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«L'Etat et les religions sont trop étranges pour s'aimer et trop frères pour se séparer»
Théma «Les religions dans les démocraties»
Publié dans Le Temps le 29 - 06 - 2011

L'islamophobie a-t-elle encore une place dans une Tunisie qui a renvoyé au diable un Ben Ali ayant longtemps fait office de rempart contre la menace islamiste pour justifier son despotisme ? Va-t-on également, envoyer au cimetière des utopies, des illusions perdues pas très facile à accepter, comme le retour d'un parti religieux et son ascension au sommet du pouvoir ? Mais il ne faut pas se leurrer, car les Nahdhaouis l'ont dit et ne l'ont jamais assez dit,
« Ennahdha est un parti politique qui s'inspire de la religion » et non pas un parti religieux comme l'entendent ceux qui doutent d'un retour à l'intégrisme rampant et sectaire en Tunisie… Et pourtant le débat sur Ennahdha continue d'alimenter les discussions les plus houleuses pour verser au final dans une polémique sur le sexe des anges. Au diable les préjugés ! Ce serait également l'idée soutenue par les organisateurs du colloque tenu à Tunis samedi et dimanche derniers. « Les Religions dans les démocraties », tel était le thème de ce colloque organisé par la Chaire UNESCO des études comparatives de religions et Konrad-Adenauer-Stiftung. La deuxième journée du colloque a eu pour objectif d'étudier le cas de la Tunisie où il était question de savoir si l'Islam est compatible avec notre démocratie en gestation.
La démocratie et ‘'Choura'' quels rapports ?
Ajmi Lourimi membre du bureau exécutif d'Ennahdha a essayé de trouver un parallèle entre la démocratie et la ‘'Choura'' ( qui peut être traduit par le principe du consensus en Islam). L'intervenant ayant construit son exposé notamment sur les analyses du penseur islamique Malek Ibn Nabii, considère qu'il y a lieu de comparer le régime islamique reposant sur la Choura et la démocratie puisque tous deux donnent naissance à « l'Homme nouveau ». Et ce, en sortant de deux négations, à savoir la négation de l'asservissement de l'individu et celle du despotisme en tant qu'autorité tyrannique entre un gouverneur et un gouverné. Toujours selon lui l'Homme nouveau n'est plus un sujet mais un citoyen.
Ajmi Lourimi rappelle qu'avec la chute de l'empire Ottoman ou encore le ‘'bloc de l'Islam'' la question de la modernisation s'est posée pour les pays dont l'Islam est la religion. Mais cette phase de modernisation ne s'est pas opérée sans heurts. Car le principe de la laïcité est depuis devenu le cheval de bataille des défenseurs de l'Etat moderne. Il rappelle une citation de Iadh Ben Achour qui a dit depuis quelques années ce qui peut être traduit par « l'Etat et la religion sont trop étranges pour s'aimer et trop frères pour se séparer ».
Il a montré par ailleurs, que c'est aux mouvements islamiques de proposer des solutions liées à la régression du monde islamique, aujourd'hui, d'où la nécessité de ne pas dissocier Etat et religion, d'autant plus que « la laïcité a perdu de son sens aujourd'hui. Le terme a pris le dessus sur son sens, le contenant a triomphé du contenu. On est dans la post-laïcité.» fait-il remarquer.
L'islam et notre identité
Une idée que l'on retrouve également dans l'intervention de Mohamed Goumani, ( un ancien membre du Parti démocratique progressiste PDP), actuellement le secrétaire général du parti de la Réforme et du développement. Il explique, en effet, que la religion est ce qui fait l'identité d'un pays. En faire un Etat sécularisé, c'est le déraciner. L'intervenant considère que dans cette étape transitoire dans laquelle se retrouve notre pays, il y a lieu de donner la priorité à un consensus national pour pouvoir réfléchir sur les vrais problèmes que l'on rencontre pour l'heure pour ne pas entrer dans une polémique qui ne mène à rien sinon à faire perdurer l'instabilité. Selon lui « tout développement doit prendre en ligne de compte l'identité. L'islam en fait partie et ce, selon l'article premier de notre Constitution.»
Ajmi Lourimi a lui aussi cité dans son intervention le premier article de la Constitution pour montrer, par ailleurs, que son parti, dont l'Islam est la raison d'être, a toute sa place dans le paysage politique. Sauf que selon ce même article de la Constitution la Tunisie est définie comme étant musulmane et non pas islamiste. N'est-ce pas Monsieur Ajmi Lourimi ?
D'autres questions nous reviennent également et restent pour l'instant en suspens : qui nous garantit qu'Ennahdha ne va pas resserrer l'étau une fois le verdict du suffrage aura était à leur faveur? Qui nous garantit que son activisme ne va pas avoir raison des acquis de la femme tunisienne ? Jusque-là Enahdha a montré ses bonnes intentions. Et comme le dit l'Islam « les actes ne valent que par les intensions. » En attendant que les actes des Nahdhaouis suivent leurs intentions, on reste vigilant.


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