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La Tunisie, et avec elle le Maghreb, occupera une place essentielle dans ce dispositif
Projet d'Union Méditerranéenne - • Un entretien exclusif avec M. Serge Degallaix, Ambassadeur de France à Tunis
Publié dans Le Temps le 07 - 08 - 2007

C'est au cours d'un meeting électoral à Toulon que le candidat Sarkozy en avait émis l'idée pour la première fois. Puis, elle fut reprise, lors de son premier discours officiel le soir même de son élection en tant que Président de la République.
Il en fit état de nouveau, de façon plus nette, lors de la visite de travail et d'amitié qu'il effectua en Tunisie en juillet 2007. Depuis quelques émissaires ici et là pour convaincre, la Turquie surtout, plus que réticente. Hosni Moubarak, en visite à Paris, se dit « enthousiaste », lui.
Concept nouveau qui soulève quelques questions, en cette période de rééquilibrage au niveau des rapports de force, une volonté de s'assurer des sources d'énergies suffisantes et diverses, pour les pays européens face à l'avancée de la Chine et des pays dits émergents, en Afrique et ailleurs. Est-ce une manière de maîtriser ainsi de façon collective « l'émigration choisie »? Est-ce aussi une façon de s'assurer un confortable marché, pour faciliter l'écoulement des produits et arrêter les torrents venus d'Asie ? Est-ce la fin du processus de Barcelone qui n'a pas encore su mettre sur pied une coopération structurée et fructueuse ?? Est-ce un espace pour mieux coordonner la lutte contre les groupes terroristes, démonter les circuits de blanchiment de l'argent, les circuits de la drogue, le trafic d'armes ?.....

Cette Union Méditerranéenne est-elle une nouvelle institution qui va s'ajouter au processus de Barcelone, au 5+5, à tous les projets d'association et de partenariat en cours ?
Ce projet a été énoncé par le Président Sarkozy le soir même de son élection, c'est dire l'importance qu'il y attache. Sa démarche générale étant d'obtenir des résultats, il est certain que ce projet va connaître dans les mois à venir des développements. . Il faut être clair sur la nature de cette Union méditerranéenne. Ce n'est pas une substitution à l'Euro-Med ou à d'autres enceintes. L'idée est de rassembler autour de programmes, de projets précis, des pays méditerranéens. Il peut y avoir d'autres pays, du Golfe, le Japon ou même les USA , qui peuvent apporter leur contribution à la réalisation de certains de ces projets.
L'idée est d'avoir une enceinte fondée sur l'identité méditerranéenne qui reçoit une impulsion politique à haut niveau, à travers des sommets de chefs d'Etats et de gouvernements , un G-Med, pour des programmes concrets, essentiels pour ces pays ( économiques, culturels, dialogue des civilisations, environnement). A côté, l'Euro-Med continue. C'est une complémentarité. C'est donc une enceinte où on traite les projets non pas de façon bilatérale, mais de manière régionale qui associe plusieurs pays. Ils se départissent de l'approche de Barcelone qui est d'abord une relation Nord/Sud, alors que là, ce sont les méditerranéens qui traitent avec les méditerranéens.

Quels en seront les outils et les institutions ?
Ce n'est donc pas en opposition avec ce qui existe. Ce n'est pas encore un Traité, ni un texte. Il faut d'abord consulter. C'est ce qu'on fait en Tunisie, en Algérie, en Libye. Ce n'est pas un produit fini. Il est encore prématuré de dire ce que seront les institutions. Mais on va éviter les lourdeurs, les bureaucraties budgétivores. Assurer le suivi et la gestion des projets. Un G-Med d'abord, l'impulsion, la vérification politique, et, selon les programmes, des groupes, des comités, qui assurent la préparation, le suivi, la gestion, des projets.

Quelle serait la place de la Tunisie , et avec elle le Maghreb, dans ce projet ??
La Tunisie , et avec elle le Maghreb, occupera une place essentielle dans ce dispositif. Ce qu'il faut bien voir, c'est que dans l'exécution des programmes, ce sera le principe de la géométrie variable qui l'emportera : certains programmes intéresseront l'ensemble de la Méditerranée , d'autres seulement une partie. Il est certain que le Maghreb dans son ensemble, la Méditerranée occidentale, représente une zone de proximité, de solidarité, un espace de réalisation concrète, où, sans nier les difficultés, on peut faire des avancées importantes. Il y a déjà ce qui se fait dans le cadre du 5+5, dont le premier sommet s'est tenu à Tunis. Il y a eu depuis de nombreuses réunions de ministres, d'experts, de hauts fonctionnaires. A l'évidence, la Tunisie , le Maghreb, seront une zone où la densité des actions menées sera plus forte qu'ailleurs.

Est-ce une façon d'éluder l'adhésion de la Turquie à l'Europe ??
Le Président Sarkozy a été très clair : la Turquie a toute sa place dans l'Union Méditerranéenne. Ce n'est pas un produit de substitution à la négociation entre la Turquie et L'Union Européenne !!! Et il n' y a pas de formule univoque « être dans ou hors de l'U.E ». Ce sont des ensembles différents qui vont se chevaucher, à géométrie variable, avec des couvertures politiques spécifiques, et, selon les projets, il y aura des sous-ensembles.

Comment contourner le conflit du Moyen Orient et intégrer Israel et les pays arabes dans ce dispositif ??
C'est vrai, le problème ne peut pas être ignoré. Il est évident qu'Israël a toute sa place dans cette Union Méditerranéenne. Mais on doit aussi tenir compte de la situation politique au Moyen Orient, de l'importance des relations entre Israël et les palestiniens. Il y aura des enceintes qui traiteront de ces sujets, avec une approche pragmatique, une approche de résultat, sur des projets et des programmes concrets. Quand on traite les problèmes concrets on arrive souvent à des solutions sans ces préalables politiques qui bloquent les rouages.

Il y a en arrière plan la sécurité énergétique, la lutte contre le terrorisme, le contrôle de l'émigration …….
Ce concept d'Union Méditerranéenne n'est pas un produit fini sorti d'on ne sait quel chapeau. Ce n'est pas notre approche. L'idée est claire. L'énergie est un domaine très important compte tenu de l'évolution actuelle du marché énergétique, de la complémentarité qui existe entre les pays méditerranéens, pas seulement entre le Nord et le Sud. Par exemple la Tunisie a besoin de pétrole et de gaz. Le Maroc également. C'est donc une approche régionale, ce qui se fait en matière d'inter- connexion électrique, la boucle méditerranéenne en est un élément très important. Il y a les énergies classiques, il y a les énergies nouvelles, le solaire en particulier, et l'électronucléaire, qui est un sujet du présent et du futur.
L'environnement : le partage des préoccupations est évident,veiller en commun à l'écologie de la Méditerranée. Le problème de la sécurité : ce n'est pas uniquement un problème Nord/Sud. Là aussi les actions doivent être menées de façon commune. Sur la circulation des personnes, il y a là beaucoup d'idées préconçues qu'il faut corriger et avoir une approche réaliste. Aucun pays au monde n'accepterait d'ouvrir toutes grandes ses frontières. Il est vrai que dans les années à venir, il y a des efforts à mener pour élever le niveau de vie, le niveau de satisfaction des populations, le co-développement, le travail ensemble. Par ailleurs, les perspectives démographiques de l'Europe font que les capacités d'accueil vont se retrouver. C'est donc une approche de gestion concertée des flux de circulation dans les deux sens, plus qu'une lutte pure et simple contre l'émigration illégale.
Il y a d'autres volets importants comme le dialogue des cultures qui permet la circulation des élites, des jeunes, des étudiants. Voila autant de sujets qui feront l'objet de projets et de programmes.

La Libye devient donc un pays « fréquentable » maintenant ?
La Libye a eu à cœur de se remettre dans le jeu des relations internationales. Un certain nombre de questions ont été réglées, des ambiguïtés ont été levées, il y a lieu de s'en féliciter après toute cette longue période de relations difficiles. La Libye a reçu de nombreuses visites ces derniers temps, Mr Blair plusieurs fois, Mr Berlusconi également. Cela montre que dès lors qu'on applique les règles de la communauté internationale, il n' y a pas de raison pour que le pays ne retrouve sa place. La Libye a intérêt à s'insérer de plus en plus dans le jeu régional et mondial, et nous mêmes nous avons intérêt à ce que la Libye soit un partenaire avec lequel, dans tous les domaines, nous pouvons entretenir des relations de confiance, des relations fructueuses.

Propos recueillis par Fatah Thabet


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