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Rituel creux et juste protocolaire
Le serment politique
Publié dans Le Temps le 04 - 02 - 2011

L'histoire des serments politiques remonte à très loin, mais ce n'est pas là le lieu pour la relater dans tous ses détails. Nous avons voulu plutôt nous interroger sur la valeur que ce genre d'engagement solennel peut encore avoir chez nous en Tunisie, surtout après avoir constaté que sous le règne de Bourguiba et bien moins durant l'ère Ben Ali le serment constitutionnel (« el yamine eddoustouriyya ») que les uns et les autres de nos dirigeants et hauts responsables prêtent ne les a vraiment pas retenu de manquer à leurs devoirs moraux et patriotiques pour le respect desquels ils ont pourtant juré, la main sur le Coran.
Est-il encore nécessaire aujourd'hui de maintenir cette pratique qui, jusqu'à nouvel ordre, a peu contribué à la moralisation de l'action et de la vie politiques dans notre pays ? La nouvelle constitution tunisienne exigera-t-elle du prochain chef de l'Etat et de ses ministres de prêter de tels serments ? Déjà, l'actuel « Destour » n'exige pas explicitement que les hommes qui dirigent la Tunisie soient croyants et encore moins musulmans ? D'ailleurs, comment faire pour être sûr que le président élu ou ses ministres sont croyants et tiennent pour sacré le Livre saint sur lequel ils jurer ? Et si l'un de ces gouvernants était ouvertement incroyant, faudrait-il le dispenser du serment ou l'obliger à jouer la comédie ? Ne se peut-il pas que l'un des dirigeants élus soit tunisien chrétien ? Lui tendra-t-on un autre livre sacré pour jurer alors que l'article premier de l'actuelle constitution précise que notre pays est arabe et musulman ? Faudra-t-il priver du droit de se présenter aux élections présidentielles tout candidat non croyant et non musulman ? Nous posons toutes ces questions pour sensibiliser à la problématique très complexe que pose le serment politique. Et en attendant d'élargir le débat sur la question, nous l'avons d'abord soulevée avec M. Mansour Cheffi, l'ancien bâtonnier, avec l'imam d'une mosquée d'El Ouardia (qui a préféré garder l'anonymat) et avec un universitaire, M. Mohamed Habib Azizi, professeur d'histoire.
M. Mansour Cheffi (avocat à la retraite, ancien bâtonnier) : « Revaloriser le serment et le faire respecter »
«Vous avez raison de soulever ce problème. C'est vraiment l'heure de moraliser notre vie politique et de confier le destin du pays à des hommes réellement intègres et indépendants. Et je voudrais à l'occasion qu'on commence par assainir le Ministère de l'Intérieur, par désigner des magistrats moralement irréprochables et surtout indépendants politiquement, à la tête des différentes directions de cette administration (NDLR : ces propos ont été recueillis avant les mesures administratives prises mardi dernier par M. Farhat Rajhi, Ministre de l'Intérieur). En ce qui concerne le serment constitutionnel, il faut le revaloriser, lui faire retrouver son caractère sacré et le faire respecter en prenant des sanctions très sévères contre quiconque y manque. Et à ma connaissance, des sanctions de ce genre existent dans le Code pénal. »
Un Imam d'El Ouardia
« Certes, il est dans la nature de l'homme de se tromper, de faiblir devant les tentations du Diable et les attraits de l'ici-bas. Mais quand on a la foi véritable, on n'ose pas jurer un serment devant Dieu et le peuple puis y manquer. Ben Ali a beau effectuer son pèlerinage et plusieurs omras, cela ne le rachètera pas des méfaits qu'il a continué à commettre après avoir accompli ces rites sacrés. Preuve qu'il n'a rien d'un pèlerin authentique. Je suis certain qu'il a connu des moments de remords, mais le Diable l'habite au point de le ramener très vite sur la voie du péché et de la malfaisance. Seulement voilà, l'Histoire ne pardonne pas et Dieu ne lui a accordé en fin de compte qu'un sursis. En effet, sa chute est inscrite dans une logique divine. Tout a été agencé pour lui faire connaître cette fin déshonorante. Pour en revenir à notre sujet sur le serment des politiques, je pense qu'il pose une question de foi et de principes. De valeurs aussi sans lesquelles il serait très difficile de moraliser la politique. »
Mohamed Habib Azizi (historien)
« Le serment est aujourd'hui un acte purement protocolaire qui s'accomplit dans des espaces politiques (palais présidentiel, Assemblée nationale, Ministères etc.). Il ne se fait plus comme autrefois à la mosquée et devant la Oumma. Cette formalité, nous l'héritons d'abord de la tradition politique française. Je pense plus particulièrement au Serment du Jeu de paume qui, rappelons-le, est un serment laïc. Mais le serment que prêtent nos dirigeants est en fait une synthèse entre cette tradition française et la tradition protocolaire musulmane datant de l'ère ottomane ; je veux dire du temps de l'investiture du Bey et qui se déroulait selon le scénario suivant : on lisait des sourates et des versets du Coran devant le futur Bey et ce dernier n'était pas obligé de prêter le serment sacré dans la mesure où il allait de soi dans l'esprit de son entourage et de son peuple que son pouvoir lui était dévolu légitimement par Dieu et par ses droits de succession. Le serment politique puise ainsi sa légitimité de celle du souverain.»


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