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Emploi des maîtrisards : une bombe à retardement
Publié dans Business News le 26 - 04 - 2011

«Donnez-moi des ressources humaines qualifiées. Je créerais, volontiers, de l'emploi ». La parole est à un jeune promoteur tunisien. Il s'exaspère de voir des demandeurs d'emploi à tout va «mais qui manquent, cruellement, de formation, et ce, sans pour autant exiger une expérience professionnelle, même sous la forme de stages sérieusement effectués », souligne-t-il.
Depuis quelques années, chaque été, quelque 50 000 diplômés déferlent sur le marché de l'emploi. « Ils sont dans leur droit d'exiger un emploi, synonyme de dignité et ascenseur social. Toutefois, un chef d'entreprise, se doit de se doter des meilleurs éléments, car la qualité se paie et elle paie », lâche-t-il.
C'est dire qu'autant les universités fournissent des diplômés, autant il y a de chômeurs qui sortent des amphis : « Ce n'est pas de leur faute, je le constate avec amertume. Néanmoins, c'est le système politique qui a dérégulé tout un processus de scolarisation et de formation, ayant fait sa preuve ».
Comprendre que nos universités sont dans une approche purement quantitative et non qualitative. La doléance de notre jeune promoteur est-elle fondée ?
Sommes-nous dans un contexte où pour travailler, il fait bon ne pas avoir de diplômes ? Et là où le bât blesse, c'est que par niveau d'instruction, le taux de chômage le plus bas se trouve chez les analphabètes !
Parallèlement, la part des actifs ayant un niveau d'étude supérieur est appelée à croître durant les années à venir en raison de l'importante augmentation des effectifs des étudiants qui sont passés de 311 mille en 2005 à 350 mille en 2009.
Ainsi, selon les statistiques disponibles sur le site du ministère de la Formation professionnelle et de l'Emploi, la rubrique « Evolution du taux de chômage par niveau d'instruction » révèle que sur une base de taux de chômage de 13,32% pour l'année 2009, les diplômés de l'enseignement supérieur sont les plus touchés, avec 21,9%, suivant les niveaux secondaire (14%), primaire (10,4%). Alors que les analphabètes sont concernés à 6,1% ! (voir tableau). Pour les années précédentes (2005, 2006, 2007 et 2008) ce constat ne varie que légèrement.
Aussi, dans une note émanant de la direction générale de l'Observatoire national de l'emploi et des qualifications, portant sur les principales caractéristiques de la demande d'emploi des diplômés de l'enseignement supérieur, nous pouvons lire que « la part des actifs ayant un niveau d'étude supérieur a enregistré une hausse prononcée, passant de 6,5% en 1994 à 17,2% en 2009 ».
En parallèle, la part des actifs illettrés a affiché une nette baisse en passant de 23,4% en 1994 à 10,5% en 2009 et la part des actifs ayant un niveau primaire a chuté d'environ 6 points en passant de 40,9% à 34,5% ».
Et la même note avertit que « la part des actifs ayant un niveau d'étude supérieur est appelée à croître durant les années à venir en raison de l'importante augmentation des effectifs des étudiants qui sont passés de 311 mille en 2005 à 350 mille en 2009 ».
Petite explication : ceux qui quittent l'école prématurément se dirigent vers les centres de formation professionnelle ou, le plus souvent, apprennent un métier sur le tas. Ils ont le temps pour maîtriser ce métier, accumuler de l'expérience et grimper les échelons. Un tant soit peu, le travail est garanti. Envisager de faire carrière ou se mettre à son propre compte est aussi une alternative envisageable. Les mécanismes de financement existent. Il faut savoir fructifier à bon escient l'argent des banques.
Par ailleurs, le nombre de chômeurs parmi les diplômés a atteint 131 500en 2009 contre 113.800 en 2008, soit une hausse de 17,7 mille chômeurs.
Cette hausse du chômage touche les différents types de diplômes et en particulier les techniciens supérieurs dont le nombre de chômeurs a augmenté de 11,2 mille en passant de 44,3 mille en 2008 à 55,5 mille en 2006.
Dans une étude réalisée par le ministère de la Formation professionnelle et de l'Emploi en collaboration avec la Banque Mondiale sur l'insertion professionnelle des diplômés de l'enseignement supérieur de 2004 (étude basée sur une enquête réalisée auprès d'un échantillon représentatif de 4700 jeunes après environ 3 ans et demi après l'obtention du diplôme), nous apprenons que les ingénieurs en informatique et en particulier les ingénieurs en informatique et télécommunication sont les moins affectés par le chômage.
« En effet, pouvons nous lire, le taux de chômage des ingénieurs en informatique et télécommunication est de 3% contre un taux de chômage de 10% pour l'ensemble des diplômés d'ingénieurs toutes spécialités confondues ».
Quant aux techniciens supérieurs, cette même étude montre que la filière « Télécom et multimédia» est la mieux employable avec un taux de chômage, 3 ans et demi après l'obtention du diplôme, de 22%.
« A contrario, ajoute le rapport, la filière «agriculture et industrie agroalimentaire » est la plus touchée par le chômage (taux de chômage de 47%) ».
Par ailleurs, les techniciens supérieurs ayant poursuivi leurs études dans les Institutions supérieures des études technologiques (ISET) sont moins touchés par le chômage que les techniciens ayant poursuivi leurs études dans d'autres institutions de formation avec des taux respectifs de 32% et 38%.
Ainsi, cette employabilité s'explique par la nature des études effectuées et la nature des recruteurs : le « boom » des start-up tunisiennes y est pour quelque chose, sinon des entreprises étrangères ou des multinationales, attirées par les qualités des ingénieurs tunisiens et des salaires défiant la concurrence européenne.
Concernant les maîtrisards, l'étude signale que le taux de chômage pour l'ensemble des maîtrisards est de l'ordre de 32%.
A l'instar des techniciens supérieurs, les maîtrisards des spécialités dans le domaine de l'informatique sont les moins exposés au chômage avec un taux de 14% seulement.
Toutefois, « les filières de science de la vie, de droit, de sciences humaines, de gestion, d'économie et de la langue arabe sont les plus touchées par le chômage. En effet, le taux de chômage pour ces filières varie entre 43% et 56% » des spécialités, pourtant très fournies en nombres d'étudiants.
Chaque tour de l'orientation universitaire apporte son lot de futurs chômeurs « qui ne répondent que partiellement à la demande du marché de l'emploi et qui en dehors de quelques branches de la fonction publique comme l'enseignement ou l'administration, ne peuvent pas être incorporés dans le circuit du travail », constate notre promoteur.
A la lumière de ces chiffres, respectivement, les ministres de la Formation professionnelle et de l'Emploi, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et de l'Education auront fort à faire. C'est une refonte totale de notre système d'éducation et de formation professionnelle qu'il faudrait entreprendre et non des actions « pimpantes » pour épater la galerie. Car, la saison estivale pointe le nez, et l'on parle de 700 000 demandeurs d'emploi. Une bombe à retardement et une aubaine pour les « ennemis » de la révolution. Adem Zied Ben Ammar


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