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Quand le rituel l'emporte sur l'essentiel
Bac Sport
Publié dans Le Temps le 30 - 04 - 2007

Soulever les problèmes et débordements chaque année de façon quasi similaire par le déroulement du Bac sport et précisément en cette période de déroulement des épreuves pourrait prêter à la limite à controverse, car relativement tardif.
Mais nous oserions espérer que des solutions radicales verront incessamment le jour et pourquoi pas dès la prochaine rentrée scolaire ; Le phénomène se répandant comme une tache d'huile contaminant désormais tous les lycées des grandes villes. Vous l'avez sûrement compris, nous visons les actes de vandalisme perpétrés dans l'enceinte même de l'institution mère par ces futurs bacheliers de retour dans leur collège une fois les épreuves terminées.
Un bref retour sur les conditions de déroulement de cet examen dans les années 70 : les cours prenant fin à Sadiki à 13 heures le Samedi, on se tapait un berlingot de lait STIL (plein de calcium !) à 42 millimes, un quart de pain 13 millimes, cinq petits morceaux de chocolat noir en vrac en guise de stimulant 5 millimes ; 60 millimes en tout le repas ; et on ralliait à la hâte le stade Ali Belhaouane du COT à Mellassine où on concourait à 14 heures en pleine canicule. A la fin de la séance, nous regagnions rapidement Sadiki où nos profs de maths messieurs Chakroun et Mabrouk nous attendaient de mauvais poil pour le cours supplémentaire quotidien et gratuit, ne comprenant pas qu'on sacrifie, à une aussi proche échéance de l'examen final, un après midi à jouer les sportifs en herbe.

Grogne chez les proviseurs
Tous les proviseurs que nous avons approchés ont pratiquement le même discours, des doléances strictement identiques, des réserves analogues ; tous n'ont pas manqué de s'interroger sur l'utilité de perpétuer cette épreuve si on tient compte des dégâts physiques et moraux qu'elle occasionne.
L'année durant, que de paperasse à remplir, à expédier aux différents services ; à titre d'exemple, une liste devant être rédigée en 8 exemplaires et envoyée à autant de services, même procédure pour une liste parallèle mais en 4 copies seulement, sans oublier les convocations. Gaspillage donc de temps et d'argent pour l'administration.
Les moyennes annuelles des trois trimestres, statistiquement parlant et toutes sections confondues (pour les deux sexes), varient entre 16 et 20 ; ces mêmes notes sont pratiquement conservées sinon améliorées d'un demi-point au Bac. Aucun apport supplémentaire donc sur le plan comptable. Au contraire, en cette période d'intensives révisions, les élèves sont braqués sur l'épreuve un mois à l'avance à préparer les « festivités ou Dakhla » d'après l'examen avec des absences pour les leaders et un jour chômé le jour J pour tous les candidats. (avant c'était le samedi après-midi pour ne pas perturber les cours)
Essayez en cette période de trouver le téléphone d'un prof de sport libre, vous devez vous y prendre à maintes reprises et des journées entières à l'avance tellement ils sont saturés de recommandations de la part des parents, des amis, des voisins des postulants...
Certains pour sauvegarder un 20 annuel s'arrangent pour se procurer une dispense du Bac sport ; et là la panoplie des « excuses » est des plus vastes. Nous citerons notamment les entorses malignes de la cheville, les distensions des ligaments latéraux des genoux, les poussées allergiques, les fractures, les crises paroxystiques d'asthme, etc. Tous miraculeusement guéris, remis sur pied après l'épreuve et participant activement à la fameuse Dakhla !

La « Dakhla »*
Signalons tout d'abord que chaque section la prépare dans le secret le plus absolu histoire de mieux la réussir que les autres branches, de leur damner le pion quoi.
Les profs y participent par leur contribution financière (10 dinars) souvent sous la contrainte à peine voilée, faisant contre mauvaise fortune bon cœur.
Des groupes se partagent le travail au détriment il va sans dire des révisions, élaboration de drapeaux géants soutenant facilement la comparaison avec ceux brandis à l'olympico ou au vélodrome, achat des flammes et des fusées éclairantes 20 dinars la pièce, appareils de percussion associés au mzaoudi de la région proposant ses services aux prix forts.
Sitôt les épreuves terminées, tous de se réunir et de rallier le lycée vers les 11 heures. Et là bonjour les dégâts. Faut rappeler que tous les autres écoliers attendent impatiemment l'arrivée de la meute sur le qui vive et sèchent la dernière heure de 11 à midi sans que personne ne trouve à redire !

La hantise de l'administration
Tout le personnel de l'administration, proviseur, surveillants, secrétaires, jardiniers, concierge, plombier, femmes de ménage ; tout ce beau monde est mobilisé, hanté par la peur viscérale de la confrontation et nous pesons nos mots, car il ne s'agit malheureusement pas de quelques envolées emphatiques dramatisant à souhait la situation. Non, l'administration redoute bel et bien l'arrivée de ses propres élèves.
D'où un marché avec les leaders bien des jours avant : on vous laisse faire la fête, mais vous ne cassez rien, ne détériorez point le matériel des labos, n'insultez aucun cadre administratif...
Un brouhaha assourdissant annonce de loin l'exode, le hallali : banderoles, étendards immenses, cacophonie de chants aussi discordants qu'incompréhensibles, des leaders garçons mais filles également SVP, chevelures au vent hissés sur les épaules des camarades les plus robustes des torses affichant une nudité provocatrice sans qu'on n'en ait cure. Tous dans un état second.
N'omettons pas de souligner au passage que l'accord conclu précédemment de tout respecter n'a jamais tenu la route (ébriété, état second, allez savoir) et que les slogans les plus orduriers sont proférés ouvertement à l'adresse du proviseur, du surveillant général en toute impunité. Une occasion en or de régler définitivement leurs comptes à ces imposeurs de discipline l'année scolaire durant.
L'hystérie, le saccage moral mais également physique de durer indéfiniment alimenté il va sans dire par des brebis galeuses, des intrus désœuvrés étrangers à l'enseignement accourus profiter de l'aubaine pour se rincer vicieusement l'œil, se frotter étroitement à des écervelées en transes et alléchés par la perspective de rentrer le cas échéant avec quelques portefeuilles, portables, colliers et bracelets.
Faut-il donc annuler ces épreuves du « Bac Sport » et ne retenir que les moyennes annuelles ? Sans le dire ouvertement beaucoup de proviseurs le souhaiteraient. Des profs de Sport aussi. Mais là, n'est pas notre propos. Il faut que cette journée de Bac Sport ne sorte pas de son cadre. C'est à dire agir contre les débordements de la « Dakhla » plutôt que d'annuler un examen noble, parce que la pratique du sport a toujours fait partie des fondements de l'enseignement. Dans le temps, c'était même un point focal dans les rivalités (saines) inter-collèges.
Mohamed Sahbi RAMMAH

* La « Dakhla » est une manifestation faite par les élèves pour fêter leur Bac Sport à l'image des rencontres de Football


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