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Le ministre de la Justice doit retrouver son cabinet d'avocat!
Tribune
Publié dans Le Temps le 11 - 01 - 2013

Je sais bien que tous les Nahdhaouis qui, pour notre malheur, nous gouvernent, ne se distinguent pas du tout par leur compétence, encore moins par leur brillance !...Je sais aussi parfaitement que le vrai manitou, le plus dangereux de tous, n'est pas membre du gouvernement, mais dirige tout de l'extérieur, comme il menait son « combat contre Ben Ali », avec des dizaines de ses lieutenants aujourd'hui ministres, de Londres ou de Berne...
Mais j'ai remarqué que ceux qui forment un gouvernement cherchent souvent à nommer à la tête du ministère de la Justice, ministère sensible s'il en est, une personne modérée , « sage » , ayant , outre des compétences incontestables, des références ou un itinéraire qui forcent le respect , même de ses adversaires politiques...Nahdha ne dispose d'aucun homme ( et évidemment d'aucune femme !) qui réponde à ce profil...C'est en dehors de ce parti qu'il fallait chercher la personnalité idoine !..Mais allons donc ! Nahdha veut tout avoir, tout contrôler, en particulier les ministères /clés : Intérieur, Justice, Affaires étrangères...Voyez comment elle a nommé aux Affaires étrangères un néophyte, totalement étranger aux Affaires qu'on lui a confiées ! Il en est de même pour le ministère de l'Intérieur , confié à un homme qui ignore tout de la gestion de l'Administration , et encore plus des questions de l'ordre public , de la police etc..., et qui s'empêtre depuis plusieurs mois maintenant dans la complexité de services et de réseaux bâtis depuis des années et rompus aux manœuvres et aux pratiques dilatoires...
Mais je dirai que le plus dramatique, c'est ce qui arrive au Ministère de la Justice. Dirigé par un homme qui croit que l'arrogance peut remplacer la compétence, ce ministère, qui est traditionnellement le plus discret, occupe en permanence les devants de l'actualité...Les scandales se succèdent, chaque fois plus inacceptables....Des scandales juridiques, d'autres judiciaires, d'autres encore plus directement politiques...Au nom de l'attente d'une « justice transitionnelle » qui tarde à venir, et que chacun comprend à sa manière, le ministre se croit tout permis. Des procès à épisodes se succèdent, comme des séries télévisées. Des condamnations ridicules sont prononcées, plus pour alimenter un populisme débridé que pour rendre la justice...Les relations entre le ministre et les représentants des magistrats, Association et Syndicat, sont exécrables, les magistrats étant amenés, par l'arrogance et l'entêtement du ministre, à faire grève et à organiser des sit-in de protestation !
Mais ce qui vient de se passer atteint l'inqualifiable. Le scandale de « l'affaire Sami Fehri » dépasse le tolérable : le ministre et son adjoint, le Procureur du ministre et nullement celui de la République, se permettent tout simplement d'annuler, par un simple fax, un jugement de la plus haute autorité judiciaire, à savoir la Cour de Cassation !!! De ce fait, et depuis plusieurs jours, un citoyen, poursuivi par la Justice mais innocent tant qu'un jugement définitif de culpabilité n'a pas été prononcé à son encontre dans un procès équitable, se trouve séquestré dans la prison de Mornaguia...Par la volonté de M. Noureddine Bhiri, ministre de la Justice du gouvernement nahdhaoui ! C'est une première dans ce pays...Sous le despotisme d'avant le 14 Janvier, le ministre pouvait « dicter » à des magistrats « tutellisés » telle ou telle décision...Sous le despotisme nahdhaoui qui s'installe progressivement après le 14 Janvier et surtout depuis le malheureux tournant du 23 Octobre , le ministre peut annuler d'un trait de plume un jugement de la Cour de Cassation !..Oui, on libère le « frangin » pédophile récidiviste à l'occasion de la célébration du 1er anniversaire de la « Révolution », celle qui a amené le ministre à la place qu'il occupe aujourd'hui, mais on refuse la liberté accordée par les magistrats les plus hauts placés à un citoyen encore innocent !
Comment en est-on arrivé là ? Comment a-t-on pu laisser les choses se dégrader à ce point ?...Et pourtant, le ministre, en matière de gros scandales, n'est il pas, lui aussi, récidiviste ? Rappelons-nous : il y a quelques mois, n'est ce pas ce même ministre qui avait osé, d'un trait de plume, sans autre forme de procès, licencier pas moins de 82 magistrats ? Il avait ainsi osé agir comme aucun chef d'administration ou d'entreprise ne pouvait faire : en Tunisie, heureusement pour les fonctionnaires et les salariés en général, le ministre de l'Education ou le PDG de la STEG ou le patron de « Carrefour » ne peuvent pas licencier un salarié titulaire sans passer nécessairement par un Conseil de discipline paritairement composé. Lui, ministre de la justice, garant et protecteur de l'indépendance des magistrats, licencie, par une décision unilatérale, 82 magistrats, sous prétexte qu'ils étaient corrompus ! Seul, il a jugé, seul, il a décidé... « L'Etat , c'est moi » , disait Louis XIV...Le ministère , c'est moi , la Justice , c'est moi , l'Etat , c'est moi , semble dire aujourd'hui Noureddine Bhiri....Je n'ai jamais compris pourquoi la réaction à l'égard de cette scandaleuse décision prise unilatéralement par le ministre de « mettre à la porte » 82 magistrats avait été à l'époque extrêmement faible et « gênée » , et même complice dans certains milieux, sous prétexte que certains des magistrats licenciés étaient connus pour être corrompus !!..On l'a laissé commettre une forfaiture, il récidive bien sûr aujourd'hui dans le scandale de l'affaire Sami Fehri ...Quand, il y a quelques mois, avec un groupe de citoyen(ne)s , nous avons protesté contre la scandaleuse condamnation à 7 ans et demi de prison ferme de deux jeunes (dont l'un croupit aujourd'hui en prison et l'autre a préféré fuir à l'étranger et demander l'asile politique dans un Etat européen !) pour « atteinte à l'ordre public » à travers des caricatures du Prophète Mohamed publiées dans leur Blog personnel , on nous avait répondu que le ministère n'y était pour rien et que les jugements des tribunaux étaient sacrés !....Dans l'affaire Fehri , les jugements des tribunaux , de la plus haute instance judiciaire de ce pays , n'ont rien de sacré : ils sont « violables » à volonté par le ministre et les fonctionnaires à son service !Non, il y a des limites à tout...Il est clair que ce gouvernement est un gouvernement d'incompétents, d'incapables...Tout le monde, ou presque, en convient, à la différence que certains pensent que tous le sont alors que d'autres en excluent quelques-uns, pas très nombreux, et parmi lesquels ne figure évidemment pas le ministre de la Justice.
Alors de grâce, et sans attendre un éventuel remaniement ministériel, pour l'image de la Justice, pour celle de notre pays, le ministre de la Justice doit retrouver son cabinet d'avocat ! Et croyez moi, le plus tôt sera le mieux ...


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