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Ces murs qu'on détruit, ces murs qu'on érige...
Retour d'Allemagne
Publié dans Le Temps le 25 - 06 - 2007

A Berlin, ville longtemps divisée par un «Mur» de haine et de suspicion, le débat sur les moyens de faire face au fanatisme et à l'incompréhension entre les peuples prend tout son sens.
Dimanche 10 juin, une journée particulièrement chaude. Les Berlinois – et les Berlinoises –, en shorts et tee shirts, bronzent sous le soleil de midi, assoupis sur les rectangles de verdure ou attablés aux terrasses des cafés.
Devant la majestueuse Porte de Brandebourg, au milieu de la Pariser Platz, des touristes posent aux côtés de deux soldats d'opérette en uniformes états-unienne et soviétique.
Non loin de là, au flanc du Tiergarten, immense parc public, véritable poumon de la ville, qui fait office de centre politique et quartier diplomatique abritant les sièges de la Chancellerie, du Bundestag – installé dans les bâtiments réaménagés du Reichtag –, ainsi que de nombreuses ambassades, le monument à la mémoire des juifs assassinés en Europe pendant la Seconde Guerre Mondiale maintient vivace le souvenir des crimes nazis. Inauguré en mai 2005, cet étrange mémorial se décline en une interminable suite de murets noirs, en forme de tombes, où l'on se perd comme dans un labyrinthe de la mort.
Un peu plus au sud, au milieu de la Friedrichstrasse, devenue artère commerçante où se succèdent les grandes marques de la haute couture française, on découvre le tristement célèbre Checkpoint Charlie, ou ce qui en reste : une baraque reconstruite, avec des sacs de sable et deux grands portraits de soldats américain d'un côté et soviétique de l'autre.
Unique point de passage entre Berlin-Est et Berlin-Ouest jusqu'à la chute du «Mur» le 9 novembre 1989, cet emblème de la guerre froide et symbole de la partition de l'Allemagne entre 1940 et 1990 est devenu, par un curieux retournement de l'Histoire, l'une des attractions touristiques de la ville. Il en est de même des médailles, décorations, tuniques militaires et drapeaux soviétiques, exposés dans les vitrines des boutiques de souvenirs et qui font désormais le bonheur des collectionneurs.
Ça et là, des pans du défunt «Mur», blocs de béton couverts de dessins, graffitis et tags richement colorés, s'offrent au regard des passants comme autant de témoignages d'un passé à jamais gravé dans la mémoire des Berlinois, des Allemands et de tous les Européens, lorsque le Vieux Continent était divisé en deux blocs ennemis: Est contre Ouest, et vice versa.
Aujourd'hui, l'Allemagne est réunifiée. Et, surtout, réconciliée avec ses voisins. L'Europe, elle aussi pacifiée et réunifiée, fête cette année le cinquantième anniversaire de traité de Rome qui a inauguré son processus d'intégration. Les massacres de la Seconde Guerre Mondiale ont-ils été oubliés pour autant ? Non, bien sûr. La preuve: au n° 8 Niederkirchnerstrasse, une exposition en plein air intitulée «Topographie de la terreur» se tient sur le lieu même où se trouvaient, entre 1933 et 1945, l'office de la Gestapo, police secrète de l'Etat nazi, le Service de la sécurité de la SS et l'Office central de sécurité du Reich, c'est-à-dire les institutions centrales de l'appareil de terreur du Parti national-socialiste. Ici, les photos des bourreaux (Göring, Himmler et autres Goebbels) côtoient celles de leurs innombrables victimes, juifs ou opposants au régime hitlérien, sauvagement torturées, avant d'être liquidés et enterrés dans des fosses communes.
Ce douloureux passé, que la ville continue de faire revivre comme pour mieux l'exorciser, résonne dans notre conscience d'homme comme un avertissement : plus jamais ça ! Mais, devant tant d'horreur passée, peut-on s'empêcher de penser aux crimes que l'on continue de commettre, au jour d'aujourd'hui, dans d'autres régions du monde ? Peut-on ne pas penser aux peuples palestinien, irakien, afghan, somalien, tchétchène, ou encore les réfugiés du Darfour, encore soumis à l'occupation étrangère et à la terreur des armes ? Peut-on ne pas penser aussi aux opposants réprimés dans leurs propres pays, aux journalistes que l'on assassine parce qu'ils ont osé lever le voile sur quelque dérangeante vérité, aux candidats à l'émigration dont les corps noyés sont rejetés par la mer, aux innombrables victimes du terrorisme, de la haine raciale, du fanatisme et de l'incompréhension ? Peut-on ne pas penser également aux innombrables «murs», physiques et psychologiques, que l'on continue d'ériger entre les hommes, les cultures, les religions et les communautés ?
Toutes ces questions, ainsi que leur traitement par les médias, ont été au centre d'une rencontre internationale réunie, les 11 et 12 juin, dans la capitale allemande, autour du thème: «Médias et compréhension entre les cultures: défis et réponses». Nous y reviendrons avec plus de détails dans notre édition de demain.
Demain : 2 – La compréhension entre les cultures est-elle possible ?
L'Allemagne et la Méditerranée
De par son histoire et sa géographie, l'Allemagne aime regarder vers l'Est. Ce tropisme oriental, qui s'est accentué après la réunification du pays, en 1990, et, surtout, après l'entrée des pays de l'Est dans l'Union européenne (UE), ne l'empêche pas cependant d'honorer ses engagements vis-à-vis des pays sud-méditerranéens auxquels elle est liée par des accords bilatéraux, mais aussi par des accords de partenariat multilatéraux dans le cadre du processus Euro-Med et de, son héritière, la Politique européenne de voisinage (PEV).
C'est donc tout naturellement que le pays de la chancelière Angela Merkel – qui a présidé durant le premier semestre 2007 le Conseil de l'UE – a organisé une série de réunions visant à mettre en place une plateforme de dialogue et de coopération entre les représentants des gouvernements et ceux des sociétés civiles dans la zone Euro-Med.
Ainsi, le 16 mars, la Conférence sur le Réseau pour l'Emploi et le Dialogue social dans la région Euro-Med a réuni les membres des chambres de commerce et des syndicats patronaux, ainsi que des ministres du Nord et du Sud de la Méditerranée. Du 26 mai au 3 juin, le Parlement Euro-Med de la Jeunesse a réuni son premier conclave à Berlin. Le 31 mai, la capitale allemande a accueilli le séminaire de l'EuroMeSCo sur «la Gouvernance, la Réforme et les Droits de l'homme dans la région EuroMed». Les 11 et 12 juin, le siège du ministère allemand des Affaires étrangères a abrité une rencontre sur le thème : «Médias et compréhension entre les cultures: défis et réponses».
Cet engagement de l'Allemagne en faveur de l'intégration euro-méditerranéenne ne devrait pas faiblir après la fin de la présidence allemande de l'UE, souligne-t-on ici.
«Le volet politique [du partenariat euro-méditerranéen] pèse lourd, peut-être parce qu'on n'est pas encore parvenu, en raison du conflit au Proche-Orient, à finaliser une charte pour la paix et la stabilité», admet Günter Gloser, ministre d'Etat pour L'Europe, qui a ouvert les travaux de la rencontre sur: «Médias et compréhension entre les cultures». De même, «la menace terroriste s'est accrue. L'islam politisé est en plein essor. La mondialisation économique a eu son prix, comme dans le secteur textile. La population des pays partenaires augmente, mais le développement économique ne suit pas. Le taux d'analphabétisme augmente et les possibilités d'éducation diminuent. Par manque de perspectives, nombreux sont ceux qui considèrent l'émigration vers l'Europe comme la seule issue. Dans les pays partenaires, la tendance est aux valeurs religieuses fondamentalistes et au refus des sociétés séculières».
Cela n'a pas manqué de provoquer une fracture dans la cohabitation culturelle, comme en témoignent les remous suscités, au cours des dernières années, par l'assassinat du cinéaste hollandais Theo Van Gogh par un extrémiste islamiste, les caricatures du prophète Mohamed publiées par un journal danois, les propos du pape Benoît XVI sur la violence en islam ou, plus récemment, l'anoblissement par la reine de Grande-Bretagne de l'écrivain Salman Rushdie, auteur des ‘‘Versets sataniques'', roman perçu par de nombreux musulmans comme une atteinte à leur religion.
Tout en admettant les obstacles qui entravent la bonne marche du dialogue euro-méditerranéen, le responsable allemand souligne cependant les succès enregistrés dans le domaine de la coopération économique, qui devrait aboutir à la création d'une zone de libre échange euro-méditerranéenne d'ici 2010, «en faisant fusionner les accords bilatéraux et le libre échange Sud-Sud».
M. Gloser souligne aussi les avancées réalisées dans les domaines de la coopération sécuritaire, notamment l'adoption, en novembre 2005, lors du sommet célébrant le 10ème anniversaire d'Euro-Med, du Code de conduite dans la lutte contre le terrorisme, ou dans les domaines de l'énergie, de la protection de l'environnement, de l'éducation, de la justice et de la culture. Sans oublier les échanges entre les sociétés civiles, «qui apportent une contribution importante au respect des droits fondamentaux et à la liberté de la presse».


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