Certains établissements scolaires à Djerba, et plus particulièrement les lycées, vivent au rythme des évènements politiques en cours, et au gré de l'humeur du jour des élèves qui n'agissent finalement qu'à leur guise. Depuis la reprise des cours après la Révolution glorieuse du 14 janvier, les lycées n'ont jamais affiché complet du fait de la désertion injustifiée des cours par certains élèves désireux de tout faire, sauf de se pencher sur leurs études pour récupérer le temps perdu. Dans les premiers jours de la reprise, la quasi paralysie de l'activité scolaire était imputée à tort ou à raison à ces bandes de délinquants agissant pour le compte de certains manipulateurs occultes, mais la vérité maintenant est autrement vécue, c'est que certains élèves qui n'ont plus d'espoir de se rattraper, ou pour une quelconque autre raison de loin objective, parviennent tant bien que mal à entraîner dans leur sillage les autres pourtant désireux d'étudier, en les empêchant de rejoindre les salles de cours ou parfois en faisant sortir ceux qui y sont. L'attitude contestataire des élèves, au début, était somme toute compréhensible, ce qui justifie d'ailleurs la mobilisation de tout le personnel administratif et enseignant en faveur de la cause de l'élève en se mettant à l'écoute de ses doléances légitimes en vue de les aplanir ; cependant, force est d'admettre que plus rien désormais n'est en mesure de nous convaincre du bien fondé de leur désertion intermittente des cours et de ce changement continuel d'humeur qui dénote parfois un déficit de conscience et de sens de responsabilité. A quelques jours de la semaine bloquée, et en l'absence de mesures compensatoires explicatives émanant de l'autorité de tutelle au sujet de la fréquence des épreuves écrites et de la date de leur déroulement, beaucoup de nos élèves, nos braves élèves et ils sont majoritaires, sont vraiment dans la tourmente et s'inquiètent à raison quant à l'issue de ce deuxième trimestre qui touche presque à sa fin ; les professeurs, à leur tour, ne savent plus sur quel pied danser, et sont confrontés de ce fait à un dilemme: comment concevoir un modèle d'évaluation avec le peu de matière dont sont en possession les élèves, sans pour autant les léser ?