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« Nous nous installons en Tunisie, essentiellement pour soutenir les PME »
Eclairages- Jan Fischer, vice-président de la BERD au Temps
Publié dans Le Temps le 28 - 01 - 2012

La Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement, (BERD) ouvre son bureau à Tunis, au mois de février prochain. Il s'agit là de l'une des plus importantes institutions financières, avec une expérience de plus de vingt ans dans des pays dont la situation est similaire à la Tunisie aujourd'hui.
Nous avons saisi l'occasion de sa visite en Tunisie pour rencontrer Jan Fischer, vice-président de la BERD pour nous éclairer sur les missions et les objectifs que cette banque réserve à la Tunisie. Interview
Le Temps: Après les multiples rencontres que vous avez eues avec les différents responsables et acteurs économiques, pourriez-vous situer votre visite dans son cadre ?
Jan Fischer: Après ce qui s'était passé en 2011, les politiciens de différents bords, de l'Europe et des Etats Unis ont manifesté un grand intérêt pour venir à l'aide de la Tunisie. Un intérêt qui s'est surtout manifesté lors du sommet des G8 à Deauville en France au mois de mai 2011. C'était un appel à l'ensemble des institutions financières internationales, dont notamment et explicitement la BERD (Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement), qui a été appelée à s'engager en Tunisie. La Banque a ainsi réagi, et aujourd'hui la Tunisie se compte parmi ses membres. Nous sommes une famille, et je ne peux qu'exprimer ma satisfaction d'avoir la Tunisie au sein de cette famille. C'est le début d'une relation entre la BERD et la Tunisie qui pourrait être établie en se basant sur les performances de la banque en tant qu'une institution ayant un modèle d'exercice clair basé sur les projets. Nous travaillons à partir de stratégies, de programmes et des visions. Tous les détails sont discutés et évalués en fonction des négociations entreprises entre la banque et le gouvernement, ainsi qu'avec les autres acteurs de la société civile. Ceci sans oublier les cercles d'affaires qui sont un pilier d'une grande importance pour nous. Par la suite on détermine les domaines d'intervention et les priorités qui reflètent les besoins et les exigences mentionnés par le gouvernement et les autres partenaires pour enfin convertir ces stratégies en actions et projets propres. Tout cela en ayant dans l'esprit non seulement les résultats purement économiques et financiers, mais aussi l'impact sur l'environnement, le développement durable, les conditions sociales et l'impact social de nos projets. Parlant des domaines, la première chose que je voudrais bien souligner, c'est l'expérience de plus de 20 ans de notre banque qui a bénéficié à tous les domaines variables dans plusieurs pays. Je parle ici de domaines d'affaires notamment les petites et moyennes entreprises (PME), un domaine où l'on a tout fait pour améliorer la situation du marché de l'emploi. Et c'est l'un des domaines où justement la banque peut apporter beaucoup de choses en Tunisie. Car nous avons constaté que le taux de chômage est très élevé, et c'est surtout la structure du chômage qui agace, car les jeunes sont au chômage depuis de longues années, ce qui pose une vraie problématique. Nous comptons mettre en œuvre tout ce dont la banque dispose pour améliorer la situation, et j'espère que le marché du travail deviendra conforme aux besoins du gouvernement.

Vous avez mentionné l'Initiative de Deauville, où les chefs de gouvernements et présidents des pays les plus industrialisés ont promis de débloquer des fonds pour les pays du Printemps Arabe, alors que certains observateurs affirment qu'il ne s'agit pas d'argent frais et qu'on parle là de prêts déjà accordés avant 2011 ! Qu'est-ce que vous en pensez ?

Notre banque se mobilise et nous comptons apporter les financements à partir de nos propres ressources, et de nos donateurs. Il faut aussi dire que la coopération bilatérale a été établie avec différents bailleurs de fonds. Nous comptons faire usage de l'ensemble de ces fonds dans l'ensemble de la région Afrique du Nord et Moyen Orient. Nous comptons aussi sur la coopération multilatérale, notamment avec les fonds de l'Union Européenne et surtout le fonds de la politique européenne de voisinage qui a mis à la disposition 20 millions d'euros pour la coopération technique à travers la région. Les bailleurs de fonds individuels ont à leur tour promis 20 millions de dollars, et à notre tour nous comptons mobiliser d'autres fonds pour la coopération technique. Notre ambition est d'atteindre les 100 millions d'euros pour entamer la première phase de la coopération technique. En ce qui concerne les prêts et les investissements, quelque chose que nous pourrions entamer une fois les procédures de ratification affinées, nous les estimons à 2.5 milliards d'euros par an pour l'ensemble de la région (il s'agit essentiellement de quatre pays, la Tunisie, le Maroc, l'Egypte et la Jordanie NDLR). Les chiffres et les estimations dépendent en effet des exigences du pays et de la responsabilisation des projets à concrétiser.

En ce qui concerne le secteur financier tunisien, avez-vous certaines propositions ou idées susceptibles de le réformer et lui permettre de contribuer au financement des projets à mettre en œuvre ? Et comment améliorer l'innovation au sein de ce secteur ?

Il y a deux aspects. Si on veut parler sérieusement des conditions pour améliorer le rendement des PME, qui est notre secteur de prédilection, nous devons poser la question sur la manière de les financer ? Comment mobiliser des fonds pour les PME ? Les patrons de ces PME et des PMI sont essentiellement concernés par ces sources de financement de leurs activités, et la première source c'est bien évidemment les crédits. On doit absolument améliorer la structure et la capacité à octroyer des crédits des banques privées tunisiennes pour pouvoir mettre en place les lignes de crédits que la BERD mettra à la disposition des PME tunisiennes. On doit améliorer le degré de confiance des chefs de ces PME vis-à-vis des banques. Le deuxième concerne ce qu'on appelle les institutions de crédits non bancaires, telles que les institutions de micro- crédits et les sociétés de leasing, etc… Vous avez mentionné l'innovation. C'est un sujet assez large. Nous l'avons abordé avec l'ensemble des décideurs que nous avons rencontrés tout au long de notre séjour en Tunisie, c'est un sujet de débat auquel devrait prendre part tous les acteurs, non seulement le gouvernement mais aussi les acteurs économiques et les associations. Je pense que c'est un sujet sur lequel nous reviendrons à chaque fois dans l'objectif d'améliorer la capacité d'exportation du pays, notamment dans des secteurs bien déterminés. C'est aussi un aspect très important pour promouvoir la compétitivité de la Tunisie. Il faut donc appliquer et réorienter les principes d'innovation surtout dans des branches industrielles afin de doter les produits tunisiens d'une valeur ajoutée plus importante, ce qui faciliterait leur écoulement sur les marchés externes. C'est un sujet qui sera longuement discuté au cours de nos prochaines réunions avec le gouvernement et les autres acteurs économiques tunisiens.

Nous voudrais rebondir sur la question des lignes de crédits. Beaucoup de ces lignes de crédit sont mises à la disposition des entreprises tunisiennes, notamment les PME, de la part de nombreux bailleurs de fonds, mais connaissent une très faible affluence. Pensez-vous que ce sera différent avec la ligne de crédit que la BERD compte lancer ?

C'est exactement quelque chose que je voulais mentionner. Il y a certainement la première partie, celle qui concerne la mise en disposition de lignes de crédits des bailleurs de fonds aux banques locales, et par la suite c'est au tour des banques locales de devenir responsables de permettre ces lignes de crédits d'être accessibles au secteur privé et surtout aux PME et PMI. Le problème se situe au niveau de l'efficacité de la coopération technique bien préparée et bien orientée. Quel message à adresses à ces PME : voilà, c'est une opportunité à saisir, vous pouvez vous adresser à telle ou telle banque. Si j'ose dire, il s'agit là d'une sorte de déficit d'information et de communication. Comment collecter la bonne information sur les activités des banques et comment en être capable d'en bénéficier ? L'objectif n'est pas d'injecter l'argent de la part des banques et des bailleurs de fonds. L'essentiel c'est d'améliorer le savoir et de diffuser l'information auprès des PME.

Comment la BERD compte-t-elle coordonner avec les autres bailleurs de fonds ? Surtout que l'ensemble des donateurs compte focaliser sur les mêmes problèmes, à savoir le chômage et le déséquilibre entre les régions ?

Nous sommes encore en phase de coopération technique. Une phase durant laquelle les banques devraient largement utiliser les fonds alloués. La BERD dispose d'une expérience de 20 ans dans l'administration des donateurs, surveiller et analyser l'efficacité de l'usage de l'argent des bailleurs de fonds, une donne qui édifie et consolide leur confiance pour fournir leur argent à la banque et lui faire acte de foi que leur argent sera utilisé de la meilleure façon qui soit, avec des résultats concrets dans les pays d'intervention. Lorsque nous avons tenu notre assemblée avec nos différents partenaires au mois de novembre à Londres, nous avons évoqué cette question, comme nous avons attiré leur attention à cette région. Nous avons en cela l'appui de la Commission Européenne avec laquelle nous travaillons en symbiose. Le résultat est que nous avons eu une promesse d'octroi de 20 millions d'euros de la part de donateurs individuels, ainsi que celle de l'Union Européenne de pouvoir bénéficier de la politique européenne de voisinage et ses fonds alloués de 20 millions d'euros. C'est la façon avec laquelle la banque travaille, tout en jouissant de la confiance de ses partenaires et ses bailleurs de fonds. Une expérience et une confiance que nous mettrons à la disposition de l'ensemble des acteurs dans la région.

Vous avez mis l'accent sur la nécessité de décentraliser la décision en Tunisie et accorder une plus importante implication de prise de décision de la part des municipalités. Comment envisagez-vous cette esquisse et comment faire pour obtenir les meilleurs résultats d'un tel processus ?

Je pense que les portes de la banque sont grandes ouvertes pour toute contribution, surtout que nous sommes encore en phase de coopération technique, mais aussi à toute initiative d'accord de crédit, ou encore d'investissement. Par la suite, nos investissements sont accessibles pour tous les projets d'investissements là où les municipalités seront bénéficiaires, nos portes demeurent ouvertes. Dans la majorité des pays partenaires où la banque opère, on est engagé non seulement au niveau central, mais aussi au niveau des projets qui englobent les localités. Des projets qui tendent à améliorer les infrastructures municipales telles que les routes, la gestion des déchets, les problèmes environnementaux, les transports, etc.. Soit tout ce qui est organisé au niveau municipal. Il n'y a aucune raison que cela ne soit pas le cas pour la Tunisie.
Propos recueillis par Haykel TLILI


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