terre» de Lynda Abdellatif: Entre mémoire, résilience et alchimie    Au gré des expositions: Raconter des lieux    Tunisie – Remaniement ministériel : Kamel Feki et Malek Zahi limogés    Education nationale : 19 millions de dinars pour relier des écoles rurales au réseau d'eau potable    Les supporters de l'EST malmenés au Caire    Al Hilal rentre dans l'histoire du football avec 34 victoires consécutives    Tunisie Telecom couronnée pour ses bonnes pratiques d'engagement environnementale    Météo : Températures atteignant les 41 degrés au sud    Récompenses pour le vainqueur de la Ligue des Champions Africaine 2024    Pr Rafaâ Ben Achour - Lecture rapide de la Troisième Ordonnance dans l'affaire Afrique du Sud c. Israël    Envirofest Tunisia , le festival du film environnemental, se déroule du 24 au 29 mai 2024 à Tunis    Tunis accueille l'exposition "Ce que la Palestine apporte au monde"    Al Ahly – EST : À quelle heure et sur quelle chaîne voir la finale ?    Effondrement d'un immeuble de 5 étages à Casablanca    Tabac : l'OMS dénonce le marketing qui séduit les jeunes    Carthage Cement augmente de 55% son résultat net en 2023    Jennifer Lopez et Ben Affleck au bord du divorce ?    Prix des 5 continents de la Francophonie 2024-2025 : L'appel à candidatures se poursuit jusqu'au 31 juillet    Le Groupement Professionnel de l'Industrie Cinématographique de la CONECT appelle à la réforme du cinéma Tunisien    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Un Tennessee Williams amusant
Théâtre : « Petits rêves » de Hassen Mouadhen
Publié dans Le Temps le 17 - 01 - 2010

« Petits rêves » (Ahlem Saghira) produite par la société Z Production et mise en scène par Hassen Mouadhen, dont la première représentation a été organisée samedi dernier à la Maison de la culture Ibn Rachiq devant une salle pleine, est une adaptation de la première pièce de Tennessee Williams, écrite en 1944, « La ménagerie de verre » et adaptée au cinéma par Paul Newman.
C'est une pièce autobiographique dans laquelle Tennessee Williams met en scène sa propre famille. Hassen Mouadhen n'est pas resté fidèle à l'esprit du texte initial. Il a choisi le comique et la dérision pour raconter le drame qui arrive à Lamis, atteinte d'une infirmité physique et d'un handicap mental imprécis (en réalité, elle était schizophrène), fille de Rafiaâ, désespérément volubile, hystérique à force d'angoisse étouffée et sœur de Farouk, initialement le narrateur de cette histoire conçue comme des réminiscences intimes mais gommé ici par le dramaturge.
La pièce tourne, donc, autour de la sœur, boiteuse, timide à l'excès, qui se réfugie dans l'écoute de vieux disques ou dans la contemplation de son bestiaire de verre. Farouk reste à la maison par devoir moral, par affection pour les siens, mais il étouffe et sort tous les soirs se soûler la gueule tout en rêvant d'immigrer en Europe. Un digne fils de son père qui les a abandonnés pour aller courir le monde, dit la mère. Rafiaâ qui n'a qu'une obsession, marier sa fille. Pour rendre service, Farouk amène à dîner un copain, dans la perspective qu'il sera séduit par Lamis.
La scène clé : la rencontre entre le prétendant et Lamis est tout juste ratée en raison du jeu mièvre des acteurs. Et pourtant, la pièce repose sur l'interprétation censée faire passer des émotions. Ce qui n'est malheureusement pas le cas. Le travail sur la gestuelle est intéressant dans la mesure où le parti- pris comique prime mais il devient complètement inutile dans la mesure où le metteur en scène survole rapidement cette séquence en n'accordant pas le temps suffisant aux deux protagonistes de s'apprivoiser.
Et l'objet en verre dans lequel Lamis élève ses vers à soie dont les fils si fragiles, s'effilochent lorsque le bestiaire en question se brise, ne renvoie pas au sens que Tennessee Williams a voulu exprimer, celui de la fragilité des choses et des êtres. Et la scène se fige dans un réalisme primaire.
Le metteur en scène a fait une adaptation très libre de « La ménagerie de verre » en l'actualisant (grippe AH1N1, immigration…) et en ajoutant un cinquième personnage assez pathétique, celui de la belle-mère muette et délaissée, qui rythme la pièce par certaines de ses apparitions. En optant pour la comédie, il a effectué un travail intéressant sur la gestuelle et la mimique.
Malheureusement, les comédiens n'ont pas tous été à la hauteur. L'actrice ayant campé le rôle de la mère est assez remarquable dans sa manière d'agacer et d'exaspérer les siens et de les asphyxier à force d'inquiétude. Elle a su communiquer la tendresse, l'agacement et par moment, la joie. Par contre, la comédienne qui incarne le personnage de Lamis n'arrive pas à renvoyer ce côté fragile et enfantin en marquant sa différence par rapport aux autres, ce qui lui permettra de faire éclater la bulle dans laquelle elle s'est enfermée.
Farouk avec son physique d'athlète, donne l'impression d'avoir les pieds sur terre, mais en même temps, la tête dans les étoiles.
La mise en scène manque de poésie et d'onirisme auxquels nous a habitués Hassen Mouadhen dans ses précédentes créations. Toutefois, son mérite est d'avoir adapté cette pièce qui est un morceau de bravoure de Tennessse Williams. Mais ceci étant dit, « Petits rêves » est, faut-il le souligner, un spectacle qu'on ne doit pas rater.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.