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Ça grince pour les techniciens supérieurs
Inadéquation université/marché de l'emploi
Publié dans Le Temps le 04 - 05 - 2010

Le chômage des jeunes et notamment celui des diplômés du supérieur représente l'un des principaux problèmes auxquels est confronté notre pays. En fait, plus de 128 mille jeunes trouvent des difficultés à décrocher un emploi fixe à cause du manque d'offres. Autre facteur qui ne manque pas d'importance, est que nos institutions universitaires assurent une formation dans des secteurs quasi-saturés comme ils forment les étudiants dans des filières qui ne sont pas en adéquation avec le marché de l'emploi.
Il s'agit entre autres du cas des techniciens supérieurs. Ils sont classés parmi les catégories les plus touchées par le chômage. Les indicateurs affichés dans ce sens donnent froid au dos, puisque la moitié des techniciens supérieurs ne réussissent pas à trouver un travail. Egalement, le problème se pose pour les maîtrisards où le taux de chômage est de 48,7 %. Un constat de plus en plus inquiétant pour ces jeunes qui avouent qu'ils sont incapables de décrocher un travail parce qu'ils manquent d'expérience dans des spécialités où le savoir-faire reste primordial. Il s'agit notamment du cas des inscrits dans la spécialité « technologie médicale », à l'Institut Supérieur des Technologies Médicales. En fait, les études se limitent jusqu'à présent à une formation théorique (voir témoignage). Après trois ans d'enseignement, et à quelques mois des examens de la fin d'année, les inscrits dans la spécialité n'ont poursuivi aucune formation pratique dans l'une des entreprises spécialisées. Ils rencontrent des véritables difficultés à intégrer les entreprises spécialisées dans le domaine ne serait-ce que pour deux semaines de stage. Certes, cela réduit les chances des futurs techniciens à décrocher un emploi alors que « le but de la création de l'institut supérieur des technologies médicales est de former des diplômés ayant acquis une maîtrise suffisante des technologies en général et des technologies médicales en particulier », d'après le site de l'institut. Nombreux sont les étudiants qui ont été attirés par la spécialité et qui aspirent à « utiliser, maintenir et contrôler les équipements et les techniques utilisés en milieu hospitalier ». Mais la réalité reste très loin des slogans et des propos affichés officiellement.
Et le rôle des entreprises ?
Par ailleurs, les entreprises tunisiennes restent à l'écart de la formation assurée dans les universités et les quelques initiatives de partenariat prises dans ce sens, demeurent sans résultat fructueux. Un constat confirmé par M. Habib Touhami, ancien ministre et économiste diplômé de l'Institut de prévision économique et sociale de Paris. Le spécialiste a largement évoqué cette question à la Faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis, à l'occasion du colloque annuel organisé par l'Unité de recherche «Population-Famille et Education» sur le thème «Emploi et employabilité des diplômés du supérieur en Tunisie». Il a en fait précisé dans son intervention que « les entreprises tunisiennes n'ont pas été suffisamment associées à la décision en matière de formation ». C'est ce qui explique qu'il y a toujours un problème ou plutôt un déficit de communication au sein de l'université. Nombreux sont les spécialistes qui parlent de problème et qui considèrent que les universités tunisiennes communiquent mal avec les étudiants, les enseignants et même avec leur environnement externe : les entreprises, les associations, les ONG. Cela se répercute sur la formation des étudiants et surtout leur insertion dans le marché de l'emploi. D'où l'importance de s'ouvrir davantage sur le tissu économique et dynamiser cette composante pour permettre aux étudiants d'acquérir quelques techniques professionnelles assez tôt. C'est ainsi qu'ils pourraient multiplier leur chance d'intégrer le marché du travail.
Sana FARHAT
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L'avis de l'expert
Mahdi Mabrouk, universitaire : « Le partenariat ne doit pas se limiter à des initiatives personnelles »
Il importe tout d'abord, de dire que nous avons des succes story et des exemples d'institutions universitaires qui ont réussi à s'ouvrir sur leur environnement, c'est-à-dire les entreprises et les associations. Il y a des cas à exalter. Ces établissements ont pu établir une bonne communication avec leur environnement, dans le sens où ils ont lancé des masters, des stages en partenariat avec les entreprises. Des experts encadrent également les étudiants dans ce contexte. Ces échanges sont par ailleurs bénéfiques pour l'établissement universitaire parce que ce dernier a pu décliner et orienter sa formation tout en tenant compte des besoins de l'entreprise. C'est en même temps bénéfique pour les entreprises, car elles bénéficient d'un nouveau savoir. Il y a eu un ajustement dans certaines institutions, ce qui a permis de réduire l'écart entre la formation et le marché de l'emploi.
Cette méthode peut être aussi valable pour toutes les spécialités (sciences humaines, sociales…). D'où l'importance de créer des structures qui veillent à développer des partenariats avec l'environnement. Des structures bien outillées tout en ayant les moyens et les prérogatives nécessaires et claires pour assurer le contact entre les deux acteurs. Le partenariat ne doit pas se limiter à des initiatives personnelles noué dans le cadre d'un réseau de contacts.
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Mariem, étudiante en 3ème année Technologies médicales : « Nous ne manipulons pas les techniques requises »
« Les perspectives d'embauche ne s'annoncent pas prometteuses pour nous autres les inscrits dans la spécialité technologies médicales. En effet, durant trois ans d'études, nous ne faisons que poursuivre une formation théorique. Nous n'avons effectuer aucun stage dans une entreprise spécialisée. Il nous sera par conséquent très difficile d'intégrer le marché de l'emploi ou même de lancer notre propre projet dans la spécialité et ce pour la simple raison que nous ne manipulons pas les techniques requises. En fait, notre établissement n'a pas pris l'initiative de nouer un partenariat avec les entreprises actives dans le domaine ce qui nous empêche d'effectuer des stages de formation facilement. C'est vraiment un grand handicap ».


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