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Nombreux points d'accord, divergence sur l'économie
Présidentielle française - Débat Royal-Bayrou
Publié dans Le Temps le 29 - 04 - 2007

Le Temps-Agences - Ségolène Royal et François Bayrou qui ont mené hier un débat sans précédent sous la Vème république, se sont dits d'accord pour souhaiter la fin de l'affrontement entre "blocs" et pour affirmer que leur rencontre ne se solderait pas par un ralliement du candidat UDF.
Il s'agissait, selon la candidate socialiste arrivée deuxième au premier tour de l'élection présidentielle avec 25,8 %, derrière Nicolas Sarkozy (31%), de "faire un bout de chemin ensemble", de "faire émerger des convergences".
Mme Royal et le président de l'UDF, arrivé troisième avec 18,57% des suffrages le 22 avril, ont donc, sur un ton calme et direct mais constamment courtois, confronté leurs programmes et leurs points de vue sur la radio RMC et la télévision d'information continue BFM-TV.
Si les deux responsables ont développé des thèses divergentes notamment en matière économique, ils ont dégagé de nombreux points d'accord, par exemple, sur la nécessité d'abolir l'adoption de projets de loi sans débat (49.3), les indemnités des députés ou pour dénoncer un "verrouillage médiatique".
Les responsables socialiste et centriste étaient d'ailleurs assis côte à côte, séparés certes, mais pas face à face, autour d'une table recouverte de blanc.
"L'affrontement bloc contre bloc, ça ne marche pas", a lancé Mme Royal dès l'ouverture de la rencontre, retransmise à partir de 11H15.
C'est précisément le thème que M. Bayrou avait développé pendant toute sa campagne électorale et qu'il a à nouveau repris: "sur des sujets comme les banlieues, on devrait discuter ensemble".
Fort de ses 6,8 millions de voix réunies le 22 avril, le député béarnais a parlé des "trois forces qui structurent la vie politique française" droite, gauche et centre, avec des dirigeants "de la même génération: nous avons le devoir de faire bouger les choses".
Une foule de journalistes, photographes, cameramen se pressait à l'hôtel où se déroulait cette rencontre inédite; le même hôtel où le président de l'UDF avait tenu mercredi une conférence de presse très suivie et accepté publiquement l'invitation au débat que lui avait lancée lundi à Valence la candidate socialiste.
L'organisation de la rencontre avait été compliquée, plusieurs médias (PQR, Canal +) refusant de l'organiser au nom de l'égalité des temps de parole.
Du coup, Mme Royal et M. Bayrou avaient accusé M. Sarkozy de "pressions", ce que le candidat UMP a récusé, mettant en cause, à propos de M. Bayrou, "la hargne de mauvais perdants qui ne se résignent pas à quitter la scène".
Ségolène Royal et François Bayrou ont assumé leurs désaccords en matière d'économie, notamment sur l'intervention de l'Etat, les 35 heures, les retraites ou les réformes européennes.
La candidate du PS, du MRC et du PRG a défendu pied à pied face au président de l'UDF ses propositions économiques et sociales et a affirmé qu'elle n'était prisonnière d'aucun dogme.
"Sur la question économique, nous avons des désaccords et mon objectif ici n'est pas de chercher à convaincre François Bayrou puisque le pacte présidentiel que j'ai proposé sera mis en application si les Français me confient cette responsabilité", lors du second tour le 6 mai, a-t-elle déclaré.
François Bayrou a critiqué le coût des promesses de la candidate de gauche "au même niveau que celles de Nicolas Sarkozy, à peu près 60 milliards" d'euros, le qualifiant de "déséquilibre considérable supplémentaire apporté à nos finances publiques".
Il a en outre exprimé son désaccord sur l'"idée qu'en donnant de l'argent à un grand nombre de catégories de Français on va relancer la machine, ça n'a jamais marché et ça ne peut pas marcher dans une économie ouverte comme la nôtre".
"Il n'y a pas de dogme, il y a une nouvelle vision du développement économique", a répondu Ségolène Royal. "Je considère que la nouvelle croissance économique s'appuie sur trois piliers : la compétitivité économique, la compétitivité sociale" et l'écologie, a-t-elle ajouté.
La présidente de la région Poitou-Charentes a assuré que "le 'pacte présidentiel' n'est pas un pacte étatique, bien au contraire et c'est ça sa grande modernité".
"Toutes mes réformes économiques et sociales sont faites en partenariat, sous forme de contrats" avec les entreprises, les partenaires sociaux, ou les régions, a-t-elle ajouté.
Interrogé sur la limitation du temps de travail, François Bayrou a estimé que la généralisation des 35 heures prônée par Ségolène Royal "est une très mauvaise idée parce que les entreprises qui vont être ainsi concernées par les 35 heures c'est les plus petites entreprises qui vont être bouleversées dans leur organisation".
La candidate socialiste a expliqué, pour sa part, qu'elle voulait avancer avec les partenaires sociaux sur "la généralisation des 35 heures, non pas au sens dogmatique mais au sens où nous allons voir comment faire en sorte que les conditions de travail s'améliorent dans l'entreprise tout en améliorant la compétitivité dans l'entreprise".
"Je maintiens que c'est un progrès humain considérable et que ce qui compte c'est 35 heures travaillées de façon très productive (...) plutôt que de travailler 39 heures avec des salariés démotivés", a ajouté Ségolène Royal.
A propos de la loi Fillon sur les retraites, Ségolène Royal a promis une nouvelle fois qu'elle "serait revue, en particulier parce qu'elle a créé une inégalité insupportable au dépend des femmes".
Insistant sur l'équilibre précaire du système de retraite en France, François Bayrou a jugé au contraire que "ceux qui pensent qu'on va revenir sur la loi Fillon se trompent".
"La France ne peut pas être le pays dans lequel on travaille le moins d'heures dans l'année et le moins d'heures dans la vie", a-t-il dit.
Ségolène Royal a répondu qu'"une des clefs de la solution du problème des retraites, c'est la relance de la croissance".
"On sait bien que si l'on remet deux à trois millions de travailleurs au travail, on résout le problème de déficit des comptes sociaux", a-t-elle expliqué.
Sur les questions européennes, Ségolène Royal et François Bayrou se sont opposés sur deux points : l'idée d'un salaire minimum et la modification des statuts de la Banque centrale européenne (BCE).
Pour la candidate socialiste, le smic européen "est un objectif indispensable sinon les délocalisations continueront".
François Bayrou a jugé, à l'inverse, que "c'est une idée pas sérieuse, qui ne résiste pas à l'examen une seconde".
La candidate de gauche a répété qu'elle plaiderait si elle est élue pour une réforme du statut de la BCE "parce que je veux que l'Europe s'occupe aussi de croissance et d'emploi".
Soulignant que la critique de la BCE était "un point d'accord entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy", le président de l'UDF a affirmé qu'"ils se trompent tous les deux".
Se plaçant en défenseur de la maîtrise de l'inflation, il a rappelé qu'un euro moins cher s'accompagnerait d'une hausse des taux d'intérêt. Dans cette situation, "vous ne pouvez plus ni consommer ni investir donc vous affaiblissez l'économie française", a-t-il expliqué.


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