La mairie israélienne de Jérusalem met-elle le gouvernement de Netanyahu dans l'embarras ? C'est, en tout cas, ce qu'essayent d'insinuer des dépêches d'agences de presse après le feu vert donné à un projet archéologique qui prévoit la destruction de maisons palestiniennes dans le quartier arabe de Silwan à Jérusalem-Est. Il est difficile de connaître exactement les motivations qui ont poussé la municipalité de Jérusalem à prendre une telle décision, mais il faut reconnaître qu'une atmosphère de confusion prévaut dans les sphères de prise de décisions à Tel-Aviv ou du moins c'est ce qu'ils veulent faire apparaître. Tout le monde sait qu'Israël est sous forte pression internationale après le raid meurtrier contre la flottille de la liberté et qu'il est en train de tout mettre en œuvre pour échapper à la mise en place d'une enquête internationale, consentant même à un allègement du blocus de Gaza, faute de sa levée. Une telle affaire risquerait d'accentuer l'isolement d'Israël et de le mettre encore une fois sous le feu des critiques. Mais les dirigeants israéliens ont le don de savoir se disculper et sont passés maîtres dans l'art des manœuvres dilatoires et de partage des rôles. Benyamin Netanyahu s'est empressé de se dédouaner en expliquant que le “Premier ministre n'avait pas le pouvoir d'intervenir dans la gestion de la municipalité”. Pareil pour son ministre de la Défense Ehud Barak qui depuis New York a déclaré que " la municipalité de Jérusalem n'a pas fait preuve de bon sens, ni de sensibilité concernant le moment choisi ". Reste qu'il s'agit de colonisation, un sujet sur lequel les Israéliens ne risquent pas de se diviser, car il est l'impératif même de la judaïsation et la raison de l'existence du “Grand Israël”. Les Etats-Unis et le monde peuvent critiquer tant qu'ils le voudront, rien n'arrêtera Israël dans ses sombres desseins. Quant aux Palestiniens, ils peuvent invoquer la mort du processus de paix et crier à l'injustice. Ils ne seront pas sûrs d'être entendus.