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Obama jusqu'au bout du rêve
Publié dans Le Temps le 08 - 11 - 2012

-Qu'en pensent nos intellectuels et nos politiques ?
L'Amérique vote et le monde retient son souffle. L'Amérique vit l'une des élections les plus serrées : les deux rivaux démocrate et républicain étant au coude à coude dans les sondages.
La nuit électorale du lundi 6 novembre était des plus décisives : le résultat de la présidentielle américaine pèse sur l'avenir de la planète. Cette Amérique toujours fatiguée par les guerres et par la crise économique, est-elle en mesure de changer de visage et avec la face du monde ? Où en est-on du « rêve américain », celui d'une Amérique des droits de l'Homme digne d'une démocratie vieille de 200 ans ? Quelles relations entretiendra-t-elle avec les pays du printemps arabe et particulièrement la Tunisie ? Le pays de l'Oncle Sam saura-t-il, cette fois, et pour de bon exporter la démocratie tout comme le mode économique libéral et le mode sociétal ? Des députés de l'ANC, des intellectuels tunisiens ainsi que Son Excellence M. l'ambassadeur des U.S.A. en Tunisie nous y répondent, dans ce raccourci, dans lequel nous passons en revue les principaux événements de cette nuit électorale 2012.
5h30 du matin. Heure de Tunis. Les chaînes de télévision américaines dont CNN annoncent la victoire de Barack Obama, le président démocrate sortant sur son rival républicain Mitt Romney. L'Amérique a choisi son président. Barack Obama est réélu président des Etats-Unis d'Amérique pour encore quatre ans après avoir dépassé le seuil de 270 grands électeurs. Il est ainsi, le deuxième démocrate après Bill Clinton, à se voir réélire pour un deuxième mandat, après la deuxième guerre mondiale. Obama n'a pas été balayé par la crise économique comme ses homologues européens.

La nuit durant le décompte qui se faisait en direct dans les urnes, le donnait pour vainqueur entre autres dans le « swing state » Ohio. « La vague Obama pourrait déferler sur l'Amérique » commente un des observateurs à l'annonce de la victoire dans cet Etat indécis. Sans oublier d'autres Etats comme la Pennsylvanie que Romney croyait à tort qu'il se prononcerait pour lui.

Au Q.G. d'Obama à Chicago dans l'Illunois. Les militants démocrates étaient en liesse. Les uns et les autres se dandinaient sur les rythmes enlevés et cadencés de ‘'Respect'', la chanson phare de la reine de la soul music Aretha Franklin qui prenait tout son sens à cette heure précise où toute l'assistance attendait l'arrivée de son leader. Obama ne désenchantait pas. L'entrée de star et le discours du président de la plus grande puissance économique et militaire de la planète était digne de ce qualificatif.

« Tout ceci est grâce à vous »

Bien avant, la première déclaration du président réélu a circulé sur twitter « Four more years », écrivait-il sur sa page qu'il accompagnait de sa photo enlaçant Michèle sa femme. Il déclare tout autant sur le réseau social : « Tout ceci est grâce à vous, Merci. ». Des symboles. Que des symboles dans une Amérique qui donne à rêver. Obama y croit aussi. Lui qui assortissait ses discours du vibrant « I believe » (j'y crois) d'un Martin Luther King qui portait au plus profond de lui -même « le rêve américain » d'un Etat fédéral réconciliateur et rassembleur de toutes les races.

Obama finira par trouver les mots justes pour donner à vibrer des âmes qui parlent américain et des cœurs qui battent pour l'Amérique. Il promet un avenir meilleur à ses compatriotes, aux générations naissantes, aux femmes, aux enfants. Personne ou presque n'est un laisser-pour-compte dans cette Amérique qui rassemble et ne divise jamais. Il n'oubliera pas de s'adresser aux plus démunis et aux travailleurs américains à qui il a réussi, malgré un taux de chômage élevé, à leur redonner confiance en le changement pour voir leur quotidien s'améliorer. « Quatre ans ne suffisent pas pour apporter les changements qu'il faut », disait Obama lors de son premier mandat comme s' il présageait déjà son ascension au devant de la scène politique pour continuer ce qu'il a commencé à faire pour ses compatriotes notamment pour des questions touchant à leur santé et leur sécurité. Idem pour le leadership américain et les intérêts du pays de l'Oncle Sam.

Et c'est là que le bât blesse. Car la raison d'Etat l'a toujours emporté sur la vie des humains quand il était question de politique étrangère américaine. La vie des humains, le sang arabe et musulman notamment, qui giclait dans un Irak meurtri était sans valeur, devant l'éjection du liquide noir et visqueux ; le pétrole. Entre temps ; le pays de l'Oncle Sam s'est attiré les foudres du monde entier en s'investissant dans des guerres jugées injustes en Irak et en Afghanistan. Sous son premier mandat, Obama a commencé par retirer les troupes américaines de l'Irak, pour que « des chars américaines ne renversent plus des femmes et des enfants. » dirait en ce sens un mythique JFK. Il promet d'en faire autant en Afghanistan.

« Obama a réussi à triompher et à imposer une certaine vision de l'Amérique ... Cet homme a instinctivement mieux compris le monde et réussi à réconcilier les Américains sur des histoires de race et d'idéologies. » avance dans la foulée un commentateur démocrate sur une chaîne de télévision américaine. On ajouterait aussi « ... malgré la crise économique qui frappait fort et le Congrès américain majoritairement républicain depuis deux ans. »

Pendant ces temps des citoyens américains s'agglutinaient devant la Maison blanche pour fêter l'évènement qui fait vibrer plus d'un à travers le monde.

L'ambassade américaine célèbre l'évènement

La Tunisie n'était pas en reste. 7 heures du matin du côté de l'ambassade américaine le tout Tunis intellectuel et politique était au rendez-vous. Des membres de l'ANC, des opposants et des journalistes ont été convié par son excellence M. Jacob Walles pour vivre l'évènement dans sa relation avec la Tunisie. Dans l'assistance hétérogène parfois même dans ce mélange hétéroclite d'individus on pourrait remarquer la présence de Mehrzia Laabidi, Mohamed Goumani, Yassine Brahim, Hamadi Rédissi, Ridha Belhadj, Sahbi Atig et j'en passe. La salle était pleine à craquer de personnages venus d'horizons politiques et idéologiques différents.

Maintenant revenons à nos moutons pour laisser le rêve américain à ses précurseurs et pour renouer un tant soit peu avec la réalité tunisienne. Elle est dure notre réalité, non ? Qu'en pense Monsieur Sahbi Atig ? Est-ce que viendra un jour où l'on aura la possibilité de vivre pareil événement dans notre pays ? « Mais nous sommes en mesure de faire autant sous nos cieux » confie Sahbi Atig du parti Ennahdha qui ne serait pas en mesure selon la journaliste qui lui a posée la question « de distinguer entre rêve et réalité ». Et tant que faire se peut commençons comme le dit si bien la nahdhaouie Mehrzia Laabidi par être à l'écoute du peuple : « Les Etats Unis d'Amérique devraient aider le peuple tunisien à réussir sa démocratie... Obama depuis son discours du Caire a opéré des changements politiques... Il était le premier président à saluer la Révolution tunisienne...Ce que je souhaiterais est que cette démarche se confirme et que l'Amérique reste attentive aux voix des peuples qui devraient rester audibles. Ces voix devraient être audibles par le gouvernement avant» nous dit non sans conviction la numéro deux de l'ANC qui laisse comprendre que les interrogations du peuple et ses doléances parviennent à l'ANC et trouvent un écho dans la coupole du Bardo. Sauf qu'entre dire et faire il y a tout un monde ...de rêve. Passons à Hamadi Rédissi l'universitaire et spécialiste des islamistes « Où en est-on de cette formidable trajectoire qui se trace dans le monde de la démocratie ? ». Notre interlocuteur laissera entendre que nous en sommes à des années lumière. Les attaques en règles et les agressions physiques contre des opposants montrent que le gouvernement actuel n'est pas près, du moins pour le moment, de laisser les vieux réflexes du parti-Etat qui veut régner sans partage pour une durée indéterminée. Et pour reprendre les termes de Hamadi Rédissi universitaire : « Ce sera une démocratie de façade...Une main de fer dans un gant de velours » qui nous fera penser que la politique de l'exclusion a encore de beaux jours devant elle au grand dam du rêve démocratique qui tient à cœur à plus d'un. Cela présage d'un mauvais temps pour le printemps arabe en Tunisie.


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